Depuis la sortie du Steam Deck en février 2022, les consoles portables PC sont à la mode. Peu à peu, différents constructeurs se sont engouffrés sur le marché, sans doute inspirés par le succès de la Nintendo Switch qui ne cesse de se vendre comme des petits pains depuis 2017. C’est Asus qui a dégainé le premier (ou le second, après Valve) en sortant la ROG Ally en juin 2023. Suivi par Lenovo et sa Legion Go sortie il y a un an, en novembre 2023, date à laquelle Valve a aussi mis à niveau son SteamDeck avec la sortie du modèle OLED. Et c’est alors que MSI leur a emboîté le pas un peu plus tôt cette année avec l’arrivée de la Claw A1M. Si sa forme rappelle celle de la ROG Ally, cette console se distingue par son processeur d’origine Intel, un Core Ultra Meteor Lake à la place du Ryzen Z1 qui équipe toutes les autres. MSI la décline en deux versions principales, la A1M-042FR en Core Ultra 5 135H avec 512 Go de SSD et la A1M-043FR en Core Ultra 7 avec 1 To. Ces consoles sont sorties aux tarifs assez prohibitifs de 799 € et 899 €, mais quelques mois plus tard on les trouve aux prix bien plus digestes de 500 € et 650 €. MSI nous a fait parvenir le modèle en Ultra 7 pour cet essai. On l’a équipée du dernier BIOS et des derniers pilotes pour s’assurer d’avoir des performances à jour, qui ont dû progresser un peu depuis la sortie.

Format et ergonomie sans prise de risque
La MSI Claw est une console portable au format des plus classiques. Autour d’un écran de 7″ on trouve des commandes fixes et une esthétique qui rappelle assez nettement celle de la ROG Ally d’Asus. Comparée à une Nintendo Switch, la MSI Claw est assez grande (près de 30 cm de long !). Et lourde, notre balance indiquant au gramme prêt le poids de la fiche technique du site Web soit 675 g. C’est particulièrement vrai comparé aux 436 g d’une Switch OLED et ses Joy-Con, mais c’est également un tout petit peu plus lourd que la ROG Ally (615 g) ou le Steam Deck (640 g). La prise en main est bonne, notre seule critique concerne le D-Pad pour lequel les diagonales ne sont pas très marquée. L’écran est un modèle 16:9 Full HD de 120 Hz, tactile, qui repose sur une dalle IPS. Logiquement le contraste n’a rien à voir avec l’OLED, mais il est néanmoins correct avec 1488:1 mesuré par notre sonde même si le noir est un poil haut à notre goût et on observe un gris délavé pas super uni sur un fond totalement noir. La luminosité qui grimpe à 491 cd/m² est assez bonne et légèrement supérieure à ce dont est capable une Switch OLED notamment. La dalle est brillante, mais pas trop, ce qui permet de jouer dehors quand il n’y a pas trop de soleil. Précisons que les couleurs sont un peu froides de base et que, si on décide de calibrer l’écran pour y remédier, on perd un peu de luminosité. L’écran est assez réactif et ne souffre pas de rémanence et il est compatible avec la VRR. Sans être un point fort de cette console, il n’est pas non plus un point faible quoiqu’on aurait aimé une taille un peu plus grande car il ne remplit pas tout l’espace qu’on pourrait croire sur les photos éteintes, il y a des bordures noires assez épaisses. Signalons que MSI a fait l’effort, à l’instar de Lenovo sur sa Legion Go, d’installer deux joysticks à effet Hall qui ne risquent pas de s’user et souffrir d’effet de drift comme les joysticks mécaniques (vous savez, le fameux problème sur Switch…).

Peut-on vraiment jouer avec un IGP Intel ?
Le choix du CPU Intel, qui n’est pas une première mais inédit parmi les grands constructeurs, interpelle. En effet, malgré les progrès réalisés par Meteor Lake, la partie graphique n’est quand même pas incroyable comme on a pu s’en rendre compte sur nos précédents essais d’ultrabook équipés de ce processeur. Alors, ça donne quoi comparé au Z1 Extreme d’AMD ? Le TDP maximum est supérieur, il atteint 40 W contre 30 W pour la puce des rouges. En fait, selon le profil de performances choisi dans MSI Center M (l’interface graphique développée pour cette console), il oscille entre 20 et 40 W ; on peut d’ailleurs choisir manuellement les valeurs de son choix entre 20 et 40 W, watt par watt, pour PL1 et PL2 et ainsi jouer sur la balance performances/batterie. Pour notre essai on a choisi de laisser par défaut en utilisant le profil Moteur AI qui est conçu pour adapter le préréglage d’énergie aux usages. Avec Moteur AI, ça monte même jusqu’à 45 W (comme Performances extrêmes) sur secteur et 35 W sur batterie. Passons rapidement sur les performances CPU qui n’intéresseront pas vraiment les utilisateurs de consoles en disant que l’Ultra 7 155H atteint 14 512 points sur Cinebench R23 en multi, ce qui est à la fois un score cohérent pour ce modèle (le refroidissement est à la hauteur, même si certains laptops atteignent 16k) et un bon score dans l’absolu pour un si petit appareil. Pour ce qui est des jeux, bien que la définition de 1920×1080 ne semble pas incroyable, c’est vraiment beaucoup pour cet IGP. Traduction : tous les jeux tournent, mais dans les gros titres comme Cyberpunk 2077, on est autour des 30 FPS seulement avec les détails graphiques au minimum. Heureusement qu’il y a l’upscaling Intel XeSS pour améliorer un peu les choses.

C’est un peu mieux dans Red Dead Redemption 2 ou Shadow of the Tombe Raider même si on ne dépasse pas les 40 FPS en détails moyens, pour flirter avec les 65 FPS en détails bas. Dans les jeux plus légers comme Fortnite ça se passe beaucoup mieux, avec une moyenne de l’ordre de 120 FPS ! C’est donc globalement jouable, mais pour les AAA il faudra faire des sacrifices (soit au niveau des détails graphiques, soit du framerate). En 720p voir en 900p ça se passe mieux et, sur 7″, ça reste plutôt fin. Après tout c’est le choix qu’a fait Nintendo sur sa console de jeu qui ne passe en 1080 qu’en mode dock branché à un téléviseur. L’Ultra 7 155H est bien plus puissant que ne l’est la Switch. Et même le Steam Deck. Et par rapport au Z1 Extreme de la ROG Ally ? Et bien c’est globalement comparable, mais le SoC d’Intel est quand même moins véloce. Enfin c’est surtout la partie IGP, celle qui impacte les jeux. Le bruit est un autre bémol de cette MSI. Si la console est bien refroidie, ça s’entend. Et là on ne fait même pas l’affront de comparer la Claw à une Switch parfaitement silencieuse (la puissance entre ces deux appareils est incomparable), mais non seulement les ventilateurs tournent ici quasiment en permanence (même sans jouer) ce qui est déjà pénible, mais en jeu on atteint 45,2 dBA même sur batterie ! C’est finalement comparable à un ordinateur portable de gaming, et pas le pire qui soit, mais ça choque un peu plus dans ce format face aux vraies consoles portables et autres smartphones ou tablettes Android sans aucun bruit.
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