Ugreen, que l’on connaît bien pour son expertise dans le domaine de la connectique et des accessoires mobiles, fabrique aussi des NAS depuis quelques temps. Une gamme baptisée NASync et que nous n’avions jamais essayée jusqu’ici. La sortie récente de deux nouveaux modèles d’entrée de gamme en deux et quatre baies nous a donné envie d’en savoir plus. Nous essayons aujourd’hui le DH2300. Ce serveur de stockage en réseau (NAS), typé entrée de gamme, a pour ambition de transformer votre foyer en un véritable cloud personnel de confiance. Doté de deux baies SATA pouvant accueillir un total de 60 To de données, il permet de regrouper au même endroit vos clichés, vos films et vos documents divers. La sécurité n’est pas oubliée avec la présence d’un chiffrement AES et d’un système d’authentification à deux facteurs. Sous le capot, le constructeur a misé sur un processeur Rockchip RK3576 pourvu de huit cœurs, épaulé par 4 Go de mémoire vive, ce qui lui confère une belle réactivité pour les opérations de routine, les sauvegardes automatiques ou la diffusion de flux 4K sur un téléviseur grâce à son port HDMI. À la fois discret acoustiquement et sobre en consommation électrique, ce modèle se paramètre en à peine 10 minutes via l’application dédiée, mettant ainsi la souveraineté numérique à la portée de tous, loin des services cloud payants traditionnels. Parfait pour un usage familial, il profite de fonctions d’intelligence artificielle pour l’organisation de vos photos par visages ou par lieux, tout en garantissant un accès à distance fluide via web ou mobile. Proposé initialement à 209,99 €, son tarif a déjà glissé à 188,99 € sur la boutique officielle, prix que l’on peut encore réduire de 5 % en s’abonnant simplement à la newsletter. Les acteurs historiques du secteur ont du souci à se faire !
Le tour du propriétaire
Le DH2300 est livré avec tout le nécessaire : son bloc d’alimentation, les vis pour fixer des supports 3,5″ ou 2,5″ (HDD comme SSD) et même un petit tournevis pour l’installation. Son esthétique tout en hauteur détonne dans l’univers des NAS ; il rappelle davantage le look de certaines box Internet. Sur la partie basse de la façade, on retrouve l’interrupteur d’allumage, les indicateurs LED (état du réseau et des deux unités de stockage) ainsi qu’une connectique USB-C à 5 Gb/s. Le panneau arrière regroupe quant à lui deux ports USB-A (5 Gb/s), la prise réseau RJ-45 (Gigabit Ethernet), une sortie HDMI assez inhabituelle sur ce segment et l’entrée pour l’alimentation électrique. L’appareil repose sur quatre pieds antidérapants qui créent un espace de quelques millimètres en dessous du châssis, permettant ainsi à l’air frais de pénétrer par la base. Le circuit de refroidissement est complété par des entrées d’air latérales et une large grille d’extraction située tout en haut, au dos du boîtier.
Quelques vis et puis c’est tout

Pour accéder aux entrailles de la machine, il suffit de retirer le panneau supérieur. D’un gris plus clair que le reste du boîtier et floqué du nom de la marque, ce couvercle est simplement aimanté : il se retire en le tirant vers le haut, de préférence en maintenant la base de l’autre main pour plus de stabilité. Une fois ouvert, on accède aux deux paniers amovibles destinés à recevoir vos disques SATA. Si l’usage le plus courant sera d’y loger des disques durs 3,5″, le système accepte sans broncher des unités 2,5″ (HDD ou SSD). Comme c’est la règle dans ce domaine, le NAS est vendu « nu », sans stockage préinstallé. Pour les besoins de ce banc d’essai, nous l’avons équipé de deux unités Seagate IronWolf de 4 To, des modèles spécifiquement optimisés pour fonctionner dans un NAS. L’extraction des berceaux se fait en pinçant les deux ergots situés à leur sommet avant de les tirer verticalement. Les supports de stockage doivent être vissés à l’intérieur de ces paniers (ou « caddys »).

Si le guide d’utilisation préconise l’usage de six vis par disque, quatre suffisent largement à assurer leur maintien. On pourrait s’étonner de ne pas trouver de rondelles de découplage en caoutchouc pour amortir les vibrations mécaniques au niveau des vis, mais Ugreen a résolu le problème autrement : les bases des tiroirs sont équipées d’un revêtement spécial absorbant sur les zones de contact avec le châssis interne. Et le résultat est là : dès la mise sous tension, on est frappé par la discrétion de l’ensemble. Le léger ronronnement des disques durs est à peine perceptible et ne se propage pas sur notre bureau en bois, pourtant réputé pour faire office de caisse de résonance.
Quelques minutes suffisent

La mise en place logicielle brille par sa flexibilité et sa simplicité. La méthode la plus intuitive consiste à utiliser son smartphone et l’application Ugreen NAS (disponible sur iOS et Android). Pas besoin de la chercher sur les stores : il suffit de passer son téléphone sur le logo NFC présent sur la façade du NAS pour que le lien de téléchargement apparaisse. Ugreen a également eu la bonne idée de décliner son logiciel sur PC (Windows 32/64 bits) et Mac (processeurs Intel ou puces Apple M), et même sur les systèmes TV comme Android TV ou l’Apple tvOS. Pour ceux qui rechignent à installer quoi que ce soit, une simple fenêtre de navigateur web pointée sur l’adresse find.ugnas.com permet de repérer l’appareil sur le réseau local. L’interface, tout comme la documentation papier, est intégralement traduite en français. La configuration de base ne demande que quelques instants. Après avoir nommé votre serveur (nom qui apparaîtra sur votre réseau), vous devrez créer le compte administrateur et renseigner une adresse email. Cette dernière sera utilisée pour le service d’accès distant simplifié et pour recevoir des notifications importantes (comme une coupure de courant ou une indisponibilité système).

Le système d’exploitation s’installe ensuite de manière autonome. Il faut noter une particularité bienvenue : contrairement à beaucoup de NAS qui utilisent une partie de vos disques de stockage pour héberger leur système, Ugreen a intégré une puce eMMC de 32 Go dédiée exclusivement à l’OS. C’est une excellente initiative qui booste la réactivité (l’eMMC fonctionnant comme un petit SSD) tout en préservant l’intégralité de l’espace de vos disques durs.
Premiers pas sous UGOS

Une fois la phase d’installation terminée, on découvre une interface graphique soignée, agrémentée d’un fond d’écran élégant et d’icônes pour les différentes applications. Des widgets permettent de surveiller d’un coup d’œil les ressources système et la charge matérielle. Un petit guide interactif prend alors le relais pour vous apprendre à créer votre premier espace de stockage via l’utilitaire dédié. La procédure consiste à choisir vos disques et à définir le type de « grappe » souhaité. Sur ce modèle à deux baies, vous avez le choix entre plusieurs configurations : le RAID 0 (qui cumule les performances mais double le risque de perte de données), le RAID 1 (qui clone les données d’un disque sur l’autre pour une sécurité maximale), le mode Basic (gestion indépendante) ou encore le JBOD. Nous avons opté pour le RAID 1, ce qui nous laisse une capacité utile de 3,7 To (celle d’un seul disque). Le formatage a été effectué en ext4, un système de fichier robuste et performant sous Linux. Le Btrfs est également proposé pour ceux qui veulent profiter des « instantanés », même si l’ext4 reste une valeur sûre en termes de stabilité. Une fois la grappe validée, elle est opérationnelle, bien qu’il faille compter environ une journée pour que l’initialisation complète se termine et offre les meilleures performances.
Un logiciel fluide et intuitif

On poursuit par la création de dossiers pour organiser et partager vos contenus. Le système UGOS gère intelligemment les répertoires personnels, créant automatiquement un espace privé pour chaque utilisateur, à l’instar du dossier « Mes documents » sur un ordinateur. Bien entendu, vous pouvez créer des « Dossiers partagés » accessibles à plusieurs personnes, en définissant les droits d’accès de chacun depuis le Panneau de configuration. L’application « Fichiers » centralise toute la gestion des documents. Enfin, le tutoriel se termine sur la découverte de « Ugreenlink », un service d’accès distant très simple. Il permet de se connecter à son NAS depuis n’importe où via un lien unique, évitant ainsi de plonger dans les réglages complexes de redirection de ports sur votre box internet.
Exploiter tout le potentiel du NAS
Pour voir vos dossiers partagés directement dans l’explorateur Windows, il suffit d’activer le protocole SMB dans le Panneau de configuration (onglet Service de fichiers). Après un redémarrage, le NAS devient une extension de votre PC. Vous pouvez également activer des protocoles plus experts comme le FTP ou Rsync. Le système regorge d’options pratiques, comme la programmation du démarrage automatique après une coupure de courant ou la gestion de la mise en veille des disques. Le « Centre d’applications » permet d’étendre les capacités de la machine. On y trouve par exemple « Cloud Drives », qui permet de synchroniser ses fichiers entre différents appareils et le NAS, créant ainsi votre propre version de OneDrive ou Google Drive, mais sans abonnement mensuel et avec vos données stockées physiquement chez vous. On a aussi particulièrement apprécié Photos, une des rares applications capables d’exploiter le NPU intégré au processeur Rockchip, d’une puissance modeste de 6 TOPS. Voilà qui permet, sans même faire ramer le NAS, des recherches IA performantes. À conditions d’installer manuellement des extensions dans l’application Photo, le NAS est capable d’identifier des personnes, des animaux, des objets (voitures, ordinateurs) et même du texte dans vos photos, comme ce que propose Google Photos. Et ça marche bien ! Côté performances pures, l’expérience est excellente : l’interface ne souffre d’aucune latence et les transferts de fichiers plafonnent à 113 Mo/s, que ce soit en lecture ou en écriture. C’est la limite maximale d’une prise Ethernet Gigabit ; les disques durs ne sont donc pas le frein, c’est le réseau qui sature. C’est toutefois déjà très confortable, dépassant souvent la vitesse de nombreuses connexions internet, même en fibre.
Des capacités multimédia surprenantes
Un bon NAS se doit de briller sur le terrain du multimédia. Ugreen propose pour cela trois applications dédiées : Photos, Musique et Théâtre. Chacune offre une interface simplifiée pour profiter de ses médias. Le DH2300 se démarque surtout par sa sortie HDMI 4K @60Hz, une option rarissime sur cette gamme de prix. En reliant directement le NAS à votre télévision, vous pouvez diffuser vos films sans passer par le réseau. En l’absence de télécommande physique, le smartphone sert de centre de contrôle. Bien que le service soit encore identifié comme étant en version bêta, nos tests ont été concluants : lecture fluide de films en 1080p et 4K, support des formats H.264 et H.265 (même avec des débits dépassant les 120 Mb/s), gestion des pistes audio et des sous-titres… Le processeur Rockchip démontre ici toute sa puissance en matière de décodage vidéo !
CONCLUSION
Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître : le Ugreen NASync DH2300 nous a totalement convaincus ! Il s’impose d’emblée avec un rapport qualité/prix qui semble aujourd’hui sans équivalent sur le marché. Proposé au même tarif qu’un Asustor Drivestor 2 Lite (AS1102TL) ou qu’un QNAP TS-233, et même moins cher qu’un Synology DS223j, il les éclipse pourtant techniquement : on profite ici d’un processeur à 8 cœurs (contre 4 chez ses trois rivaux) et surtout de 4 Go de RAM, là où la concurrence se contente de 1 Go (Asustor/Synology) ou 2 Go (QNAP). Certes, les systèmes DSM de Synology, QTS de QNAP ou même ADM d’Asustor restent les références absolues en termes de maturité, avec des catalogues d’applications très fournis. Toutefois, le système UGOS Pro de Ugreen nous a agréablement surpris. S’il fait l’impasse sur certaines fonctionnalités avancées — comme un équivalent à Surveillance Station pour la gestion des caméras —, il assure l’essentiel avec brio. Le logiciel est fluide, réactif, parfaitement traduit et, surtout, d’une stabilité exemplaire. Malgré la jeunesse de la marque sur ce secteur, le produit respire la finition et le sérieux : aucun plantage n’est venu entacher notre test. Que pourrait-on lui reprocher au final ? Bien peu de choses, si ce n’est l’absence d’un port Ethernet à 2,5 Gb/s qui aurait permis de doubler les débits pour atteindre les limites physiques des disques durs. Mais c’est là l’exclusivité d’une autre nouveauté Ugreen, le NASync DH4300 Plus à 4 baies, dont nous vous proposerons le test dès le prochain numéro. En attendant, avec la compatibilité pour les nouveaux disques durs allant jusqu’à 30 To, ce petit DH2300 a tous les atouts pour séduire une immense majorité d’utilisateur, privés et pros. Bravo Ugreen !
NOTES
Prix
Sortie HDMI 4K
OS sur puce eMMC 32 Go
Installation Express
NPU dédiée à l’IA…
… mais NPU peu puissant et à limité à Ugreen Photos
Port Ethernet limité à 1 Gb/s
RAM non extensible
Pas d’emplacement M.2
Ecosystème logiciel encore jeune
Incompatible avec Docker


