Célèbre pour ses produits à bas coût, et généralement cheaps, le hard-discounter Action propose aussi des périphériques PC pour joueurs au sein de sa gamme Battletron. Derrière ce label qui regroupe claviers, souris, micro-casques et autres accessoires (support de casque, rubans LED…), le même point commun que tout ce qui est vendu dans cette enseigne : des tarifs qui défient toute concurrence. Les produits Battletron d’Action sont-ils des chinoiseries à éviter ou de super affaires pour ados et étudiants fauchés ? Voici un début de réponse avec l’essai de la souris de gaming 3207136 qu’on a été acheter en magasin au prix à peine croyable de 4,99 €.
La souris sans nom

3207136, ce n’est pas le vrai nom de cette souris. Le souci, c’est qu’elle n’en a pas. Action souhaitant simplifier les choses à l’extrême, sans doute pour faciliter la vie de mamie qui souhaite faire plaisir à son petit-fils, ils écrivent simplement « Souris de gaming Battletron » sur la page de leur site Web. Le problème, c’est que les autres souris du fabricant portent toutes le même nom, les anciennes comme les actuelles ! Nous avons donc choisi de communiquer le numéro de produit, en l’occurrence 3207136, pour bien identifier la souris de notre test. Dans le catalogue actuel, elle est à 4,99 €, sachant qu’il y a une autre souris de gaming Battletron, plus haut de gamme, à 7,95 € (ça n’a l’air de rien, mais c’est 60 % de plus !) qui porte, elle, la référence 3203556.
Une fiche technique trop discrète
Nous qui sommes habitués, chez Razer, Corsair et consorts, à des fiches techniques qui dégoulinent de caractéristiques au point de s’y perdre, chez Action c’est l’inverse. On reste sur notre faim. Sur le site Web il est simplement écrit que les DPI sont réglables, qu’il y a des effets lumineux et que le câble USB fait 1,5 m de long et est tressé. C’est tout. Le nombre de DPI, une caractéristique essentielle de toute souris de joueur, n’est même pas indiqué. Pas plus que le poids du mulot. Alors n’espérez pas trouver la référence du capteur ou des switchs de cette Battletron 3207136. Au sujet des DPI, après avoir constaté qu’il y avait quatre paliers (identifiables aux couleurs violettes, bleues, roses et rouges des LED) et essayer de les estimer sur un site tel que Mouse Sensitivity, on a fini par s’apercevoir que c’était écrit, en énorme, sur le devant de la boîte ! En l’occurrence, cette souris offre des paliers à 1200, 2400, 4800 et 7200 PPP. Elle se branche en USB, avec une prise USB-A assez énorme d’ailleurs. Sans compter la partie qui entre dans la prise de votre ordinateur, la fiche en plastique qui dépasse mesure 5 cm avant le début du câble !
Une souris… bancale ?

On se doute qu’à 4,99 € on a affaire à une souris des plus basiques. Et en l’occurrence la Battletron 3207136 est une souris filaire, avec six boutons non programmables tout ce qu’il y a de plus simple. Les six boutons sont les deux clics principaux, le clic molette, précédent et suivant au pouce (pour les droitiers uniquement) et le choix de la sensibilité. Il n’y a aucun moyen de programmer leurs usages, encore moins de créer des macros. Il n’y a d’ailleurs aucun logiciel. Par rapport à une souris non-gamer, elle se distingue quand même par la présence d’un capteur évolué, 7200 PPP étant certes modeste sur le marché actuel et néanmoins suffisant pour tous les types de jeu. Et même si on joue sur un écran de très haute définition, ce qui semble peu probable si on se contente d’une souris à ce prix, pour lequel on a tendance à augmenter la sensibilité. Elle offre aussi un cordon tressé et une esthétique plutôt typée gaming entre son logo qui fait penser aux Transformers et ses fausses traces de griffes éclairées en RGB. Et il faut admettre que, globalement, elle fait le job. Au déballage, elle ne déçoit pas, sa construction semble plutôt robuste, elle est bien rigide et ne craque pas quand on force dessus. Elle fonctionne dès le branchement, sans installer quoi que ce soit, et offre une glisse plutôt agréable et des clics fermes et francs. Nous avons constaté un seul défaut d’usage, mais qui est un défaut majeur qui nous interdit de lui décerner le moindre award : elle est un peu bancale. En l’occurrence on peut légèrement l’incliner de gauche à droite. Ça ne gêne en rien le déplacement de la souris, qui est fluide et précis. Mais quand on clique pour tirer ou déclencher une action, c’est très perturbant. Il n’est quasiment pas possible de faire un clic gauche sans déplacer très légèrement le curseur, bonjour la précision ! Ça ne pose aucun problème dans un RTS ou un hack n’slash ou on bourrine, mais dans un FPS ou tout jeu qui requière de la finesse (ou sous Photoshop pour détourer avec précision une image), cette souris est une catastrophe. Est-ce un défaut de notre exemplaire ? C’est difficile à dire, mais elle semble en tout cas intacte ?

Le juste poids
On imagine que la fin du paragraphe précédent aura suffi à refroidir les ardeurs de pas mal de clients potentiels mais, si jamais vous avez envie de tenter l’aventure (on peut quand même jouer correctement à pas mal de jeux avec), on s’est dit qu’on allait vous donner plus de caractéristiques. Et vu qu’elles sont absentes du site Web et de l’emballage, on a procédé à la dissection de la bête. Pour commencer, sur la balance, la Battletron 3207136 affiche 106 grammes, sans compter le poids du câble. C’est assez lourd pour une souris filaire qui n’embarque pas de batterie, d’autant que la mode est aux souris ultras légères, mais on ne tombe pas dans l’obésité non plus.

À titre de comparaison la Corsair Nightsabre Wireless RGB testée dans notre premier numéro pèse 96 grammes. En ouvrant la souris, il y a quatre vis cachées sous les deux patins de glisse, on découvre à l’intérieur un poids vissé sur la coque supérieure. Celui-ci, qu’on peut aisément démonter, permet d’abaisser le poids de 20 grammes (masselotte + vis) pour tomber à 86 g. À vous de voir ce que vous préférez, les mouvements sont un peu plus fluides sans le poids, mais la souris est alors plus sensible aux mouvements provoqués par son cordon quand on la relâche.
Des sacrifices sur les composants

À l’intérieur, on s’aperçoit que le gros de l’électronique est confié à Instant Microelectronics. En l’occurrence, le composant principal qui fait à la fois office de capteur optique et de contrôleur est un Instant A804F, qui grimpe donc à 7200 DPI et offre une vitesse de décrochage de 20 G. C’est léger comparé aux ténors du marché, mais à l’usage tout va bien. Les switchs des deux boutons principaux sont des Huano Green Point, une marque chinoise déjà croisée sur plusieurs souris bon marché qui offre un ressenti tout à fait agréable. Avec 0,85 N, ils sont plutôt fermes. Ces derniers sont garantis pour 5 millions de clics, bien loin des 90 millions de clics des switchs d’une Razer Viper V3 Pro par exemple. Mais est-ce suffisant ou cette souris est-elle jetable ? Évidemment tout dépend de l’usage. Selon le type de jeu, votre façon de jouer (subtile ou bourrin à cliquer non-stop) et le temps consacré à gamer chaque jour, il y a de très gros écarts d’une personne à l’autre. En considérant 1000 clics de l’heure, ce qui correspond pour pas mal de gens (ça peut être moitié moins comme 5x plus selon les critères cités précédemment), et en jouant 5 heures par jour, ça fait donc 1,85 million de clics par an. Avec 5 millions garantis, on est donc tranquille près de 3 ans, sachant que les switchs devraient tenir encore plus longtemps. Mais pour un cliqueur fou, cette souris pourrait aussi rendre l’âme en un an ou deux. Les composants électroniques utilisés, résistances et condensateurs, semblent d’un autre âge, mais est-ce bien gênant ? Après tout on a encore des vieilles cartes mères des années 90/2000 avec ces mêmes composants qui fonctionnent encore.

Éclairage imposé et non réglable
Un dernier mot au sujet de l’éclairage de cette souris, qui est forcément activé. C’est une rotation permanente avec un effet de respiration entre quatre couleurs, rouge, rose, violet et bleu, avec une réinitialisation du cycle à chaque pression sur le bouton des DPI. Il n’y a pas moyen de couper cet éclairage s’il ne vous sied pas.
CONCLUSION
Notre bilan après un mois d’essai est mitigé. Forcément, à 4,99 € la souris, on ne peut être qu’agréablement surpris des prestations proposées. C’est une vraie souris, qui fait plutôt bien le job malgré des caractéristiques basiques. Et sa qualité de construction apparente est franchement correcte. Mais quand on voit la qualité des composants internes, on est en droit de se demander si elle tiendra plus qu’un an ou deux. Mais surtout, c’est le problème de précision quand on clique qui nous chagrine. Impossible de la recommander pour les FPS. Pour autant, il n’y a aucune autre souris meilleure à moins de 10 € et si vous êtes vraiment ras des pâquerettes ou que vous ne faites que des RTS ou même des MOBA, et bien pourquoi pas.
NOTES
Prix imbattable
Molette agréable
Semble robuste
Câble tressé
Boutons non programmables
Manque de précision en cliquant ?
RGB non réglable et non désactivable
Pas de logiciel
Prise USB imposante


