
En abandonnant le chipset AMD X870E pour un plus modeste X870, la TUF Gaming X870-Plus Wifi d’Asus est moins chère que la Strix X870E-E Gaming Wifi. Et pas qu’un peu, avec 205 € de différence entre ces deux cartes mères dernier cri pour processeurs AM5, c’est 35 % de moins ! Alors c’est vrai, c’est une carte issue de la famille TUF Gaming qui ne bénéficie pas tout à fait du même niveau de finition et d’équipement que celles labélisées ROG… mais l’essentiel est bel et bien là. Et elle est loin de faire pitié, heureusement d’ailleurs car on parle quand même d’une sacrée somme d’argent et qu’en prime le chipset X870 n’est finalement qu’un B650E légèrement amélioré ! Asus ne proposait toutefois pas de carte mère TUF Gaming avec ce chipset, sachant que la TUF Gaming B650-Plus Wifi qu’on trouve désormais à 200 € seulement n’a pas de port PCIe x16 en PCIe 5.0. Mais il existe en revanche une TUF Gaming X670E-Plus Wifi qui est munie de bus PCIe 5.0 pour le port de carte graphique et qui ne coûte plus que 300 € alors la nouvelle TUF Gaming X870-Plus Wifi mérite-t-elle que vous dépensiez 70 € de plus que cette dernière ?

Moins de ports PCIe
Le layout de cette carte mère ressemble beaucoup à celui des TUF Gaming B650 et X670E mais on note pourtant des évolutions et une augmentation de la qualité avec cette version X870. Sans même parler des petites différences esthétiques, on remarque qu’Asus a réduit le nombre de ports PCIe pour cartes d’extension, il n’y en a plus que deux comme sur la ROG Strix X870E-E Gaming Wifi. À savoir un x16 PCIe 5.0 raccordé au CPU et un x16 câblé en PCIe 4.0 x4 qui est lui raccordé au chipset. Le nombre de ports M.2 n’augmente pas comparé à la TUF Gaming X670E-Plus Wifi, mais de 1* PCIe 5.0 + 2* PCIe 4.0 + 1* PCIe 3.0 on passe à 2* PCIe 5.0 + 2* PCIe 4.0. Autrement dit, de quoi avoir un stockage au top du top pour des années. Seul trois des quatre ports bénéficient d’un refroidisseur et ceux-ci sont plus modestes que sur la ROG Strix. Pour autant ça ne change pas grand-chose. Même avec un SSD PCIe 5.0, on a testé avec un Corsair MP700 Pro de 2 To, la température en écriture soutenue qui atteignait 46 °C sur la ROG Strix ne monte ici qu’à 53 °C. C’est certes une vraie différence mais elle n’a aucun impact sur les performances (pas de throttling) et sans doute pas sur la durée de vie. En revanche sans aucun radiateur il monte à 72 °C et il faut savoir que sur ce modèle précis de SSD le thottling intervient à 76 °C. Sachant que ce sont des tests qu’on a réalisés sur table, dans un PC fermé qui ne serait pas bien ventilé on mesure bien l’intérêt d’avoir un radiateur sur son SSD, surtout un modèle PCIe 5.0.

DDR5-8200 validée !
La montée en gamme de la série TUF se remarque au niveau l’étage d’alimentation. Les cores du CPU ont droit à 16 phases contre 14 sur la TUF Gaming X670E-Plus Wifi et 12 sur la TUF Gaming B650-Plus Wifi. Sachant qu’elles sont en outre conçues avec des composants plus largement dimensionnés si bien que ce VRM est capable de fournir beaucoup plus de jus. Qu’est-ce que ça change ? Honnêtement pas grand-chose, en tout cas sur le cours terme. Contrairement aux cartes mères AM5 premiers prix qui ont un VRM trop léger pour utiliser un CPU à 12 ou 16 cores à fond (comprendre à 100 % tout en maintenant des fréquences turbo élevées durant de longues périodes), les 12 phases de la bonne vieille TUF B650 suffisent. Pour autant ça chauffe bien plus autour du socket et ça laisse moins de marge pour un éventuel overclocking de ces gros CPU. On ne va pas aller jusqu’à dire que les 16 phases de la TUF X870 sont indispensables, mais c’est un progrès appréciable pour assembler une machine dédiée à l’encodage ou au rendu 3D via CPU. Avec le Ryzen 9 9950X utilisé à pleine charge dans Cinebench R23 durant 30 minutes, les VRM ne grimpent qu’à 60 °C, c’est presque aussi bien que la ROG Strix X870E-E Gaming Wifi ! Et même avec un overclocking de ce dernier à 5,2 GHz sur l’ensemble des cores (au lieu de 4,3 GHz de base) avec 1,3 V les VRM tiennent le coup et n’excèdent pas 71 °C. Cette carte est donc tout à fait capable d’overclocker, encore plus si vous vous contentez d’une puce à six ou huit cores. Et à propos d’overclocking, on a pu vérifier qu’AMD n’avait pas menti en faisant tourner sur cette carte mère (ainsi que les deux autres testées dans ce numéro) de la DDR5 ultra rapide Kingston Fury Renegade à 8200 MT/s C40 ! Tests réalisés avec les derniers BIOS sortis toute fin septembre qui intègrent la mise à jour AGESA 1.2.0.2 et le support officiel de la DDR5-8000 ainsi que du TDP à 105 W pour les Ryzen 5 et 7. Pour ce qui est de l’intérêt de cette fréquence mémoire en revanche, c’est un autre sujet, car on ne remarque pour ainsi dire qu’un gain comparé à de la DDR5-6400 C32 aidée par ses timings plus serrés et sa parfaite synchronisation entre UCLK (fréquence du bus mémoire) et MCLK (contrôleur mémoire dans le CPU). Et il faut aussi relativiser ce progrès car avec la mise à jour de BIOS 2403 du 27 septembre on est aussi parvenu à atteindre les 8200 MT/s CL40 sur la bonne vieille Asus ROG Strix X670E-E Gaming Wifi.

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