Tandis que nous testions un Ellipse Pro âgé et pas si convaincant dans notre numéro 5, Eaton vient de sortir une toute nouvelle gamme d’onduleurs baptisée 3P Ellipse. Celle-ci ne remplace pas les Ellipse Pro qui, qui sont des modèles plus haut de gamme, mais les Ellipse Eco. Pourtant les nouveaux venus sont à peu près aussi chers que les Ellipse Pro, alors méritent-ils qu’on s’y intéresse ?
Cinq puissances, deux types de prises

La série 3P Ellipse est déclinée en de multiples variantes. On distingue tout d’abord cinq niveaux de puissance. Existent les 3P Ellipse 550 VA (330 W), 700 VA (420 W), 900 VA (540 W), 1300 VA (840 W) et 1700 VA (1040 W). On note qu’ils sont 10 à 12 % plus puissants que les modèles remplacés. Le 550 VA n’a pas de ports de charge USB en façade, contrairement aux 900 VA, 1300 VA et 1700 VA. Le 700 VA existe en deux versions, une basique et une USB. Et enfin, tous ces onduleurs sont déclinés en trois variantes, une avec des prises IEC (type PC), une avec des prises Type F (DIN européenne) et une avec des prises Type E (françaises). Si on fait le compte, ça ne fait pas moins de 18 références distinctes en tout ! Nous essayons aujourd’hui le 1700 USB en prises françaises.

Les modèles 550, 700, 700 USB et 900 USB ont un boîtier plus petit (23,5 x 26,3 x 8,1 cm) et seulement quatre prises (dont trois alimentées par batterie) tandis que les 1300 USB et 1700 USB sont un peu plus imposants (31,2 x 30,5 x 8,1 cm) mais ils offrent en contrepartie huit prises (dont quatre alimentées par batterie). Précisons enfin que les deux modèles sans USB n’ont pas non plus le port USB de communication avec le PC. Au niveau des prix, il faut compter respectivement 130 €/150 €/160 €/210 €/280 €/395 € pour les modèles 550/700/700USB/900 USB/1300 USB/1700 USB. Et comme souvent pour ce type de produit, il faut bien comparer car il y a d’importants écarts de prix d’un revendeur à l’autre. Surtout pour les deux plus grosses puissances ; on trouve par exemple le 1300 USB de 276,99 € à plus de 400 € !
Ignoré par Windows ?

Nous avons branché le beau bébé de 7,8 kg (c’est, logiquement, le plus lourd ; le 550 avec une seule batterie ne pèse que 3 kg) au secteur et laissé le bloc batterie en charge 24h comme le préconise le constructeur avant de débuter les essais. Nous avons branché dessus deux PC et deux écrans. D’un côté la machine assemblée dans UH #6 dans le Phanteks Evolve X², à savoir une puissante configuration en Core Ultra 9 285K avec une GeForce RTX 5080 accompagnée d’un écran 40″ Iiyama X4071 UHSU. De l’autre une plateforme de test en Core Ultra 5 245K sans GPU et l’écran 27″ Gigabyte MO27Q2 en test dans ce numéro. Ces quatre appareils sont reliés aux quatre prises qui offrent à la fois la protection contre les surtensions et l’alimentation de secours, celles qui se trouvent à l’arrière de l’onduleur. Il reste quatre prises sur le dessus, offrant aussi une protection contre les surtensions mais pas d’alimentation par batterie, pour brancher d’autres appareils moins importants tels qu’un écran secondaire ou une imprimante. À l’arrière de l’onduleur, on trouve aussi une prise USB-B pour le relier à un PC. On a été surpris de constater qu’il n’était pas reconnu par Windows 11 24H2 nativement, c’est-à-dire qu’il n’y a pas le logo de batterie et l’estimation de charge dans la barre d’état, à côté de l’horloge. Toutefois l’onduleur communique bel et bien car il est reconnu par le logiciel Eaton UPS Companion qui permet de connaître en temps réel la consommation, l’état de charge de la batterie et d’ajuster les réglages bien plus facilement qu’avec le seul bouton présent en façade. Outre l’ajustement de la sensibilité de bascule sur batterie (plage de tension), on peut notamment activer le mode silencieux (un simple bip au moment de passer sur batterie plutôt qu’une série de bips régulière et pénible).
Offline et ça suffit

Le 3P Ellipse est un onduleur de type offline, c’est-à-dire la topologie la plus simple qui soit. Le courant est délivré directement du secteur aux appareils sans régulation, sauf en cas d’un certain seuil de tension (sous ou surtension, la plage par défaut étant entre 184 et 264 V, réglable entre 160 et 284 V) en deçà ou au-delà duquel l’appareil bascule sur batterie. Ou en cas de coupure, bien entendu. Ça s’oppose aux onduleurs line interactive, comme les Ellipse Pro, qui ont un filtrage et une régulation du courant un peu plus poussée ainsi qu’aux onduleurs online qui alimentent en permanence les appareils protégés par la batterie. Ces derniers n’ont d’intérêt que pour les usages les plus critiques, les serveurs qui se doivent d’être accessibles 24h/24, car ils usent leurs batteries bien plus vite et consomment plus d’énergie. Faut-il s’inquiéter du fait que le 3P Ellipse soit seulement de type offline ? À l’échelle de nos PC, pas vraiment. Il est vrai que les onduleurs line interactive ont tendance à basculer sur batterie un peu plus vite en cas de besoin, 2 à 6 ms contre 4 à 10 ms pour les onduleurs offline, mais d’après nos expériences le risque de plantage est minime. Peu importe le scénario (au repos ou en plein jeu), nous n’avons pas fait planter une seule fois nos PC de test en débranchant le 3P Ellipse 1700 de la prise murale pour simuler des coupures. D’ailleurs, la norme ATX impose aux alimentations de PC de tenir des microcoupures de 16 ms. Le facteur de puissance de ce modèle est assez mauvais (0,6), ce qui explique que 1700 VA de puissance apparente ne donne que 1040 W de puissance active, mais c’est le lot de tous les onduleurs de type offline.
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