À chaque fois qu’on essaie un PC portable d’Asus, c’est pareil, on se perd parmi la quantité incroyable de marques et gammes du géant taiwanais. La version 2026 du Vivobook S14, baptisée M3407 et sortie fin 2025, représente plus ou moins l’entrée de gamme du constructeur, et pourtant quelle machine ! C’est un PC de 14″ basé sur les puces AMD Kraken Point dont nous testons une version intermédiaire (M3407KA) affublée d’un Ryzen AI 7 350, de 16 Go de RAM et avec 512 Go de SSD. S’il a été annoncé officiellement à 1 099 €, on l’a très immédiatement trouvé sous la barre symbolique des 1 000 € et il est même actuellement dénichable à 850 € seulement. Pour un PC dernier cri et armé d’un écran OLED, ça sonne bien.

Savant mélange d’aluminium et de plastique
Si vous êtes un tant soit peu connaisseur des gammes d’Asus, vous savez que les Vivobook sont de véritables couteaux suisses performants et accessibles tandis que les Zenbook sont des portables premiums avec un châssis particulièrement travaillé et les meilleurs équipements, ils viennent concurrencer les Dell XPS et autres Apple MacBook. Mais même au sein de la famille Vivobook on trouve de très multiples gammes ! Les meilleures étant les Vivobook S et Vivobook Pro. Et là encore, il existe des variantes. Par exemple, les Vivobook S série 3 000, comme notre M3407, marient plastique et aluminium pour leur châssis, contrairement à ceux de série 5 000 qui sont 100 % alu. Bref. Concentrons-nous sur notre exemplaire de test. Le M3407 est un PC assez compact sans être hyper fin (entre 1,6 et 1,9 cm) qui a fière allure.

Les deux capots extérieurs (le dos de l’écran et sous la machine) sont en aluminium, ce qui donne immédiatement une sensation de qualité comparé aux PC premier prix et leur plastique tout dur. La partie qui entoure le clavier et reçoit le touchpad est en plastique, mais là aussi le finish est très réussi, tant à l’œil qu’au toucher. En fait, s’il n’y avait pas cette différence de température entre les deux matières, on aurait presque pu croire à de l’alu là aussi. Ce PC pèse 1,4 kg, ce qui est tout à fait standard pour un 14″ de nos jours, quoi qu’on en trouve aussi des plus légers. Il est tout ce qu’il y a de plus standard, pas le meilleur, mais loin d’être le plus mauvais, c’est un ultrabook tel que vous pouvez l’imaginer.
OLED, mais sans chichi

Fidèle à ses habitudes, Asus équipe ce Vivobook S14 d’un écran OLED. Et là, à moins de 1 000 €, ça le fait. Pour autant, tous les écrans OLED ne se valent pas. Si on bénéficie bel et bien des avantages en termes de contraste et de profondeurs des noirs inhérents à cette technologie, il ne faut pas trop en attendre non plus. Contrairement au Zenbook S 14 (UX5406) que nous testions début 2025, plutôt qu’un affichage en 2 880 x 1 800 à 120 Hz, on se contente là d’un plus modeste 1 920 x 1 200 à 60 Hz. Il faut bien faire des économies quelque part. Et plutôt qu’une dalle HDR capable d’atteindre 500 ou 600 cd/m², il faudra se satisfaire d’une SDR qui plafonne à 300 cd/m². Voilà qui profitera à l’autonomie, probablement.

Pourquoi ces incertitudes ? Car, merci les transporteurs, notre Vivobook S14 est arrivé avec son écran cassé ! Mais même sans test, on n’a pas de mal à imaginer qu’il soit très difficile d’utiliser ce PC en extérieur en plein jour, en raison de cette luminosité limite (mesurée à 299 cd/m² par nos confrères de Frandroid) et du revêtement brillant. Pour autant, nous ne sommes pas du genre à ne pas mener nos tests jusqu’au bout : Asus nous a expédié un second exemplaire, mais il arrive juste après le bouclage de ce 13e numéro d’Uber Hardware. Nous compléterons donc notre test après sa sortie, sans manquer de vous en informer sur nos réseaux sociaux.

Des commandes agréables
Il est aussi tout à fait dans les clous en ce qui concerne son clavier et son pavé tactile. Comme souvent, les touches de la rangée de supérieure ainsi que celles du curseur sont de demie hauteur, et il faudra se faire à la touche entrée limitée à une seule ligne de haut comme sur les claviers américains (la forme fait croire au contraire, mais c’est en fait la touche * (étoile) qui forme la partie haute de cette fausse touche entrée double ligne), mais mis à part ça, il est tout à fait agréable à utiliser, plutôt ferme.

Le touchpad est relativement grand (rappelons qu’on parle d’un simple 14″) et la glisse est bonne. Comme pour le châssis, Asus a fait les bons choix, rien d’incroyable, mais pas de fausse note non plus. On remarque l’arrivée de la touche Copilot, ce qui nous permet de glisser qu’il s’agit d’ailleurs d’un PC certifié Copilot+.
Le Ryzen 7 AI 350 est un bon choix
Dans les entrailles de la bête niche un processeur Ryzen 7 AI 350 d’AMD. Cette puce, nom de code Kraken Point (la version milieu de gamme des Strix Point) ressemble très fortement au Ryzen AI 9 365 du Razer Blade 16 testé dans ce même numéro, mais avec 8 cores au lieu de 10. Plus précisément, le nombre de « gros » cœurs reste le même, soit 4, mais on passe de 4 à 6 cœurs Zen 5c, aka les « petits » cores. Autrement dit, pour les usages simples du quotidien comme s’informer, se divertir ou rédiger et faire ses comptes, ils sont aussi performants l’un que l’autre. J’en veux pour preuve les résultats obtenus dans le récent Cinebench 2026. En mono thread (le nouveau mode de ce benchmark), 472 points sur l’Asus, 470 points sur le Razer. En monocore (avec SMT donc), 637 points sur l’Asus, 648 points sur le Razer. Et logiquement, l’écart se creuse en multicore puisqu’on se contente dans le Vivobook de 3 350 points (ratio multi de 7,10x pour 8 cores) à 4 450 points (ratio multi de 9,47x pour 10 cores). Mais si nous sommes quelque peu critiques sur les performances du Ryzen AI 9 365 dans le contexte d’un PC gamer haut de gamme et ultra performant, nous accueillons à bras ouverts le Ryzen 7 350 dans ce Vivobook. Cette génération de puce d’AMD est un peu à mi-chemin entre les gammes ultra mobiles d’Intel (les Lunar Lakel comme le Core Ultra 7 256V) et ceux dédiés à la performance pure de l’inventeur du CPU (tel le Core Ultra 9 285H). C’est-à-dire qu’ils ne sont pas aussi efficients que les Lunar Lake, quoi qu’ils s’en sortent quand même très bien sur ce point, tout en offrant des performances légèrement supérieures. Sauf en jeu, étonnamment. En effet, Intel a frappé fort sur ses derniers iGPU, si bien que la Radeon 860M du Ryzen AI 350 est environ 15 % moins performante que l’Arc 140V des Core Ultra 7 256V et 258V (notamment en raison d’une RAM moins rapide). Ça veut dire quoi ? Qu’on peut s’amuser sur quelques titres légers ou anciens comme League of Legends, Valorant ou CS2 dans lequels on atteint sans mal 100 FPS. Et même des jeux AAA plutôt faciles comme Forza Horizon 5 qui atteint 81 FPS SVP. Pour Cyberpunk 2077 ou Elden Ring c’est plus dur en revanche, il faudra se satisfaire de 40 à 50 FPS en détails bas, et grâce à l’ide du FSR. Mais on n’achète pas un Vivobook pour ça, si ? Si le PC a le label Copilot+, c’est grâce au NPU intégré au SoC (CPU Zen 5 + Radeon + NPU, tout dans une seule puce) délivrant 50 TOPS de performances. Le bruit généré par cette machine est très raisonnable, inaudible la plupart du temps et pas super bruyant même en charge (43,5 dBA sous Cinebench 2026 en multi).
Un SSD plutôt véloce et un slot de RAM disponible

Les Ryzen AI fonctionnent avec de la DDR5. Plus précisément soit de la LPDDR5 soit de la LPDDR5x. Si cette dernière est plus rapide (généralement 7 500 MT/s sur les Ryzen), elle n’existe qu’en puces à souder. C’est ce qu’on trouve dans les Asus Zenbook avec ce type de processeur. Dans ce Vivobook, meilleur marché, on se contente de LPDDR5-5600. Elle a beau être plus lente et consommer un peu plus, il est difficile de faire la différence à vrai dire. Sauf en jeu, car l’iGPU puise dans la RAM pour simuler de la VRAM. Oui mais, la bonne nouvelle, c’est qu’Asus offre la possibilité de faire évoluer la capacité mémoire de son M3407 !

C’est devenu tellement rare de nos jours que ça devient un argument clé en faveur de ce modèle ! Il y a 16 Go de mémoire soudée (des puces Micron) et un slot SO-DIMM. La page du site Web indique une capacité maximale de 32 Go, ce qui sous-entend une barrette SO-DIMM de 16 Go maximum, mais il n’en est rien. Les Ryzen AI gèrent jusqu’à 256 Go ! Nous avons essayé avec la barrete de 32 Go piquée du MSI Titan 18 HX AI et, hop, le Vivobook S14 a démarré avec 48 Go. C’est vraiment bienvenu car, si 16 Go sont tout à fait adaptés pour un PC nomade aux besoins modestes en 2026, vous serez bien content de pouvoir le mettre à niveau dans 2 ou 3 ans. En outre, le SSD fourni atteint 6,7 Go/s en lecture dans CrystalDiskMark, c’est étonnamment bon pour un PC portable au prix contenu. Il n’y a pas de port M.2 secondaire.
3 ans de garantie pour tous les PC portables Asus
En octobre dernier, Asus a fait évoluer sa politique de garantie au sujet des PC portables. Tous les modèles (sauf ExpertBook) fabriqués à partir du 1er août 2025 et vendus depuis le 1er octobre bénéficient désormais d’une garantie de 3 ans au lieu de 2. C’est une première, les seules marques proposant une durée supérieure à 2 ans facturant ce service. Le constructeur en a profité pour ajouter un attribut international à sa garantie, même si c’est assez limité pour l’instant. Tous les portables de la marque vendus en France, en Allemagne et en Italie en bénéficient ; les appareils achetés dans l’un de ces trois pays sont potentiellement pris en charge dans le monde entier (potentiellement car certains pays se réservent le droit de ne pas appliquer la garantie internationale). Précisons aussi que les PC fabriqués entre le 1er janvier 2024 et le 1er août 2025, s’ils ont été achetés après le 1er octobre 2025, en bénéficient aussi, sur inscription en envoyant la preuve d’achat d’origine, le numéro de série et la plaque signalétique du PC par mail à garantie3ans@asus.com. Bravo.
Wi-Fi à la traîne
La connectique du Vivobook S14 n’est pas chiche, mais pas fameuse non plus. Le nombre de ports est bon, puisqu’on dénombre notamment deux USB-C et deux USB-A, sans oublier un HDMI plein format et une prise jack combo pour brancher un casque analogique. On apprécie que les deux USB-C soient multi modes, c’est-à-dire USB, charge Power Delivery et DP-AltMode. Pour autant, ce PC n’est pas conçu pour les hautes performances. Point d’USB 4 à 40 Gb/s comme sur le Zenbook S14, on se contente ici de ports à 10 Gb/s et, en USB-A, seulement 5 Gb/s. Mais là où le bas blesse vraiment, c’est sur l’aspect réseau. Qu’il n’y ait pas de prise Ethernet sur un PC de ce format et de ce niveau de prix, passe encore, mais une carte Wi-Fi 6 limitée aux canaux de 80 MHz (soit 1,2 Gb/s théorique) en 2026, c’est bof. Avec elle, on atteint au mieux du mieux 107 Mo/s soit (860 Mb/s), ce qui ne permet pas d’exploiter une fibre 1 Gb/s à 100 %, même à courte portée de votre point d’accès/box.

Notons que la carte Realtek fournie est remplaçable, mais n’oubliez pas que les cartes Intel Wi-Fi 7 comme la BE200 sont incompatibles avec les PC Ryzen ! Si vous voulez aller au moins cher, optez pour une Intel AX210 (Wi-Fi 6E, environ 20/25 €) ou, pour les meilleures performances, une Qualcomm NCM865 (Wi-Fi 7 complet, environ 50 €). La webcam, qui est compatible avec Windows Hello (identification biométrique), est satisfaisante. Elle bénéficie en outre des effets Windows, comme le flou d’arrière-plan automatique, grâce au NPU.
Une super (supposée) autonomie !

Le Vivobook S14 M3407 est livré avec le très classique chargeur USB-C 65 W d’Asus. Dans l’appareil, on trouve une batterie de 70 Wh mais, comme vous pouvez vous en douter, nous n’avons pas pu mener nos tests d’autonomie sachant que l’écran de notre exemplaire de tests est cassé ! D’après le test de Frandroid, en usage vidéo et avec la luminosité baissée à 50 %, ce PC tient entre 17 et 18 heures, un score incroyable pour un PC à base d’AMD qui ressemble plutôt à ce que nous avons l’habitude de croiser sur les machines Lunar Lake.

Chez Les Numériques, c’est un peu moins bon, avec un peu plus de 13 h relevé sous Netflix dans Chrome avec l’écran réglé à 200 cd/m². Quoi qu’il en soit, ce PC est plutôt endurant et n’aura strictement aucun mal à tenir la journée entière, voire deux jours, loin du secteur. Nous publierons bien sût nos propres mesures dans la mise à jour à venir de ce test, dès que nous aurons reçu notre deuxième exemplaire du M3407.

CONCLUSION
Rédiger la conclusion de cet essai n’est pas une mince affaire. À priori, le Vivobook S14 M3407 est ce qu’on appelle un « no brainer », c’est-à-dire une si bonne affaire qu’on n’a pas besoin de réfléchir bien longtemps. Mais, sans même évoquer le fait que l’on conclue avec un test incomplet (sans mesures d’écran et d’autonomie), on a surtout envie de vous dire d’être très attentifs sur les prix. À 1 099 €, son prix officiel, il n’est pas si intéressant que ça. En revanche, on le trouve fréquemment entre 800 et 900 € et là c’est beaucoup mieux ! Par exemple, Boulanger l’affiche 849 € quand nous rédigeons ces lignes. Mais même là on hésite. Et pas qu’un peu ! En effet, sorti un peu plus tôt, le Zenbook 14 UM3406 dans des configurations similaires est trouvable à des prix très agressifs. En l’occurrence, une version KA avec le même Ryzen 7 AI 350, 16 Go de RAM et 512 Go de SSD, est vendu et expédié par Amazon à 829 € pour le moment ! Lequel prendre ? Le Vivobook a pour lui l’énorme argument du slot SO-DIMM. Pour le reste, le Zenbook est plus séduisant : châssis encore mieux fini, USB 4 40 GB/s, Wi-Fi 6E. Et même une mémoire un peu plus rapide (LPDDR5X-7500). Par contre, ne vous emballez pas sur l’écran. S’il existe des Zenbook 14 en 3K 120 Hz, celui-ci est un Full HD+ 60 Hz. Il partage probablement le même écran que notre Vivobook, donc. Par contre, nous avons beau observer la concurrence, autant il y a quelques Dell, HP et Acer intéressants en entrée de gamme (vers 550/700 €) avec des CPU plus modestes, autant à ce niveau de performances et d’autonomie, Asus est seul devant.
NOTES
Rapport Q/P
Écran OLED
Deux USB-C autorisant l’affichage et la charge
Carte Wi-Fi 6 limitée à 1,2 Gb/s
Pas d’USB à plus de 10 Gb/s


