Dans notre gros dossier Montez votre serveur Home Assistant du numéro 14, nous vous avons accompagné du choix de la machine jusqu’aux premières automatisations, en passant par l’installation de Zigbee2MQTT. Il était temps de passer à la vitesse supérieure sur le sujet qui concerne le plus de monde : l’éclairage. Et il se trouve que l’écriture de ce dossier nous a tellement remotivés qu’à la rédaction, nous avons profité de l’été pour refaire entièrement notre propre installation. Au programme, un pas que nous n’avions jamais osé franchir en plus de dix ans de domotique : abandonner le pont Philips HUE. Jusqu’ici, toutes nos ampoules restaient appairées sur le pont officiel, Jeedom puis Home Assistant se contentant de le piloter via une intégration. La raison était simple, pour ne pas dire irrationnelle : la peur panique de se retrouver dans le noir le jour où la box domotique planterait. Cet été, près de 50 appareils HUE (ampoules, rubans LED, interrupteurs, télécommandes et détecteurs) ont donc migré vers notre antenne Home Assistant Connect ZBT-2, dont vous avez pu lire le test dans UH #15, et vers Zigbee2MQTT. Le résultat dépasse nos espérances, et nous allons vous expliquer comment reproduire tout ça chez vous, de l’appairage des ampoules jusqu’aux interrupteurs sans pile, en passant par les télécommandes, les détecteurs de mouvement, la commande vocale et la solution de secours qui nous a enfin permis de dormir tranquille. Tout ce qui suit a été réalisé sous Home Assistant 2026.8, puis vérifié sous 2026.9, avec Zigbee2MQTT 2.14 au moment de rédiger cet article. Et comme nous le rappelions dans notre test de la Green dans ce même numéro, cela fonctionne à l’identique quelle que soit la machine qui fait tourner Home Assistant. Nous nous appuyons sur notre matériel, mais le principe reste valable pour n’importe quelle marque : à vous d’adapter selon ce que vous avez sous la main.

Pourquoi se passer du pont HUE ?
Le pont Philips HUE est un excellent produit, c’est un exemple de stabilité. Et l’intégration officielle HUE pour Home Assistant fonctionne très bien. Si vous n’avez que quelques ampoules et que vous êtes satisfait, rien ne vous oblige à le quitter. Mais en le gardant, vous vous privez de deux choses. La première, c’est la liberté : sur le pont, seuls les produits HUE et quelques compatibles officiels sont vraiment à l’aise, alors qu’une ampoule HUE appairée dans Zigbee2MQTT se mélange sans broncher avec un ruban Innr, un interrupteur Niko, une télécommande IKEA ou un détecteur Aqara. La seconde, c’est le maillage, et c’est peut-être l’argument le plus important. En tout cas c’est celui qui nous a fait changer de stratégie après plus de 10 ans de domotique. Une ampoule branchée sur le secteur est un routeur Zigbee : elle relaie les messages des modules voisins. En laissant nos dizaines d’ampoules sur le réseau isolé du pont, nous avions en réalité construit deux réseaux maillés parallèles, et le réseau principal de Home Assistant, celui des capteurs et des radiateurs, ne profitait pas d’un seul de ces relais. Depuis la migration, notre réseau Zigbee compte 41 routeurs pour 37 modules terminaux, et 7 interrupteurs Green Power dont nous reparlerons. Autant dire que la portée n’est plus un sujet.
Dix ans de galères de maillage : l’exemple de la rédac
Notre histoire illustre parfaitement l’intérêt du maillage. À nos débuts, sous Jeedom, la maison de votre serviteur faisait cohabiter deux réseaux : du Z-Wave pour les micromodules des radiateurs, et du Zigbee qui ne comptait pratiquement que des modules terminaux, des sondes de température et des détecteurs d’ouverture Aqara. Résultat : des déconnexions à répétition, que nous avons longtemps mises sur le dos de la qualité des produits Aqara. À tort. Le problème n’était pas le capteur, mais la portée : sans routeurs pour relayer le signal, nos petits modules sur pile criaient dans le vide. Une prise murale Niko connectée, puis un micromodule caché dans un mur derrière un interrupteur inutilisé, installé uniquement pour servir de relais, ont amélioré les choses sans les régler totalement. La révolution est arrivée fin 2024, lors du passage à Home Assistant : nous en avons profité pour abandonner le Z-Wave et équiper nos sept radiateurs de micromodules Sonoff ZBMini, comme nous le racontions dans le dossier d’UH #14. Sept routeurs de plus d’un coup, et plus jamais la moindre déconnexion, sauf quand une pile rend l’âme. Restait un problème : notre bureau, installé dans une grange séparée aux murs de pierre épais, restait inaccessible au Zigbee, là où le Z-Wave passait grâce à sa fréquence plus basse (868 MHz au lieu de 2,4 GHz). D’où ce Raspberry Pi équipé d’une seconde instance de Zigbee2MQTT que nous vous présentions dans le dossier. Pourtant, les ampoules HUE du bureau répondaient bien au pont, installé dans la maison. C’était limite, mais ça passait. La réponse était sous nos yeux depuis le début : une fois les ampoules HUE intégrées au réseau principal, le signal traverse enfin la pierre. Le Raspberry Pi a pris sa retraite, et nous avons même pu ajouter un détecteur de mouvement dans le bureau pour automatiser l’éclairage, un micromodule Sonoff sur la façade de la grange pour piloter la filtration de la piscine des enfants, et une sonde de température étanche qui flotte dans le bassin à plus de 10 mètres de là.
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