Test

09/09/2026

Numéro 16

SSD

Samsung 990 EVO Plus

Aussi bon, deux fois plus cher

Sorti fin 2024, le 990 EVO Plus reste l’un des SSD PCIe 4.0 de référence. Sauf qu’entre-temps son prix a doublé. Ouch. Le best-seller de Samsung mérite-t-il encore votre argent ?

Par : Thomas Olivaux
Prix constaté (1 To) :
200 € (20 c/Go)
Prix constaté (2 To, version testée) :
300 € (15 c/Go)
Prix constaté (4 To)
640 € (16 c/Go)

Fiche technique

Capacité : 2 To

Format :M.2 2280 (simple face, 2,38 mm)

Interface :
PCIe 4.0 x4 ou PCIe 5.0 x2 (NVMe 2.0)

Contrôleur :
Samsung Piccolo (5 nm, 4 canaux, sans DRAM)

NAND :
TLC 3D V-NAND V8 236 couches (Samsung)

Débit séquentiel en lecture :
7 250 Mo/s

Débit séquentiel en écriture : 6 300 Mo/s

Lecture aléatoire : 1 000K IOPS

Écriture aléatoire : 1 350K IOPS

Endurance : 1 200 TBW

Garantie : 5 ans

Divers : cache HMB (64 Mo empruntés à la RAM système), cache pSLC Intelligent TurboWrite 2.0 jusqu’à 216 Go, chiffrement AES 256 bits et TCG Opal 2.0, logiciel Samsung Magician

Réservé aux abonnés

Tester en 2026 un SSD annoncé en octobre 2024, sérieusement ? Oui, et on assume. D’abord parce qu’un SSD Samsung reste une valeur de référence : la marque coréenne fabrique ses propres puces de mémoire flash et ses propres contrôleurs, ce que très peu de monde peut se vanter de faire. Ensuite parce que le 990 EVO Plus est toujours partout, chez tous les revendeurs et en tête des ventes, et qu’il n’a jamais été remplacé dans la gamme. Et enfin, surtout, parce que le monde a changé autour de lui. Quand ce SSD est arrivé, on le trouvait en 2 To autour de 130 à 150 €, et même à 112 € en promotion au printemps 2025. Aujourd’hui, la même référence, exactement la même, se négocie autour de 300 €. Pas d’erreur de frappe : le SSD n’a pas bougé d’un iota, c’est son étiquette de prix qui a doublé. Alors on vous propose un essai un peu particulier, avec d’un côté la question technique classique, ce SSD est-il bon ? Et de l’autre celle qui fâche, est-il encore achetable ? Notre exemplaire, qu’un copain a acheté pour se refaire un PC et qu’on a pu bencher avant de monter sa machine, est la version 2 To. La plus vendue et la mieux équilibrée de la gamme. Et si vous êtes justement en train de choisir un SSD, revenez au début du magazine pour lire notre guide d’achat spécial SSD NVMe.

Où en est la gamme SSD de Samsung ?

Puisque c’est notre premier test d’un SSD Samsung dans ces colonnes, et seulement notre deuxième test de SSD interne tout court après le Lexar NM1090 du numéro 2, un rapide tour d’horizon s’impose. Chez le Coréen, tout tourne aujourd’hui autour de la famille 990, née fin 2022 avec le 990 Pro, un PCIe 4.0 x4 à DRAM embarquée et contrôleur Pascal qui reste la référence haut de gamme Gen4 de la marque. En janvier 2024 est arrivé le 990 EVO, premier SSD à interface hybride Gen4 x4 / Gen5 x2, moins cher car privé de DRAM. Notre 990 EVO Plus lui a succédé à l’automne 2024 en gardant exactement la même recette, mais avec une mémoire flash bien plus rapide. Puis, en mars 2025, Samsung a inauguré une nouvelle numérotation avec le 9100 Pro, son premier vrai PCIe 5.0 x4, annoncé à 14 800 Mo/s en lecture et disponible jusqu’à 8 To. Et cet été, coup de théâtre, la marque a ajouté un simple « 990 » sans suffixe, en QLC et sans DRAM, censé occuper l’entrée de gamme. Il n’existe en revanche toujours pas de 9100 EVO ni de 9100 EVO Plus : bientôt deux ans après sa sortie, notre 990 EVO Plus n’a aucun successeur annoncé et demeure le milieu de gamme NVMe de Samsung. Quant au SATA, il n’est pas mort chez le constructeur, contrairement à ce qu’a laissé entendre une rumeur tenace de fin 2025 que Samsung a officiellement démentie : les 870 EVO et 870 QVO sont toujours produits, le premier ayant même reçu une déclinaison 8 To au mois de mars.

Deux composants et c’est tout

Sorti de sa boîte, le 990 EVO Plus est d’une banalité rassurante. C’est un M.2 2280, le format universel, avec ses composants uniquement sur une face : les M.2 double face ne rentrent pas dans certains PC portables ni sous certains dissipateurs de carte mère un peu bas, ici aucun risque puisqu’on mesure 2,38 mm d’épaisseur pour 9 g sur la balance. Ce qui frappe surtout, c’est le dépeuplement du PCB. On ne trouve que deux composants : le contrôleur et un unique package de NAND qui contient à lui seul les 2 To, le grand espace vide juste à côté, avec ses pastilles BGA apparentes, étant réservé au second package de la version 4 To. Pas de puce de DRAM non plus, on va y revenir. Le contrôleur, justement, est un Samsung maison baptisé Piccolo. La marque ne communique jamais sur ces noms de code, elle se contente d’écrire « Samsung in-house Controller » dans sa fiche technique, mais l’analyse indépendante du silicium l’a identifié depuis longtemps. C’est une puce gravée en 5 nm qui ne dispose que de quatre canaux pour communiquer avec la mémoire flash, contre huit sur le contrôleur Pascal des 990 Pro. Sur le papier c’est une infériorité, dans les faits la NAND moderne est tellement rapide que quatre canaux suffisent largement à saturer une interface PCIe 4.0. La gravure fine, elle, sert avant tout à la consommation, et c’est là que Piccolo brille : Samsung revendique 73 % de Mo/s par watt en plus par rapport à la génération précédente, en partie grâce à un revêtement de nickel sur le boîtier du contrôleur qui améliore la dissipation. Notez enfin qu’aucun dissipateur n’est fourni, ce qui est logique sur ce segment puisque toutes les cartes mères modernes en proposent un ; si vous visez une PlayStation 5, en revanche, il faudra en acheter un séparément, la console l’exige.

PCIe 5.0 x2, l’idée bizarre qui a du sens

Le 990 EVO Plus a une carte d’identité déroutante : il est annoncé « PCIe 4.0 x4 / 5.0 x2 ». Comprenez qu’il peut fonctionner soit sur quatre lignes PCI-Express 4.0, soit sur seulement deux lignes PCI-Express 5.0, et qu’il choisit tout seul en fonction de la carte mère. Pourquoi diable ? Parce que les deux configurations offrent exactement la même bande passante. Une ligne PCIe 4.0 transporte 16 GT/s, soit environ 1,97 Go/s une fois l’encodage déduit, quatre lignes donnent donc à peu près 7,9 Go/s. Une ligne PCIe 5.0 double la mise à 32 GT/s, soit 3,94 Go/s, et deux lignes aboutissent au même total. Le SSD, qui plafonne de toute façon vers 7,3 Go/s, ne perd donc rien, mais il libère deux lignes PCIe pour le reste du système, ce qui est précieux sur les plateformes mobiles où le CPU n’en distribue pas des masses. C’est typiquement le genre de compromis pensé pour les ultrabooks, et c’est aussi pour ça qu’on trouve ce SSD monté d’origine dans pas mal de portables premium. Le nouveau Samsung 990 « tout court », sorti cet été, abandonne d’ailleurs cette souplesse et se contente du PCIe 4.0 x4.

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