Nous testons l’écran Alienware AW2725QF pour son originalité. Ce moniteur 27″ IPS, vendu un peu plus de 600 €, se démarque de la concurrence par sa fonctionnalité unique : il supporte deux définitions ! Sa dalle nativement en Ultra HD jusqu’à 180 Hz est aussi configurable en mode Full HD à 360 Hz histoire de profiter selon les usages et la puissance de votre PC de graphismes ultra-fins ou extra fluides. Il était du moins unique à son lancement, il y a quelques mois. Le phénomène prend de l’ampleur au point qu’Asus a sorti un concurrent aux caractéristiques comparables il y a peu, le ROG Strix XG27UGC, et que de multiples modèles à double résolution sont attendus d’ici peu chez Asus, Dough, LG et ViewSonic. Sans oublier le grand frère de notre écran, l’Alienware AW3225QF qui offre le même concept mais en 32″ et avec une dalle OLED au tarif de 1000 €. Et le laptop Razer Blade 16 qui proposait déjà ce mode de fonctionnement sur un laptop il y a un an. La double définition, bonus ou gadget ?
On change en deux clics de joystick
On reconnaît bien, dès le déballage, l’air de famille Alienware de l’AW2725QF. Il ressemble d’ailleurs beaucoup à l’AW2725DF, 27″ OLED QHD que nous avons testé dans UH #0 l’été dernier. Il faut, comme toujours, assembler le pied qui est en deux parties (elles s’assemblent sans outil, à l’aide d’une vis à main) et qui s’emboîte au dos de l’écran. On trouve sur cette coque arrière un logo à tête d’alien et le nombre 27 qui sont éclairés de la couleur et avec la luminosité de votre choix au travers des réglages de l’OSD. Le menu à l’écran se pilote au moyen d’un petit joystick placé sous la tranche inférieure, au centre. L’AW2725QF embarque une dalle IPS UHD (4K par abus de langage) au format 16:9 qui confère à ce moniteur de 27″ une densité de pixel incroyable de 163 PPP. L’affichage est si fin qu’il est difficilement envisageable de travailler sous Windows avec l’affichage réglé sur 100 %, mais ça se passe très bien à 150 % tout en offrant l’effet Retina si agréable des définitions très élevées. Et, comme cet écran a pour particularité de proposer un double mode UHD/FHD, sachez qu’on peut passer d’une définition à l’autre en seulement deux clics sur le joystick de l’écran. Attention à le faire sous Windows pour éviter toute anomalie plutôt qu’en jeu. Ça se passe très bien, Windows ayant l’impression qu’on a débranché un écran pour en brancher un autre, ce qu’il gère très bien de nos jours. C’est un écran lumineux. Dell indique 400 cd/m² en SDR et 600 cd/m² en HDR, mais on a mesuré de notre côté 472 cd/m² et 645 cd/m² dans ces deux modes ! Il mérite amplement son label DisplayHDR 600, d’autant qu’il est aussi compatible Dolby Vision, un mode HDR supérieur HDR10 le plus courant, même si quasiment aucun jeu n’en tire bénéfice ; pour utiliser l’écran en HDR10, il faut opter pour le profil SmartHDR. Le contraste de l’AW2725QF est en revanche une relative déception. S’il n’y a pas de miracle a attendre d’une dalle IPS, certaines atteignent 1400 voire 1500:1 mais dans le cas de cet écran la fiche technique indique 1000:1 et on mesure seulement 956:1 avant calibration, 889:1 après. Heureusement que le point noir n’est pas trop élevé (0,2 cd/m²), mais voilà qui bride l’effet HDR. C’est dommage avec une telle luminosité et des couleurs aussi riches ! Car l’AW2725QF, moniteur wide gamut, est capable de reproduire 94 % du gamut DCI-P3 selon notre sonde et sa calibration d’usine est très satisfaisante avec un DeltaE moyen de 1,8, même si on peut descendre sous les 1 avec des réglages manuels. Si vous désirez régler cet écran à 150 cd/m², vous devez abaisser la luminosité entre 70 et 72.
Le pixel binning ne fait pas des miracles

Si l’image est globalement magnifique en UHD, on ne peut pas en dire tout à fait autant en 1920×1080. Contrairement à ce qui se passe sur un écran classique sur lequel on affiche une définition inférieure à celle de sa dalle, il n’y a pas de downscaling logiciel avec l’AW2725QF. En effet, c’est sa dalle qui gère nativement le pixel binning, c’est-à-dire qu’en mode Full HD les pixels sont regroupés 4 par 4, tous restant allumés. Voilà qui rappel par exemple la technique utilisée en photo par certains smartphones comme les Samsung qui ont un capteur 200 MP et qui ont un mode 50 MP avec cette même notion de regroupement de pixels. Voilà qui promet donc un meilleur résultat qu’en downscaling, sauf qu’en pratique il est difficile d’être d’accord. En statique, sur le bureau de Windows, l’image est visiblement moins nette et c’est même assez désagréable. Heureusement, ce n’est quasiment pas perceptible en jeu et c’est bien là ce qu’on attend de l’affichage en Full HD sur cet écran. Le fait de regrouper les pixels permet à la dalle d’offrir un rafraîchissement plus élevé en Full HD. Ainsi, de 165 Hz en UHD on passe à 330 Hz ! Et avec l’overclocking natif proposé dans le menu (à activer car ça n’est pas le cas d’usine), on grimpe même respectivement à 180 Hz et 360 Hz ! Voilà qui est donc intéressant pour les gamers en quête d’un écran ultra rapide pour les jeux les plus nerveux, sans avoir à sacrifier la qualité d’image pour les jeux AAA les plus beaux. Mais est-ce réellement utile ? Car à 180 Hz on a déjà un écran super réactif. Sauf que les GPU capables de faire tourner des jeux 4K à 180 FPS ne sont pas courants, d’autant plus si on vise la qualité maximale et qu’on fait l’impasse sur la génération d’image notamment. Si la différence de réactivité est mesurable, on passe de 6 ms à 180 Hz à seulement 3 ms à 360 Hz pour un passage complet de blanc au noir (c’est bien plus long que de gris à gris comme annoncent les constructeurs) ; en jeu on ne peut pas dire qu’on remarque de réelle différence. Peut-être qu’à 44 ans, les yeux de votre serviteur ne sont plus les plus affûtés, même s’il ne porte toujours pas de lunettes. L’AW2725QF offre quelques bonus intéressants, dont une très bonne compatibilité avec les consoles de jeu. Il se distingue aussi par la présence d’un petit support rétractable pour poser votre micro-casque (sur le côté gauche de l’écran). On apprécie aussi la présence de 4 prises USB, dont une de type C fournissant une charge jusqu’à 15 W et facilement accessible sous l’écran.
CONCLUSION
Très intéressant sur le papier, cet écran ne risque pas de séduire grand monde. En effet, pour la majorité des joueurs, il vaut mieux faire le compromis d’un 27″ 2560×1440 à 240 Hz (ou pourquoi pas plus), car c’est presque aussi beau qu’en UHD sur cette taille et bien plus facile pour le GPU. D’autant qu’en cherchant un peu, on peut s’offrir un écran OLED avec un contraste largement supérieur pour le même prix ou presque, à l’image de l’AW2725DF qu’on trouve à 680 € sur le site même du constructeur et surtout de l’Asus ROG Strix XG27AQDMG qu’on trouve sans difficulté à 600 €. Ou encore faire de sérieuses économies, sachant qu’on trouve de bons écrans gamer QHD vers 200/250 € (comme l’Acer Nitro VG271UM3bmiipx) et même en UHD bien qu’il faille investir autour de 500 € (par exemple avec l’Asus ROG Strix XG27UCS). On aurait pu décerner un award « coup de cœur » à l’Alienware AW2725QF pour marquer le coup, car on apprécie les produits nouveaux et qui sortent du lot, mais encore une fois il risque de ne pas intéresser grand monde alors il n’y a pas droit malgré sa bonne note de 8,5. Pour autant, si vous n’êtes pas réfractaire à l’IPS, c’est un très bon écran, parfait en UHD et intéressant en Full HD.
NOTES
Plutôt lumineux
Bon contraste en HDR
Très réactif
4 USB descendant
Supporte deux définitions
Contraste moyen en SDR
Mode Full HD visiblement flou
Aussi cher qu’un 27″ OLED QHD



