Test

02/09/2025

Numéro 9

Disque dur

Seagate IronWolf Pro 30 To

Un disque dur dopé par un laser !

Avec son nouvel IronWolf Pro, Seagate déploie sa technologie HAMR pour repousser les limites du stockage magnétique et désormais atteindre 30 To dans un disque 3,5″ d’épaisseur standard. Et en plus, il est rapide !

Par : Thomas Olivaux
Prix constaté :
800 €

Fiche technique

Format : 3,5"

Interface : SATA III (750 Mo/s)

Vitesse de rotation : 7200 tpm

Mémoire cache : 512 Mo

Technologies d’écriture : CMR avec HAMR

Garantie : 5 ans avec récupération des données offerte durant 3 ans

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Seagate vient de sortir deux nouvelles itérations de son célèbre disque dur pour NAS IronWolf Pro. Elles offrent des capacités record de 28 To et 30 To et inaugurent la tant attendue technologie HAMR que le constructeur nous promet depuis des années. On essaie la version 30 To, modèle exact ST30000NT011, qui est disponible à un peu moins de 800 € (779,95 € chez LDLC par exemple).

Bye bye CMR, bonjour HAMR

S’il fait partie de la famille IronWolf Pro, le modèle de 30 To de notre essai inaugure la nouvelle plateforme matérielle Mozaic 3+. Du moins à l’échelle du grand public et des PME, car il existe depuis fin 2024 quelques HDD basés sur Mozaic 3+ chez les plus gros spécialistes du cloud. Derrière cette appellation se dissimule la première production à grande échelle de disques durs HAMR. Ce sigle qui signifier Heat-Assisted Magnetic Recording est la solution proposée par Seagate pour dépasser les limites du stockage PMR (Perpendicular Magnetic Recording) classique et augmenter la densité de stockage. En effet, le stockage sur les disques modernes est devenu si dense que même avec du SMR (Shingled Magnetic Recording) avec des pistes qui se chevauchent, on ne parvient pas à dépasser les 1,5 Tb par pouce carré ; c’est à comparer aux 1 Tb par pouce carré en PMR, ou sa version améliorée CMR comme sur les autres IronWolf Pro. Et pour cause, on arrive aux limites physiques du magnétisme ! Pour aller plus loin, la taille des grains magnétique (les bits stockés) sur le plateau doit être si petite qu’ils deviennent instables à température ambiante, on risque alors la perte de données. Il serait possible de modifier l’alliage des plateaux, pour augmenter la puissance du champ coercitif (résistance au changement de polarisation magnétique), mais alors l’écriture devient un problème car les têtes d’écritures ne produisent pas un champ magnétique assez fort.

Produit consommateur laser de classe 1

Pour dépasser les limites actuelles, contrairement à Western Digital qui planche sur une solution à micro-ondes (MAMR), Seagate développe sa technologie HAMR. Si le concept existe depuis les années 90, Seagate a proposé un prototype en 2012 et développe la plateforme Mozaic 3+ depuis 2016, ça fait bientôt 10 ans ! Dans ces disques durs, les plateaux ont des alliages avec une coercivité plus élevée, en l’occurrence un alliage fer-platine Grâce à une diode laser intégrée à la tête d’écriture, qui chauffe une toute petite zone du plateau (quelques nanomètres) pendant une fraction de seconde afin de réduire la coercivité du matériau, l’écriture est possible. Il faut moins d’une nanoseconde pour que la température ait refroidi et que le plateau retrouve son état normal, capable de retenir des données écrites avec une telle densité. On parle actuellement de 3 Tb par pouce carré, ce qui se traduit par 3 To par plateau en 3,5″ (et prochainement 5 To par plateau), au lieu de 2,4 To par plateau avant l’avènement de HAMR. Pourquoi aura-t-il fallu autant d’années pour développer cette technologie ? Car les défis sont nombreux ! Il faut utiliser un transducteur à champ proche (NFT) pour que le laser focalise la chaleur sur une zone extrêmement petite (c’est beaucoup plus précis qu’un laser de Blu-ray). Les têtes doivent aussi être capables de tenir des cycles répétés de chauffage sans s’user trop vite ; à ce sujet, Seagate revendique 4 Po d’écriture par tête. Il y a de la marge a priori. Et le passage au revêtement FePt des plateaux est également complexe et coûteux.

10 plateaux par disque

Les derniers IronWolf Pro 30 To ne se limitent pas au HAMR. Ce sont des disques durs cadencés à 7200 tpm avec 512 Mo de mémoire cache et qui n’embarquent pas moins de 10 plateaux, c’est une belle prouesse en conservant une épaisseur standard. À titre de comparaison, l’IronWolf Pro de 16 To avait 256 Mo de cache et 9 plateaux. Ce sont des disques durs dits 512e, c’est-à-dire avec des secteurs 4k (advanced format) mais qui offrent une compatibilité logicielle avec les secteurs de 512 octets pour garantir une compatibilité maximale avec l’ensemble des systèmes et des OS.

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