
À l’instar d’Asus avec ROG, Gigabyte commercialise des cartes orientées gaming sous sa marque Aorus. Enfin quand on dit orienté gaming, ce n’est rien d’autre qu’un positionnement marketing car ces cartes n’offrent rien de plus pour le joueur que n’importe quelle autre. Mais ce qui compte c’est ce que les Aorus sont généralement de bonnes cartes mères et qu’elles n’ont pas totalement jeté aux orties la notion de rapport qualité/prix. C’est d’ailleurs le cas de celle-ci qu’on trouve autour de 320 € et qui est déclinée soit en noir, comme la carte de notre essai, soit en blanc sous le nom X870 Aorus Elite Wifi7. En plus de l’essai et des mesures de performances, on va tâcher de savoir ce qui la distingue de la Gigabyte X870 Gaming X Wifi7 qui est une des cartes de nouvelle génération les plus abordables à 290 €. Ainsi que l’Aorus X870E Elite Wifi7 qui propose le chipset le plus haut de gamme pour 30 à 40 € de plus seulement.
Des économies bien placées
Construite sur un PCB noir mat avec quelques inscriptions grises, la X870 Aorus Elite Wifi7 dispose d’un layout sans défaut et donne une sérieuse impression de qualité. Cela étant dit, depuis combien d’années n’est-ce plus le cas ? Il n’existe plus de carte mère mal conçue, mais par contre quelques modèles basiques sont vraiment un peu justes au niveau de leurs caractéristiques techniques. Ce n’est bien sûr pas le cas de la X870 Aorus Elite Wifi7 qui, même si elle est parmi les plus abordables des cartes AM5 de dernière génération, est une carte déjà haut de gamme.

En atteste son chipset. Mais si elle coûte moins cher, c’est par exemple en raison d’un étage d’alimentation du processeur un peu moins développé que sur les cartes vraiment haut de gamme comme l’Asus ROG Strix X870E-E Gaming Wifi. Ici, au lieu de 18 phases capables de débiter 110 A chacune on se contente de 16 phases (8 + 8 en parallèle) qui peuvent délivrer jusqu’à 60 A. Dit comme ça on pourrait croire que c’est franchement moins bien, mais en pratique c’est un choix cohérent pour faire des économies et qui ne changera rien pour 99 % des utilisateurs. Le VRM de l’Aorus est plus que suffisant pour alimenter un tout puissant Ryzen 9 9950X en charge à 100 % durant des heures.

Et nous avons d’ailleurs pu l’overclocker à 5,2 GHz avec 1,3 V, comme sur l’Asus TUF Gaming X870-Plus Wifi concurrente. Alors qu’est-ce que ça change d’avoir un plus gros VRM comme sur la Strix ? Et bien rien. Du moins, presque rien. Seul les overclockers extrêmes, il en reste quelques-uns, pourront noter une différence. Et si vraiment vous envisagez d’utiliser votre PC avec le CPU à 100 % durant des jours et des nuits, par exemple dans une workstation, c’est toujours un petit plus d’avoir des composants moins sollicités. Durant nos tests on remarque que la température reste tout à fait maîtrisée avec ce processeur puisqu’on ne relève qu’au maximum 62 °C, seulement 2°C de plus que sur la TUF Gaming et ses 16 phases de 80 A.

M.2 100 % sans outil
Cette carte mère offre trois ports d’extension PCIe. Le classique x16 en PCIe 5.0 relié au processeur, pour recevoir la carte graphique, ainsi que deux autres ports x16 branchés en réalité en PCIe 4.0 x4 pour l’un et seulement en PCIe 3.0 x2 pour l’autre. Autrement dit, il faudra réserver ce dernier a des cartes filles qui ne requirent pas une forte bande passante ; sachant que deux lignes PCIe 3.0 offrent quand même près de 2 Go/s, c’est idéal par exemple pour une carte réseau 10 GbE. On compte un total de quatre ports M.2 pour installer des SSD sur la X870 Aorus Elite Wifi7. Trois sont branchés sur le CPU et bénéficient de lignes ultra-rapides en PCIe 5.0, le quatrième est relié au chipset en PCIe 4.0 x4. Notons que si le site Web de Gigabyte précise que le port M.2 du chipset partage sa bande passante avec le port PCIe 4.0 x16 branché en x4 (ce port d’extension est désactivé dès qu’un SSD est installé sur M2D_SB), il omet d’expliquer que la bande passante des ports M2B_CPU et M2C_CPU est partagée avec le port PCIe 5.0 x16 ! Ça signifie qu’en installant un SSD dans un de ces deux ports (ou dans les deux à la fois), la carte graphique ne sera plus reliée au processeur qu’en x8 ; les performances du GPU ne sont pas limitées en x8 avec les cartes graphiques actuelles mais on ne peut pas en être certain pour celles des prochaines générations, encore que si elles passent en PCIe 5.0 elles bénéficieront d’autant de bande passante en x8 qu’une carte actuelle en PCIe 4.0 x16. Tout le monde suit ? En résumé, c’est un point technique à considérer, mais ça ne devrait gêner personne, d’autant qu’en installant simplement un SSD dans le premier port (M2A_CPU) il dispose de ses quatre lignes rien qu’à lui. On apprécie que sur cette carte Gigabyte soit allé au bout des choses en proposant l’installation des SSD M.2 sans la moindre vis. Tant les SSD eux-mêmes dans leurs ports que les radiateurs qui les maintiennent au frais. Il y a un petit radiateur en haut pour le premier port et une grande plaque unique pour les trois situés sous le slot PCIe 5.0 x16. Le port de la carte graphique dispose d’un bouton pour faciliter l’éjection de cette dernière sachant que les radiateurs qui entourent le slot masquent le levier en bout de port.

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