Malgré les canicules qui ont déferlé avec force et transformé notre bel hexagone en terres arides et inhospitalières dignes du Mordor, sans oublier ces grandes puissantes nous reléguant au rang d’esclaves soumis avec ces explosions incessantes des prix du hardware et la mort annoncée du support physique par Sony, la scène rétrogaming brille plus que jamais et sonne le début de la révolte. La préservation de notre patrimoine vidéoludique est en marche !
2028, le gaming entre dans une épopée de dystopie corporatiste

PROLOGUE : « Je modernise mon empire »
Le 1er juillet 2026, Sony provoque un véritable tsunami mondial auprès des joueurs en annonçant l’arrêt de la production des disques physiques à partir de janvier 2028. Lin Tao, directrice financière, explique calmement : « Le numérique en général ne cesse de progresser. C’est là le facteur déterminant ». Une réponse douce censée révéler que ce n’est pas seulement pour PlayStation mais pour tous les types de contenus. Ce qui n’a pas empêché de provoquer un véritable tollé mais également des débats houleux. Nous n’avons à ce titre pas pu résister au fait de faire un rapprochement entre Andrew Ryan (Bioshock) et la fameuse expression « Would You Kindly… » justifiant son système totalitaire en promettant le progrès : « c’est pour votre bien, c’est l’évolution naturelle ». Mais d’autres exemples de dystopie totalitaire nous viennent également à l’esprit, à l’image d’Half-Life 2. De quoi accentuer notre frustration et celle de tant de joueurs dans le monde entier. D’autant plus qu’il est plus que probable que Microsoft suive cette même tendance…

ACTE I : la panne révélatrice
Le 24 juillet 2026, deux semaines seulement après l’annonce, le PlayStation Network s’effondre. Pendant plusieurs heures : connexion impossible, PlayStation Store inaccessible, jeux refusant de démarrer. Un signe incident qui n’a pas manqué d’offrir de nouveaux arguments aux défenseurs du support physique et d’enflammer la rébellion qui s’organise avec la pétition « Don’t Kill the Disc » sur Change.org. Une pétition qui a dépassé les 350 000 signatures, suivi par une semaine de boycott généralisée prévue du 23 au 30 août 2026 dans le but de provoquer un « black-out mondial » sur PS4 et PS5 sans parler du mouvement #NoCDNoPLAYSTATION lancé par le chroniqueur et Youtubeur passionné de rétrogaming Conkerax qui a donné naissance au slogan « Physical Never Dies » et à des t-shirts dans l’esprit de défendre et de préserver le jeu vidéo en physique. Citons au passage sa prophétie testée en direct : « Pour la petite information sur le PSN down : Vous pouvez jouer à vos jeux dématérialisés déjà dans votre bibliothèque s’ils ne nécessitent pas UNE CONNEXION OBLIGATOIRE 😏. »

ACTE II : les 4 axes de la catastrophe
Nostalgie rétro : la mort d’une ère VS la préservation du patrimoine vidéoludique
Un CD PlayStation de 1995 fonctionne toujours. Un jeu numérique en 2040 ? Cela dépendra si la boutique en ligne existe encore, si Sony ne débranche pas les serveurs, si le compte n’est pas fermé. Pendant ce temps, aussi fou que cela puisse paraître, quelques entreprises ressuscitent des consoles emblématiques (Analogue), et des studios indépendants continuent de créer des jeux inédits sur la Super Nintendo, Mega Drive, Neo Geo MVS, MSX et d’autres plateformes, comme nous le partageons régulièrement dans cette rubrique. Sans parler des magasins de passionnés tels que la Rétrogamerie qui lutte contre l’inflation galopante des prix du jeu vidéo rétro d’occasion. Comble de l’ironie, les jeux créés en 2026 pour d’anciennes consoles resteront jouables en 2040. Les jeux PS5 de 2026 ? Sans doute pas.
Les droits des joueurs et collectionneurs
Vers une dictature douce pour assouvir les joueurs ? Des pratiques cohabitent à commencer par la plus élémentaire : la collection ou le plaisir de posséder une édition physique standard et même collector, de quoi fièrement admirer sa collection. Puis vient l’occasion, un avantage non négligeable qui permettait à la fois de varier les plaisirs en maîtrisant son budget mais aussi de se débarrasser des jeux que l’on a n’pas aimé. Avec le support physique, la loi est claire : vous êtes propriétaire à part entière du bien et vous pouvez le prêter gratuitement, le revendre d’occasion, et le donner. C’est exactement comme un livre, un DVD/Blu-Ray ou n’importe quel objet physique que vous achetez. Mais avec la dématérialisation, la situation est différente : vous avez une licence liée à votre compte spécifique, et plus la propriété du jeu. Ajoutons à cela que sur une vente physique, Sony ne récupère qu’une partie de la valeur (sur internet il est souvent question de 65% mais difficile pour nous de vérifier l’info), tandis que sur le PlayStation Store, ce dernier encaisse la totalité de la vente et ne partage rien avec les revendeurs, son écosystème étant fermé. Soit un contrôle absolu sur les prix (bye bye les promotions sur les versions physiques). De quoi écarter les joueurs et les revendeurs du marché de l’occasion où les éditeurs et constructeurs ne récupèrent rien.

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