Il y a peu, dans notre gros dossier Montez votre serveur Home Assistant du numéro 14, nous vous avions promis de passer le matériel officiel de Nabu Casa sur le gril. Dans UH #15, c’était au tour des antennes Connect ZBT-2 et ZWA-2, qui ont décroché un award gold et qui pilotent aujourd’hui toute la maison de votre serviteur. Il manquait la pièce centrale : la box Home Assistant Green, le petit serveur prêt à l’emploi que la société derrière Home Assistant propose à tous ceux qui ne veulent ni flasher une carte microSD, ni monter une machine virtuelle, ni même savoir ce qu’est un fichier .ova. Sur le papier, la promesse est imparable : on branche l’alimentation et le câble réseau, et c’est tout. Sauf que la Green a un problème qui n’a rien à voir avec ses qualités techniques. Lancée à 99 € fin 2023, elle a subi deux hausses de prix en 2026, la RAM qu’elle embarque ayant vu son coût exploser comme partout ailleurs. Elle passe d’abord à 139 € en janvier, puis à 179 € fin avril. Un prix quasiment doublé pour exactement le même produit, ça change forcément la donne. D’autant qu’à la rédaction, notre instance de production tourne dans une VM sur notre NAS Synology DS723+, et que la majorité des bidouilleurs qui démarrent à budget serré se tournent spontanément vers un Raspberry Pi. Voyons si la petite box officielle tient la comparaison avec l’un comme avec l’autre.
Un carré de 11 cm qui ne fait pas de bruit

La Green est un petit pavé de 11,2 cm de côté pour 3,2 cm d’épaisseur, qui pèse tout de même 340 g. C’est lourd pour un objet de cette taille, et ce poids n’a rien d’un hasard : tout le dessous du boîtier est un gros radiateur en aluminium anodisé, le dessus étant une coque en polycarbonate semi-translucide à travers laquelle on devine la carte mère. Pas le moindre ventilateur, donc pas le moindre bruit, ce qui compte pour un appareil qui va tourner 24 heures sur 24 dans un salon, une entrée ou une baie réseau. Chez Nabu Casa, on aime les couleurs. La Green est la troisième box maison, après la Home Assistant Blue de 2020, une édition limitée bâtie sur un ODROID-N2+ dans un joli boîtier en aluminium, puis la Home Assistant Yellow de 2022. Cette dernière reposait sur un Compute Module 4 de Raspberry Pi et intégrait une radio Zigbee ainsi qu’un emplacement M.2 pour un SSD NVMe ; bien plus complète, donc, mais aussi plus chère et victime des pénuries de CM4. Elle a été arrêtée en octobre 2025, et Nabu Casa présente désormais la Green comme sa remplaçante. Si les deux premières portaient la couleur de leur boîtier, le nom Green renvoie ici à la sobriété énergétique de la machine, qui est grise et translucide. Nous y reviendrons. À l’arrière, on trouve tout ce qu’il faut et rien de plus : une prise Ethernet Gigabit, deux ports USB-A, une sortie HDMI, un lecteur de cartes microSD, le jack d’alimentation 12 V et un bouton d’extinction. Il faut lire la documentation pour comprendre que la moitié de ces prises ne servent pas à ce qu’on croit. Le HDMI ne sert qu’au diagnostic, il n’affiche aucune interface en usage normal, et le lecteur microSD sert uniquement à réinstaller le système en cas de pépin, pas à étendre le stockage. Trois LED en façade renseignent sur l’état de la machine : blanche pour l’alimentation, verte pour l’activité et jaune pour la santé du système. On a apprécié le bloc secteur 12 V / 1 A livré avec ses embouts interchangeables (européen, britannique, américain), un détail dont on se moque tant qu’on ne déménage pas à Londres. Signalons aussi un emplacement pour une pile bouton CR2032, non fournie, qui permet à l’horloge interne de conserver l’heure en cas de coupure de courant. C’est facultatif, puisque la box se resynchronise sur Internet au démarrage, mais c’est une bonne idée si votre domotique doit redémarrer un soir de panne de la box opérateur.
Un processeur de box TV

Sous la coque, la Green repose sur un SoC Rockchip RK3566, une puce ARM qu’on croise habituellement dans les box Android TV d’entrée de gamme et les liseuses. Il embarque quatre cores Cortex-A55 cadencés à 1,8 GHz, épaulés par 4 Go de LPDDR4X et 32 Go de stockage eMMC. Le Cortex-A55, c’est le core « efficient » d’ARM, celui qu’on trouve en petits cœurs dans les smartphones pour gérer les tâches de fond pendant que les gros cœurs dorment. Autant dire que ce n’est pas un foudre de guerre : à fréquence égale, le Cortex-A72 d’un Raspberry Pi 4 est nettement plus rapide, et le Cortex-A76 à 2,4 GHz d’un Raspberry Pi 5 joue carrément dans une autre catégorie, avec environ deux à trois fois plus de puissance brute. Le RK3566 intègre aussi un GPU Mali-G52 et un petit NPU de 0,8 TOPS, deux blocs qui ne servent strictement à rien sous Home Assistant OS ; n’espérez pas faire tourner de la reconnaissance d’images dessus. Faut-il s’en inquiéter ? Pour de la domotique pure, pas vraiment. Comme on vous l’expliquait dans le dossier du N14, Home Assistant passe l’essentiel de son temps à aiguiller des changements d’état (une fenêtre qui s’ouvre, une température qui varie de 0,1 °C) et ce travail ne demande presque rien au processeur. Là où la puissance manque, c’est au démarrage, pendant les mises à jour, lors de la création des sauvegardes et avec les add-ons gourmands. Nous y revenons un peu plus loin.
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