Tel un rouleau compresseur, Nvidia déroule. Tous les deux ans, 27 mois dans le cas présent, le leader du processeur graphique introduit une nouvelle génération qui fait toujours frémir le monde du hardware, tant le rythme cardiaque du gamer qui s’accélère que celui de son banquier qui s’arrête d’un coup. Les verts ont annoncé quatre nouvelles puces au CES de Las Vegas en janvier, les RTX 5090, RTX 5080, RTX 5070 Ti et RTX 5070, basées sur la nouvelle architecture Blackwell. Comme toujours, ce sont les modèles les plus puissants qui sont proposés en premier, histoire de faire rêver. La RTX 5090 est sortie officiellement le 23 janvier, suivie rapidement par la RTX 5080 le 30 janvier, les deux étant officiellement mises en vente le 31 janvier dernier. Du moins pour quelques minutes, car les faibles stocks se sont envolés quasi instantanément. Ces deux GPU très haut de gamme n’ont pourtant pas grand-chose de comparable. En effet, la RTX 5090 offre des caractéristiques techniques doublées par rapport à la RTX 5080. Et son tarif aussi.

zEt si vous trouviez que les prix des RTX 4080 et RTX 4090 étaient abusés, c’est encore pire désormais ! Les prix publics conseillés pour ces deux cartes sont respectivement de 999 (c’est le même prix que la RTX 4080 Super) et 1999 dollars (500 de plus que la RTX 4090 à sa sortie !), ils sont respectivement chez nous de 1179 et 2349 €. Mais le MSRP ne concerne quasiment aucune carte, si ce n’est les Founder Edition fabriquées par Nvidia et qui sont moins performantes (notamment plus bruyantes) que les cartes custom d’autres fabricants. En réalité, comme c’était déjà le cas des RTX 40, le vrai prix des cartes RTX 50 est supérieur de plusieurs centaines d’euros, comptez de 1500 € pour une RTX 5080 et carrément 3000 € pour une RTX 5090 ! La faute à l’absence de concurrence… et aux clients (oui, nous) qui continuent d’acheter peu importe les prix. C’est donc avec un mélange d’excitation et d’appréhension qu’on se lance dans l’essai de ces nouvelles cartes 3D, réalisé grâce à deux modèles Gigabyte, une RTX 5080 Gaming OC et une RTX 5090 Aorus Master Ice. Si vous avez déjà lu les premiers tests publiés sur Internet, vous savez déjà probablement que la RTX 5080 peine à se démarquer de la RTX 4080 Super tandis que la RTX 5090 explose la RTX 4090. Voici nos résultats obtenus avec des pilotes finaux et quelques patchs, sans oublier notre analyse du marché et nos conseils d’achat, ce qui fait le sel d’Uber Hardware.

Mise à jour du 23 février 2025 :
Pour que vous n’ayez pas à attendre le prochain numéro, la rédaction a ajouté à la dernière minute l’essai de la GeForce RTX 5070 Ti dans un article dédié à ce modèle. Les résultats des tests de performance de cette dernière sont toutefois maintenus au sein de ce dossier sur les GeForce RTX 50 (RTX 5090 et RTX 5080) dont les graphiques ont été mis à jour depuis la parution initiale.
Blackwell remplace Ada Lovelace
Les GeForce RTX 50 inaugurent la microarchitecture Blackwell et les puces de la série GB200. Elles forment déjà la quatrième génération de cartes RTX et reprennent en grande partie la même conception globale. Voici un condensé des innovations apportées par ces nouvelles puces en essayant de rester le plus intelligibles possible pour les joueurs et autres passionnés de hardware PC qui n’ont pas tous une formation d’ingénieur.
Toujours plus de transistors

L’étude du diagramme de la puce GB202, le plus gros GPU Blackwell grand public et qui équipe la RTX 5090, montre qu’on trouve toujours des GPC (Graphics Processing Cluster), ce groupement d’unités apparu en 2010 avec Fermi sur la GTX 480 et ses dérivées. Les GPC intègrent les SM (Streaming Multiprocessors, les unités principales de calculs, bonnes à tout faire) qui sont regroupés deux par deux, les ROPs (Render Output Units, les unités de rendu en bout de chaîne) et les TPC (Texture Processeur Cluster, unité dédiée aux modifications géométriques). Si le total de GPC d’une puce GB202 de RTX 5090 n’évolue pas, il y en a toujours 12 comme sur l’AD102 de la RTX 4090, chacun embarque désormais 32 SM et 8 TPC au lieu de 24 et 6. On dénombre 92,2 milliards de transistors dans une puce GB202, à comparer aux 76,3 milliards de l’AD102. Ça vous semble beaucoup ? La puce GB200 qu’on trouve dans les accélérateurs AI Blackwell (pour les serveurs) en ont carrément 104 milliards ! Et dire qu’on perdait déjà la tête quand Intel annonçait en 1993 que son processeur Pentium avait 3,3 millions de transistors. Si le GB202 de la RTX 5090 a de quoi impressionner du haut de ses 21760 CUDA cores (les plus petites unités de calcul, celles qu’on trouve au sein des SM), en progression de 30 % comparé aux 16384 des RTX 4090, le GB203 qui anime la RTX 5080 est en revanche beaucoup plus sage. Trop sage. Ce dernier embarque 10752 CUDA cores, c’est à peine plus que les 10240 d’une RTX 4080 Super. Clairement, les différences de performances entre ces deux cartes se feront avant tout sur les différences architecturales. D’autant que les fréquences évoluent peu également.
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