On a testé des routeurs Wi-Fi 7, on a testé des PC portables Wi-Fi 7, mais jamais l’autre bout de la liaison quand il s’agit d’un PC fixe. C’est pourtant là que le bât blesse le plus souvent : votre routeur a beau être flambant neuf, si votre tour est reliée en Wi-Fi par la puce d’une carte mère de 2022, vous plafonnez en Wi-Fi 6 ou, au mieux, en Wi-Fi 6E. Et une bonne partie des cartes mères de milieu de gamme actuelles n’embarquent tout simplement aucune radio. D’où l’existence de ces cartes filles PCIe qu’on regarde rarement de près et dont la TP-Link Archer TBE400E est un des représentants les plus vendus. Comptez une cinquantaine d’euros, quoique le prix varie énormément d’une enseigne à l’autre comme nous allons le voir, pour ajouter du Wi-Fi 7 tri-bande et du Bluetooth 5.4 à n’importe quelle tour disposant d’un port PCI-Express libre.
Un module M.2 déguisé en carte PCIe

Sortie de sa boîte, la TBE400E ne paye pas de mine et c’est tant mieux : une petite carte au format PCI-Express x1, coiffée d’un capot en plastique gris anthracite strié d’or qui joue les dissipateurs sans vraiment en être un, deux connecteurs d’antenne dorés sur l’équerre, et c’est tout. Le bundle est complet : les deux antennes tri-bande orientables, une équerre demi-hauteur pour les boîtiers compacts (bien vu, et toutes les marques ne le font pas), un CD-ROM sur lequel nous allons revenir, plus un petit câble de 30 cm qui va relier la carte à un connecteur USB 2.0 interne de votre carte mère. Ce dernier n’a rien d’optionnel : c’est lui qui transporte le Bluetooth, la partie Wi-Fi passant pour sa part par le bus PCIe. Si vous oubliez de le brancher, vous aurez du Wi-Fi mais pas de Bluetooth, et vous chercherez longtemps pourquoi. En retirant le capot, on découvre le vrai cœur du produit, et il est intéressant : ce n’est pas une puce soudée, mais un module M.2 2230 au format Key E, vissé dans un connecteur tout ce qu’il y a de plus standard. En l’occurrence un AzureWave AW-EB600NF, qui embarque lui-même un MediaTek MT7925B22M. Autrement dit, la carte TP-Link est une carte porteuse — un adaptateur M.2 vers PCIe avec deux antennes et un chemin USB pour le Bluetooth — et le module qui fait le travail est exactement le même que celui qu’on trouve dans des dizaines de PC portables et de mini-PC. En théorie, rien ne vous empêche de dévisser ce module pour en mettre un autre. En pratique, on vous le déconseille, et pour une raison qui mérite qu’on s’y attarde.
Pourquoi MediaTek et pas Intel ?

Si vous avez l’habitude des cartes Wi-Fi de portables, vous vous demandez sans doute pourquoi TP-Link n’a pas choisi un module Intel BE200, la référence en Wi-Fi 7 côté client, qui gère lui les canaux de 320 MHz. Ce n’est pas une question d’interface, contrairement à ce qu’on lit parfois. Intel applique en effet une règle de nommage très pratique une fois qu’on la connaît : une référence terminée par un 0 désigne une puce autonome, qui dialogue avec la machine en PCIe et en USB comme n’importe quel composant — c’est le cas des AX200, AX210 et donc du BE200. Une référence terminée par un 1 désigne au contraire un module CNVi, dont la logique Wi-Fi et Bluetooth est déportée dans le processeur, le module ne conservant que la partie radio : les AX201 et AX211 en CNVio2, et le tout récent BE201 en CNVio3, réservé aux Core Ultra. Ces derniers sont totalement inutilisables hors plateforme Intel récente, par construction. Le BE200, lui, devrait donc théoriquement fonctionner partout. Sauf que la réalité est moins simple : Asus, qui commercialise une carte PCIe bâtie autour de ce module, précise noir sur blanc qu’elle n’est compatible qu’avec les cartes mères Intel, et les forums débordent de possesseurs de Ryzen qui se retrouvent avec un Bluetooth parfaitement fonctionnel et un Wi-Fi mort. Intel n’a jamais documenté ni expliqué ce blocage, qui semble se situer au niveau du firmware. Pour un fabricant qui vend une carte d’extension universelle censée fonctionner dans n’importe quelle tour, c’est évidemment rédhibitoire. MediaTek, lui, ne joue à aucun de ces jeux-là. La TBE400E fonctionne donc aussi bien sur AMD que sur Intel, et c’est un vrai argument qu’on aurait tort de bouder. Mais ce choix a une contrepartie directe, et c’est le point central de ce test.
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