Le nouveau NASync DH4300 Plus d’Ugreen dispose d’atouts indéniables, notamment sa capacité à gérer jusqu’à 120 To de stockage (4* 30 To), ou plus logiquement 90 To de manière sécurisée et véloce, grâce au support du RAID 5 et à sa connectivité réseau en 2,5 GbE. Cet appareil se distingue également en s’imposant comme l’un des modèles à quatre baies les plus accessibles financièrement sur le marché actuel. Ce ne sont pas les premiers NAS du célèbre fabricant de câbles USB et autres chargeurs. Fin 2025, celui-ci a élargi son offre de serveurs de stockage avec deux produits plus abordables : les NASync DH2300 et DH4300 Plus. Le premier a d’ailleurs fait l’objet d’un test dans notre précédent numéro, dans lequel nous l’avons récompensé d’un award gold. La logique de dénomination est limpide : si le 2300 se limite à deux baies, le 4300 en propose quatre. Cependant, l’ajout de la mention Plus par la marque de Shenzhen suggère des améliorations notables. Sans plus attendre, explorons les capacités de ce NASync DH4300 Plus.
Un Plus synonyme de port 2,5 GbE

D’un point de vue esthétique, ce nouveau modèle suit les traces de son prédécesseur. Le contenu de la boîte est identique, comprenant l’unité centrale arborant son mélange de deux gris, le bloc d’alimentation ainsi que la visserie nécessaire, incluant quelques vis de rechange en prévision d’une éventuelle perte. Un tournevis est également fourni, permettant aux utilisateurs urbains vivants dans un étroit studio et qui ne seraient pas équipés d’outils de procéder au montage des disques sans difficulté. La façade de l’appareil présente le nom de la marque en lettres capitales ainsi qu’un logo NFC assez inhabituel. Sur la partie inférieure, on trouve le bouton de mise sous tension accompagné de cinq diodes signalant l’activité du réseau et de chacun des quatre disques durs. Ainsi qu’une interface USB-C, un classique USB 3.0 à 5 Gb/s (ou USB 3.2 Gen 1, selon les nomenclatures actuelles). Les parois latérales disposent d’ouvertures permettant l’entrée de l’air frais par le bas de la structure. À l’arrière, les ports sont regroupés également vers le bas : à côté du connecteur rond d’alimentation, une prise RJ-45 pour le réseau 2,5 GbE, deux ports USB-A à 10 Gb/s et une sortie HDMI plus surprenante. Des grilles d’évacuation pour l’air chaud sont également présentes sur la partie haute du dos de l’appareil, à côté du bouton de réinitialisation. En dehors du passage à quatre emplacements pour le stockage, on note deux évolutions techniques majeures : la vitesse du contrôleur réseau passe de 1 Gb/s à 2,5 Gb/s tandis que les interfaces USB-A doublent leur débit pour atteindre 10 Gb/s. Concrètement, ces améliorations permettent d’envisager des transferts de données par le réseau atteignant environ 280 Mo/s, là où le Gigabit classique plafonnait aux alentours de 113 Mo/s en débits réels. En tout cas sur le papier, mais nous allons bien entendu vérifier ça.
Un NAS discret

Comme c’est la norme pour la plupart des NAS, le NASync DH4300 Plus est vendu sans disques durs. L’utilisateur doit donc s’occuper de l’équiper avec ceux de son choix. Bien que ce modèle ne propose pas de ports pour SSD M.2, contrairement à des NAS plus onéreux, ses quatre tiroirs acceptent aussi bien les disques durs que les SSD, que ce soit au format 3,5 pouces ou 2,5 pouces. La majorité des utilisateurs optera probablement pour quatre disques durs de 3,5 pouces pour bénéficier d’un meilleur prix au téraoctet. Néanmoins, il est tout à fait possible de configurer une grappe RAID sur trois unités et d’utiliser un ancien SSD SATA de 2,5 pouces pour créer un volume réseau extrêmement rapide, facilitant les échanges de fichiers volumineux entre un ordinateur, un téléphone ou différents postes de travail en entreprise.

Pour accéder aux quatre tiroirs installés à la verticale, il suffit de retirer le couvercle supérieur gris clair, lequel est maintenu au boîtier par des aimants situés aux quatre coins. Les tiroirs s’extraient en pressant deux ergots. On peut ensuite y fixer les disques à l’aide des vis fournies. Bien que les quatre supports soient physiquement identiques, un numéro les identifie pour simplifier le repérage d’un disque spécifique lors d’un remplacement ou d’une maintenance. Pour les besoins de ce test, nous avons équipé l’appareil de quatre disques neufs Seagate IronWolf de 4 To. Un point particulièrement positif mérite d’être souligné : chaque tiroir possède des amortisseurs en caoutchouc à sa base. Cela évite que les vibrations créées par la rotation des plateaux ne se propagent au châssis du NAS et, par extension, au meuble qui le supporte. Le résultat est probant : sur notre bureau en bois, pourtant sujet aux résonances, le NAS s’est montré très silencieux durant toute la durée de l’essai. On peut aussi choisir, comme chez Synology notamment, un profil de ventilation dans l’interface logicielle, celui par défaut étant calme et adapté à la plupart des scénarios.
Configuration logicielle super facile

Une fois les supports de stockage installés, il suffit de connecter le NAS au secteur, puis au réseau, et de l’allumer. La phase de configuration se déroule ensuite sur PC ou sur smartphone. La solution la plus simple est d’utiliser l’utilitaire Ugreen NAS, disponible en version Windows et Mac sur le site officiel, ou via les boutiques d’applications de Google et Apple pour les systèmes mobiles ainsi qu’AndroidTV et tvOS. Les utilisateurs de smartphones peuvent également simplifier la détection en approchant leur appareil du logo NFC présent sur le boîtier. Une autre option consiste à entrer l’adresse find.ugnas.com dans un navigateur web pour identifier le NAS sur le réseau local et lancer le paramétrage, lequel est intégralement traduit en français.

La préparation du NASync DH4300 Plus demande entre 15 et 20 minutes. Il faut définir un nom pour l’appareil et configurer le premier compte utilisateur qui fera office d’administrateur. Lier ce compte à une adresse mail est conseillé pour faciliter les accès extérieurs et recevoir des notifications d’erreurs. Le système d’exploitation d’Ugreen, baptisé UGOS, s’installe sur un module eMMC dédié de 32 Go. C’est une différence notable avec d’autres constructeurs puisque l’OS ne monopolise pas d’espace sur vos disques durs de stockage. Une fois l’installation terminée, on accède à une interface moderne composée d’un bureau, d’icônes, d’une barre de statut et de widgets. Nous avons été invités à effectuer une mise à jour vers la dernière version du système dès le premier lancement.
Paramétrage de la grappe RAID

Un tutoriel accompagne l’utilisateur pour la création du volume de stockage après le premier démarrage. Cette étape s’effectue dans l’outil nommé Stockage, où l’on choisit les disques à intégrer à la grappe. Tout comme le DH2300, cet appareil supporte le JBOD, le RAID 0 et le RAID 1, mais il ajoute la gestion du RAID 5 et du RAID 6. Ces configurations sont les plus adaptées à un NAS de quatre baies, car elles associent la performance du striping à une sécurité par parité, optimisant ainsi l’espace disponible. Le principe consiste à écrire des segments de données sur chaque disque de manière alternée pour gagner en vitesse, tout en effectuant des calculs mathématiques pour écrire des données de contrôle. Pour illustrer le fonctionnement du RAID 5, qui nécessite au moins trois disques, on peut imaginer que le contrôleur suit une logique de type A+B=C. Si l’un des disques tombe en panne, le système est capable de recalculer les données manquantes, même si cela entraîne un ralentissement temporaire. Le RAID 6 fonctionne sur un principe similaire mais avec une double parité, autorisant la perte simultanée de deux disques sur une grappe d’au moins quatre unités. Pour notre test, nous avons créé un RAID 5 avec nos quatre disques de 4 To, offrant un espace total théorique de 12 To, ce qui correspond à 10,8 To de capacité réelle après un formatage en Ext4. Le volume est utilisable de suite, mais il faut compter environ 24 heures pour que l’initialisation du RAID se termine et que les performances soient optimales. L’organisation des données passe ensuite par l’application Fichiers, qui gère aussi les partages réseau. À l’image de ce que propose Windows, le système UGOS attribue un dossier personnel à chaque utilisateur, et un premier partage est automatiquement créé pour l’administrateur. Il est toutefois possible de créer des partages classiques avec ou sans limites de quotas pour d’autres utilisateurs, ces derniers étant configurables dans le panneau de contrôle. Il est important de penser à activer le service SMB pour le partage avec les PC Windows via le menu des services de fichiers. Dans les options avancées, il est également recommandé de cocher l’activation du multicanal SMB3 pour tirer le meilleur parti du réseau.
Alors, ça envoi ?

Le NASync DH4300 Plus se révèle être un appareil extrêmement performant. Son interface 2,5 GbE lui permet effectivement d’atteindre des débits de 280 Mo/s en lecture et en écriture séquentielle. Pour atteindre ces valeurs, il faut que les disques durs suivent, mais une grappe RAID 5 moderne dépasse généralement les 300 Mo/s sans difficulté. Nos tests, de simples copies de fichiers depuis des PC de tests sous Windows 11 25H2, ont confirmé la saturation de la bande passante réseau en écriture. En lecture, nous avons d’abord été limités à 190 Mo/s à cause du contrôleur Realtek RTL8126 de notre ordinateur de test (pourtant un chip 5 GbE). Après une mise à jour des pilotes et quelques réglages, le débit est monté à 235 Mo/s sans avoir recours aux Jumbo Frames, mais ça reste plutôt faible, d’autant que ce même PC atteint bel et bien 5 Gb/s sur notre serveur Unraid. Pour autant, avec un ordinateur portable équipé en Wi-Fi 7 via une puce Intel BE201, les débits sont restés stables entre 275 et 282 Mo/s sur le DH4300 Plus, ce qui montre qu’il est bel et bien capable d’offrir de tels débits. Logiquement, les performances chutent sur les petits fichiers, même si le RAID 5 se montre ici bien plus efficace que le RAID 1 du DH2300. L’usage de périphériques externes en USB est d’une grande simplicité : une fois branchés, ils sont automatiquement reconnus et partagés. Un test avec un SSD externe sur l’un des ports USB-A arrière a permis de saturer à nouveau la connexion réseau à 281 Mo/s. Nous avons relevé sur notre wattmètre une consommation de l’ordre de 23 W au maximum (écriture sur la grappe RAID), de 14 W au repos et de seulement 7 W avec les quatre disques durs en veille.
Un Plus aussi synonyme de conteneurs

À l’intérieur de ce boîtier, on trouve une puce SoC Rockchip RK3588C associée à 8 Go de mémoire vive, contre un processeur Rockchip 3576 et 4 Go de RAM sur le modèle inférieur. Cette puissance accrue permet de conserver de la fluidité avec un nombre d’utilisateurs plus important et autorise l’utilisation d’images Docker, ce qui n’est pas possible sur le DH2300. Pour autant, c’est un avantage à relativiser, car il faut veiller à utiliser des conteneurs compatibles avec l’architecture ARM et s’ils sont nombreux, il n’y en a quand même moins qu’en x86/amd64. Ce SoC propose également un tout petit NPU, mais ce dernier n’a quasiment aucun usage pour le moment (il sert à la reconnaissance de personnes dans l’application Photos). Un petit mot pour finir au sujet d’une particularité de ce NAS, partagé avec le DH2300 : la sortie HDMI. Elle permet de diffuser des vidéos stockées sur le NAS directement sur un téléviseur en 4K à 60 Hz, le pilotage se faisant via le smartphone car il n’y a ni interface graphique de contrôle ni télécommande physique. Mais bon, ça peut dépanner, d’autant que la lecture est tout à fait fluide, même avec des fichiers HEVC 4k HDR à gros bitrates (on a testé jusqu’à 120 Mb/s). Pour plus de détails sur ce point et sur l’OS en général, n’hésitez pas à relire notre essai du DH2300.

CONCLUSION
Ugreen confirme sa position de concurrent sérieux face aux acteurs historiques du NAS. Le NASync DH4300 Plus propose un rapport entre qualité et prix difficile à battre. Proposé à 399,99 (et on l’a déjà vu à 364,99 euros il y a peu), il fait face au Synology DS423, un modèle plus ancien vendu entre 370 et 400 euros, qui ne propose que du réseau 1 GbE, un processeur beaucoup moins rapide et seulement 2 Go de mémoire vive. De son côté, le DS425+ dispose d’un processeur x86 pour les machines virtuelles, mais son prix dépasse les 500 euros et il ne dispose que de 2 Go de RAM par défaut, 6 Go au maximum, ce qui ne permettra de toute façon pas d’exécuter plusieurs machines virtuelles. En revanche le DS425+ offre deux emplacements M.2. Malgré son arrivée récente sur ce marché, Ugreen livre un système d’exploitation déjà très complet et stable, faisant de ce modèle un choix judicieux pour une utilisation familiale ou pour une petite structure professionnelle.
NOTES
OS sur puce eMMC 32 Go
Installation Express
Prix
Sortie HDMI 4K
Compatible Docker
NPU dédiée à l’IA…
… mais NPU peu puissant et limité à Ugreen Photos
RAM non extensible
Pas d’emplacement M.2
OS jeune (mais déjà satisfaisant)


