Apparus fin 2008 et après 14 générations successives, parfois géniales et parfois non, les Core i disparaissent du catalogue d’Intel. Intel vient de lancer ses nouveaux processeurs pour PC de bureau, les Core Ultra ! Derrière ce renommage, qui ne change finalement pas grand-chose puisque la segmentation classique 3/5/7/9 est conservée, se cache donc la nouvelle architecture d’Intel qui bouleverse pas mal les choses techniquement parlant. En tout cas bien plus que les 13e et 14e gen qui n’étaient qu’une petite amélioration de la super 12e gen ayant introduit la notion de cores P (performants) et E (efficients). Les premiers SKU disponibles sont, comme à l’accoutumée, les plus puissants et débridés. Et les plus chers. On accueille ainsi le Core Ultra 5 245K, le Core Ultra 7 265K et le Core Ultra 9 285K qui remplacent les actuels Core i5-14600K, Core i7-14700K et Core i9-14900K au catalogue du fondeur… qui ne font plus grand-chose d’ailleurs, on va y revenir. Et ils se placent en concurrence directe des Ryzen 9000, plus précisément des Ryzen 5 9600X, Ryzen 7 9700X et Ryzen 9 9950X si l’on tient compte du nombre de cores et des prix de vente. Tâchons de découvrir ce qu’apporte la nouvelle architecture Arrow Lake et sa conception en tuiles, une façon de faire déjà proposée sur les processeurs mobiles Meteor Lake depuis pas loin d’un an et qui rappelle bien sur la conception en chiplet des Ryzen d’AMD. Sans oublier la plateforme LGA 1851 qui l’accompagne et qui rend bien plus cher l’investissement qu’une simple upgrade de CPU.

Les tuiles d’Arrow Lake
À chaque sortie CPU se pose la même question, y a-t-il une vraie rupture technologique ou ne s’agit-il que d’une simple évolution de l’existant ? Pour une fois, on pourrait bien dire qu’Intel propose une sorte d’entre deux. Vous allez découvrir, en étudiant l’architecture Arrow Lake, qu’il y a de grosses nouveautés qui viennent potentiellement tout changer et poser les bases du futur, tout en reprenant des concepts déjà bien établis comme le multicore composé de P-cores et de E-cores comme ces trois dernières années. La principale innovation des Core Ultra est la nouvelle conception en tuile d’Intel. Contrairement à AMD qui a choisi la modularité des chiplets pour ses processeurs Ryzen depuis 2017, les CPU d’Intel sont longtemps restés fidèles au die unique. Ce jusqu’à fin 2023 et la sortie des puces Meteor Lake pour PC portables. Moins d’un an après Intel vient de sortir sa deuxième génération de processeurs à base de tuiles, les Core Ultra 200V pour PC portables qu’on vous proposera en test dans le numéro 3 d’Uber Hardware et les Core Ultra 200S pour PC de bureau qui font l’objet de ce dossier.
Les CPU monolithiques disparaissent
Chiplets, tuiles, dans les deux cas le principe est le même : abandonner le principe du die monolithique pour simplifier la production et réduire les coûts. Comme vous le savez sans doute, les fabricants de processeurs cherchent à utiliser les meilleurs process de fabrication et en particulier les gravures les plus fines pour loger toujours plus de transistors et ainsi améliorer les capacités et les performances sans que les coûts explosent. En effet, plus on produit de dies par wafer (galette de silicium), moins ils reviennent chers à l’unité. Sauf qu’il faut aussi prendre en compte le rendement d’un procédé de gravure. Or quand il est encore jeune et mal maîtrisé, les fondeurs se retrouvent à produire des wafers avec beaucoup de déchet (c’est-à-dire de die non fonctionnels) ce qui provoque l’effet inverse, une augmentation des coûts ! Et ce sans prendre en compte le fait qu’il peut être plus intéressant financièrement parlant d’acheter des dies à un autre fondeur, et c’est d’ailleurs ce que fait Intel qui ne produit plus ses processeurs à 100 % puisqu’une bonne part est fournie par le leader mondial taiwanais TSMC. De plus, il y a aussi une rationalisation des coûts en permettant par exemple de fabriquer des dies plus ou moins complexes selon le niveau de gamme du processeur tout en disposant d’un même die pour les entrées/sorties. Pour l’anecdote, le célèbre ingénieur d’Intel Gordon Moore annonçait déjà en 1965 qu’il pourrait s’avérer plus rentable de construire des systèmes complexes à partir de plusieurs petites fonctions agrégées et interconnectées.

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