10/01/2025

Numéro 3

Ah, janvier ! Ce mois où on espère encore tenir ses résolutions tout en sachant qu’on finira quoi qu’il arrive devant un écran à jouer à des jeux rétro ou à imprimer des pièces de jeu d’échecs en 3D tout en discutant avec un robot humanoïde. Voici un max de découvertes, entre rétro et innovation, pour bien commencer 2025 !

Par : Manu Da Costa
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L’histoire des jeux vidéo préservée

Autrefois considérés comme un loisir pour enfants et adolescents, les jeux vidéo touchent désormais un très large public et représentent une industrie culturelle majeure pesant des milliards d’euros de chiffre d’affaires et dépassant même les industries du cinéma et du sport réunies ! Un phénomène intergénérationnel qui ne semble pas près de s’essouffler tant les adaptations sur petit et grand écran se multiplie, sans parler de la littérature, des innovations technologiques, des nouvelles expériences immersives et narratives, sans oublier le renforcement de l’esport. Mais cet engouement vidéoludique offre également en contrepartie des effets négatifs comme l’addiction, le développement de plus en plus chaotique et précipité, les éditeurs ayant pris la mauvaise habitude de commercialiser les jeux avant même qu’ils soient finalisés, ce qui explique la multiplication des correctifs mis à disposition des joueurs. Un débat que nous ne développerons pas ici mais nous pensions naïvement que le retrogaming serait à l’abri et nous avons été nombreux à replonger dans la nostalgie des jeux qui ont animé notre jeunesse avant que d’autres n’emboîtent le pas parmi lesquels les curieux souhaitant découvrir les débuts de l’ère vidéoludique, les collectionneurs sans oublier les joueurs inquiets par la dématérialisation massive des jeux vidéo mettant en péril leur pérennité et leur accessibilité sur le moyen et long terme. Autant de raisons qui expliquent l’explosion des prix des consoles rétro et des jeux sur le marché, certaines pépites atteignant parfois des sommets stratosphériques. Il reste bien entendu les vide-greniers pour faire des affaires, mais cela devient de plus en plus compliqué. Et si vous possédez une console en panne, nous vous conseillons de la garder précieusement car il reste possible de la réparer. A ce titre, nous vous recommandons vivement la chaîne YouTube d’un réparateur passionné de consoles, CabriDIY.

Il existe heureusement des alternatives à l’image de la société Analogue, une entreprise américaine spécialisée dans la conception et la commercialisation de consoles rétro à l’image de la Nintendo 64, en précommande au moment où nous écrivons ces lignes. Une réinterprétation moderne et audacieuse de la console qui aura nécessité quatre ans de développement s’appuyant sur la technologie FPGA (Field-Programmable Gate Array) plutôt que l’émulation logicielle traditionnelle afin d’éliminer les problèmes de latence, les anomalies graphiques et les problèmes de fréquence d’images. Compatible avec le matériel et les accessoires d’origine, cette N64 next gen supporte donc les cartouches de jeux toutes régions confondues, les manettes d’origine (4 ports pour revivre les parties multijoueurs) ou les manettes sans-fil modernes comme 8BitDo grâce au Bluetooth embarqué, offre une résolution 4K dix fois supérieure à la N64 originale, des modes d’affichage reproduisant les effets des tubes cathodiques, et propose aussi le WiFi pour les mises à jour. Comptez 249,99 dollars pour ce petit bijou rétro.

Petit mais costaud

Partis du postulat que l’utilisation des émulateurs logiciels était compliquée à mettre en œuvre pour le commun des mortels, des passionnés désireux de rejouer aux jeux vidéo de leur enfance ont lancé en 2015 le projet Recalbox : un système d’exploitation open source basé sur Linux et conçu pour transformer des Raspberry, Odroid, et nano-ordinateurs en machines d’émulation rétro (plus de 100 systèmes, des consoles portables aux bornes d’arcade). Mais Recalbox n’est pas seulement devenu incontournable pour les amateurs de rétrogaming en offrant une interface conviviale et intuitive s’appuyant sur un back-end techniquement soigné et dissimulant toute la machinerie rendant l’émulation possible avec notamment des fonctionnalités multijoueurs en local ou en ligne, la sauvegarde et le chargement rapide de vos parties. La société offre un écosystème complet et polyvalent avec pour commencer le Recalbox RGB DUAL (40 euros), une petite carte H.A.T. (Hardware Attached on Top) se connectant simplement sur le connecteur GPIO 40 broches d’un Raspberry Pi 3/4/5, 400 ou Zero 2 pour y ajouter une sortie Péritel, une sortie VGA, un filtre audio et un son stéréo. L’ensemble ne nécessite aucune configuration utilisateur, l’OS Recalbox se chargeant de le faire de manière totalement transparente et automatique en respectant la résolution originale et le taux de rafraîchissement de l’image de chaque jeu.

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