Test

19/09/2026

Numéro 16

Pâte thermique

Asus ROG RG-07

Faites vos pâtes !

Asus ne fait pas que des cartes mères et des ventirads : sa gamme ROG compte aussi une pâte thermique, la RG-07, vendue avec pochoirs et spatule pour une application sans stress. Joli kit, mais que vaut la pâte elle-même face aux références du marché ?

Par : Thomas Olivaux
Prix officiel (kit) :
29 €

Fiche technique

Contenance : 3 g

Couleur : gris

Composition : oxyde d'aluminium et oxyde de zinc, base silicone

Densité : 2,6 g/cm³

Viscosité : 400 Pa·s

Conductivité thermique : 2,5 W/m·K (annoncée par les revendeurs)

Température d'utilisation : -40 à 150 °C

Contenu du kit : seringue, spatule, 4 pochoirs (2 AMD, 2 Intel), 2 lingettes

Garantie : 2 ans

Réservé aux abonnés

Si Asus propose depuis longtemps ses propres watercoolings AiO et quelques ventirads sous la bannière ROG, on ignore que le constructeur taïwanais commercialise aussi moult accessoires, dont des tubes de pâte thermique. La ROG RG-07 est vendue en deux versions : la seringue de 3 g seule, et un kit plus complet avec pochoirs, spatule et lingettes. C’est ce dernier que nous avons entre les mains. Une pâte thermique reste un accessoire, alors on va faire court, mais il y a quand même deux ou trois choses intéressantes à en dire.

Un kit clé en main

Le kit se présente dans une petite boîte noire au graphisme très ROG, avec ses motifs en pointillés et en lignes brisées. On y trouve une seringue de 3 g de pâte grise, qui arbore elle aussi la devise « For those who dare », une spatule plate en plastique noir façon carbone, deux lingettes nettoyantes emballées individuellement et quatre pochoirs en plastique semi-rigide. Ces derniers vont par paire, deux pour AMD et deux pour Intel, avec deux motifs au choix : l’un est ajouré en forme d’œil ROG entouré de petites fentes, l’autre reprend l’œil ROG dans un cercle façon viseur.

La RG-07 en kit s’accompagne de pochoirs. Inutile, donc indispensable.

Le principe est simple : on pose le pochoir sur l’IHS du processeur, on étale la pâte à travers avec la spatule, et on obtient une couche fine et homogène qui dessine le logo ROG au passage. Côté compatibilité, Asus annonce les sockets Intel LGA 115x, 1200 et 1700 et AMD AM4 et AM5. Rien n’est prévu officiellement pour le LGA 1851, mais les Core Ultra 200S ont exactement le même format d’IHS que les Core de 12e à 14e génération, donc le pochoir Intel convient parfaitement.

Précisons que l’étalement au pochoir n’est pas la méthode la plus performante : le bon vieux petit pois au centre de l’IHS, écrasé par le ventirad, donne des résultats équivalents et consomme moins de pâte. En revanche, le pochoir a le mérite d’être propre, reproductible et rassurant pour un débutant qui a peur d’en mettre trop ou pas assez.

Et avouons-le, un logo ROG en pâte thermique sur son processeur, c’est un peu gadget, mais ça a son petit effet au moment de prendre la photo pour les réseaux sociaux ! Avec 3 g, on peut compter sur une dizaine d’applications environ sur un processeur de bureau.

Que vaut la pâte elle-même ?

Asus reste très discret sur la composition. La fiche officielle se contente d’une densité de 2,6 g/cm³ et d’une viscosité de 400 Pa·s, et certains revendeurs annoncent une conductivité de 2,5 W/m·K, une valeur modeste sur le papier. Pour en savoir plus, il faut se tourner vers le test très poussé d’Igor’s Lab.

Il a mesuré une conductivité réelle d’environ 3,8 W/m·K et identifié une charge d’oxyde d’aluminium et d’oxyde de zinc en fines particules dans une base silicone. En pratique, la pâte s’étale bien, accroche fermement l’IHS et n’est pas conductrice électriquement, donc aucun risque si elle déborde sur les composants autour du socket.

On dépose le pochoir sur le CPU…

Pour la situer, nous l’avons comparée à trois pâtes que tout le monde connaît. Il y a d’abord l’Arctic MX-4, une référence absolue depuis des années, que nous utilisons toujours à la rédaction pour le tout-venant. Il y a ensuite sa descendante, l’Arctic MX-6, qui a elle aussi beaucoup d’adeptes. Et enfin la Thermal Grizzly Kryonaut, chouchou des overclockeurs.

Pour mieux faire ressortir les écarts, nous avons utilisé la plateforme la plus chaude de notre labo, celle qui nous sert à tester les boîtiers. Il s’agit d’un Core i7-14700K sur une Asus ROG Maximus Z690 Extreme, refroidi par un be quiet! Dark Rock 5 et accompagné d’une Zotac GeForce RTX 4080 Super Trinity Black. Pour ne pas buter sur les 100 °C de température maximale de ce processeur, qui fausseraient la comparaison, nous l’avons bridé à 200 W via le BIOS.

…pour obtenir un logo plus ou moins réussi qui sera caché sous votre système de refroidissement.

Des écarts minimes

Sans surprise, les écarts restent minimes, même sur cette plateforme exigeante : deux petits degrés au plus séparent ces quatre pâtes, à peine plus que la marge d’erreur d’un remontage. La RG-07 fait jeu égal avec la bonne vieille MX-4, et c’est bien là que le bât blesse. La MX-4 se trouve autour de 10 € les 8 g, et même autour de 15 € les 20 g, soit moins de 0,80 € le gramme. Le kit RG-07 revient à près de 10 € le gramme ! On paie donc surtout les pochoirs, la spatule et le logo.

Autre bémol, plus technique : la longévité. Dans son test de dilatation, Igor’s Lab a vu la RG-07 gonfler d’environ 220 % entre la température ambiante et la température maximale d’un PC, un des pires résultats qu’il ait mesurés. La faute à une huile silicone un peu plus fluide que la moyenne, et à une charge minérale qui pèse moins de 43 % de la masse.

Les particules flottent dans beaucoup d’huile, et comme le ventirad est vissé et ne peut pas bouger, la pâte n’a d’autre choix que de fuir par les côtés à chaque cycle de chauffe. C’est ce qu’on appelle le « pump-out » : au fil des mois, la couche s’appauvrit au centre et les températures remontent.

Sur un processeur desktop, protégé par son IHS et qu’on remonte de temps en temps, c’est un moindre mal. Nous la déconseillons en revanche sur un GPU ou dans un PC portable, où la puce nue et les fortes variations de température accélèrent le phénomène. Asus recommande d’ailleurs de l’utiliser dans les deux ans suivant l’achat, quand Arctic revendique jusqu’à huit ans pour sa MX-4.

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