Vous l’avez peut-être déjà croisé quelques pages plus tôt : c’est cette machine qui nous a servi de laboratoire pour notre dossier consacré aux Core Ultra Séries 3. Si Intel a choisi le Zenbook Duo pour lancer Panther Lake, ce n’est pas un hasard. Il fallait un châssis capable d’exploiter le Core Ultra X9 388H sans le brider, et surtout une machine dont l’argument commercial ne tient pas à un GPU dédié. Le Duo coche les deux cases. Mais réduire ce laptop à son processeur serait passer à côté de l’essentiel : c’est aussi la troisième vraie génération d’un concept qu’Asus est aujourd’hui le seul à commercialiser sérieusement, celui de deux écrans OLED de 14″ empilés dans un châssis qui tient encore dans une sacoche. Le UX8406 de 2024 était une curiosité intrigante mais perfectible ; la version 2025 corrigeait le tir sans révolutionner la formule. Cette mouture 2026 est la première où l’on cesse de dire « c’est génial mais… ». Reste le ticket d’entrée : 3 199 € pour notre configuration Core Ultra X9 388H, 32 Go et 1 To. À ce tarif, on n’achète pas un PC portable, on achète une conviction. Le modèle à base de Core Ultra 9 386H, avec un iGPU nettement plus modeste, est vendu 2 699 €, c’est plus digeste.
Une charnière qui change tout

Le premier réflexe, quand on sort le Duo de sa boîte, c’est de l’ouvrir et de le refermer trois ou quatre fois de suite. La charnière escamotable est la vraie nouveauté mécanique de cette génération, et elle règle le principal défaut ergonomique des modèles précédents : cette marche disgracieuse qui séparait les deux dalles quand on utilisait la machine à la verticale, en mode « livre ». Asus annonce un espace inter-écrans réduit de 70 %, et si le chiffre sent le service marketing, le résultat est concret.

En mode Bureau, les deux surfaces se lisent comme un seul grand écran de 19,8 pouces coupé par un simple trait. On ne s’y trompe pas, mais on l’oublie. La béquille intégrée a elle aussi été revue : elle occupe désormais près des deux tiers du dessous de l’appareil et se déploie jusqu’à 90°, ce qui stabilise nettement la machine en position verticale — l’ancien modèle avait une fâcheuse tendance à basculer si on tapait un peu fort. Le châssis est en Ceraluminum, ce fameux alliage céramisé maison qu’on retrouve sur les Zenbook A14 et A16, dans un coloris Moher Gray plutôt sobre qui ne marque quasiment pas. Le dessous, en revanche, est en polycarbonate, sans doute pour gagner quelques grammes. Les verres sont des Gorilla Glass, l’écran inférieur (qui encaisse le poids du clavier) étant certifié pour résister à 15 kg de pression contre 5 kg pour celui du haut. Bilan des courses : 1,65 kg et 2,3 cm d’épaisseur clavier compris. C’est lourd et épais pour un 14″, évidemment. Mais c’est aussi 1,65 kg pour deux écrans OLED 3K, et là, la comparaison n’existe plus.
Deux dalles jumelles, et c’est bien le point clé

Le vrai luxe du Duo, ce n’est pas d’avoir deux écrans, c’est d’en avoir deux identiques. Les tentatives concurrentes (le ScreenPad Plus des anciens Zenbook Pro Duo, ou les écrans secondaires bricolés chez d’autres) reposaient toujours sur une dalle principale et un pis-aller. Ici, on a deux OLED Lumina Pro de 14″, en 2 880 x 1 800 (16:10), rafraîchies à 144 Hz, tactiles, compatibles stylet, et calibrées de la même manière. Aucune hiérarchie : vous pouvez travailler sur celle du bas et poser votre référence en haut, ou l’inverse, sans que rien ne change.

Asus annonce 500 cd/m² en SDR et un pic HDR à 1 000 cd/m², avec la certification VESA DisplayHDR True Black 1000 et 100 % du DCI-P3. Notre sonde relève 462 cd/m² en SDR et un deltaE moyen de 3, ce qui est tout juste correct en sortie de carton, mais après calibration on tombe à 0,7 et là c’est excellent. Le passage à 144 Hz (contre 120 Hz sur le UX8406) n’était pas indispensable sur une machine de productivité, mais couplé au temps de réponse de 0,2 ms de l’OLED, le défilement d’un document long est d’une fluidité qui rend le retour à un ultrabook 60 Hz assez pénible. Asus a soi-disant appliqué un traitement antireflet sur les deux dalles, ce qui est une bonne surprise venant d’un constructeur qui nous a habitués au miroir intégral — on reste loin d’un vrai mat, et travailler dos à une fenêtre demande toujours de monter la luminosité, mais c’est un peu mieux que sur le Zenbook A16 testé dans le précédent numéro, par exemple. Petit détail qui a son importance sur ce format : le mode E-Reading et le filtre lumière bleue sont activables indépendamment par écran, ce qui permet de basculer celui du bas en lecture confortable pendant que celui du haut reste calibré.
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