
En bon leader qu’il est, Asus a été l’un des tout premiers à dégainer un PC portable équipé des nouveaux processeurs Intel Core Ultra Series 2 200V avec l’UX5406 aka Zenbook S 14. Pour rappel, les Zenbook S représentent le meilleur du savoir-faire d’Asus en matière de laptop léger et autonome. En tant que produit premium, le Zenbook S 14 est assez cher. Ce 14″ super sexy est commercialisé à partir de 1599,99 € dans une version avec 16 Go de RAM et 512 Go de stockage, sachant que notre exemplaire de test disposant du double (32 Go et 1 To) coûte 1799,99 €. Voici ce qu’on en pense après quelques semaines passées en sa compagnie, car nous l’avons reçu avant même les processeurs desktop Core Ultra 200S testés dans UH #2 !
La douceur du Ceraluminium

Si le Zenbook S 14 vous parle esthétiquement c’est parce qu’il reprend, dans une version plus compacte, le châssis du Zenbook S 16 testé dans notre premier numéro. Son capot supérieur, fabriqué en Ceraluminium, est même comparable à celui du Zenbook S 13 sorti en 2023. Derrière ce nom de marque propre à Asus se cache en fait un procédé industriel (la céramisation) d’altération de l’aluminium pour lui donner un toucher qui ressemble à s’y méprendre à de la pierre. Outre la surprise visuelle et sensitive, ça donne un capot particulièrement résistant aux rayures, notamment bien plus que les anciens Zenbook et leur aluminium brossé avec leur motif en cercles concentriques comme notre bon vieux Zenbook 13 OLED de 2021 qui porte quelques stigmates de nos voyages. Le Ceraluminium ne marque pas, si bien qu’on ne voit quasiment aucune trace de doigts. L’impression de finish haut de gamme se prolonge quand on ouvre le PC, ce qui est possible d’une main d’ailleurs tant les masses sont bien équilibrées. Au-dessus du clavier, la grille et son perçage particulier réalisé à la CNC avec 2715 trous (voire notre photo en gros plan) permet, d’après Asus, de faire pénétrer 50 % d’air en plus. Cette grille est d’ailleurs une aération à part entière, elle ne cache pas de haut-parleurs. Le clavier est très confortable à utiliser, quoi qu’on puisse lui reprocher que les touches de fonction et du curseur soient fines et que la touche entrée n’occupe qu’une seule ligne de haut comme sur un clavier américain. Il est rétroéclairé de blanc avec trois niveaux de luminosité. Le pavé numérique lui, est parfait. Il est grand et offre une glisse excellente.
Un écran très bon mais trop brillant

Le Zenbook S 14 a beau embarquer une dalle de 14″, on a l’impression que son écran est identique à celui du Zenbook S 16 (UM5606). On y retrouve les mêmes qualités et défauts. Ses points forts découlent pour beaucoup de la technologie OLED de la dalle. Si on commence à y être habitué, voilà quelques années que la majorité des laptops Asus sont équipés de tels écrans, l’effet wow est toujours là. Notamment grâce aux noirs parfaits (et c’est encore renforcé par la dalle brillante) et aux contrastes incroyables. C’est un écran 16:10 qui offre une définition très élevée de 2880×1800 pixels et grimpe jusqu’à 120 Hz. Il est aussi compatible HDR, avec un pic lumineux relevé à 629 cd/m². Et 403 cd/m² en SDR. C’est donc assez bon, mais ça ne suffit pas en extérieur tant le revêtement de la dalle est brillant. Pourquoi Asus n’installe-t-il pas sur ses laptops, en particulier les plus haut de gamme, des filtres antireflets plus efficaces ? S’il y en a chez certains concurrents comme Samsung, c’est possible ! Les couleurs sont parfaitement calibrées d’usine, notre sonde indique un deltaE de seulement 1,4 (comme sur le 16″ là aussi), même si la température est un tout petit peu froide de base (mesurée à 6795 °K pour 6500 °K visés) ; ça se corrige aisément dans le logiciel MyAsus.
Un Core Ultra 7 à la traîne en multi

À l’intérieur du Zenbook S 14 se cache un Core Ultra 7 258V. C’est d’ailleurs la seule option au catalogue, avec son jumeau le Core Ultra 7 256V. Vous ne le savez peut-être pas, mais parmi les nouveautés des processeurs Lunar Lake, la mémoire vive est intégrée au SoC. Cette fois, il n’est même plus question de RAM soudée donc, elle est gravée à même le processeur. Et les Core Ultra 7 256V et Core Ultra 7 258V sont donc deux CPU identiques, embarquant chacun huit cores (4 P-cores + 4 E-cores), avec 16 Go de LPDDR5X-8533 pour le premier et 32 Go pour le second. On parle de MoP, pour Memory-on-Package. En mode standard, le CPU a un TDP de base de 17 W (37 W en turbo). En mode Full speed, il grimpe à 28 W (toujours 37 W en turbo). Comme Arrow Lake, Lunar Lake abandonne l’hyperthreading. Les processeurs Meteor Lake de la génération précédente l’ont, et en plus ils ont plus de vrais cores ! Par exemple le Core i7 155H et ses 16 cores (6 P-cores + 8 E-cores dans la partie CPU + 2 E-cores dans la partie SoC) totalise 22 threads au lieu de 8 ! Du coup, ça se traduit comment ? Ça dépend des tests. En mono core on constate les beaux progrès réalisés par Intel puisque dans Cinebench 2024 le Zenbook S 14 obtient 120 points, soit 19 % de mieux que l’Ultra 7 155H qu’il remplace, pas mal quand on sait qu’Intel annonçait 18 % ! Et au passage c’est 11 % plus véloce que le Ryzen AI 9 HX 370 du Zenbook S 16, la dernière génération mobile d’AMD, et 6 % plus rapide que les Snapdragon X Elite X1E-78-100 du Vivobook S 15 OLED et Snapdragon X Plus X1P-64-100 de l’Inspiron 14 Plus.



Bravo Intel, même si l’Apple M3 reste 18 % plus véloce sur ce même test. En multi en revanche ça n’est pas la même limonade ! Le Core Ultra 7 258V n’obtient que 503 points en mode standard et 608 avec le profil de meilleur profil de performances et les ventilos qui s’excitent), c’est ce dont sont capables les plus mauvais laptops en Core Ultra 7 155H (mauvais pouvant être synonyme de très compact et donc moins refroidi) tandis que certains dépassent les 850 points ! Pour garder les mêmes exemples qu’en mono, le Ryzen AI 9 HX 370 du Zenbook S 16 a atteint 918 points, c’est 85 % de mieux ! Et le Snapdragon X Elite X1E-78-100 du Vivobook S 15 OLED carrément 949 points soit 91 % plus rapide que le dernier CPU Intel ! Ouch. Pour le coup, le M3 d’Apple est dans les mêmes eaux que le Core Ultra 7 258 V, sauf qu’il est sur le point d’être remplacé par le M4. Même s’il reste un bon CPU parfaitement utilisable, impossible de ne pas être déçu par les prestations du dernier-né d’Intel. Nous avons cité des scores Cinebench 2024 qui mettent un peu plus en exergue les différences entre ces puces, mais on retrouve à peu près la même chose dans Cinebench R23 pour les CPU x86. En revanche, bien que Cinebench R2023 a été le premier capable d’être exécuté nativement sur des plateformes ARM, ces processeurs n’obtiennent pas d’aussi bons scores sur ce benchmark vieillissant. En l’occurrence dans R23, le Zenbook S 14 obtient 1861 points en mono et 9115 points en multi. Le Ryzen AI 9 HX 370 c’est 16 425 ! Et du même ordre pour le Core Ultra 7 155 H. Ça fait mal !
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