
Depuis la sortie des plateformes Intel de 13e et 14e gen (2021-2022), suivi des AMD AM5 (2022) et plus récemment de l’Intel LGA 1851, on ne compte plus les témoignages d’utilisateurs dont le processeur atteint des températures en charge stratosphériques. Si le nombre toujours croissant de cores n’y est pas pour rien, les constructeurs de carte mère ont leur part de responsabilité à cause de BIOS dépassant fréquemment les spécifications des fondeurs. Si des mises à jour de BIOS ont finalement été proposées après le décès prématuré de ce certaines puces, on a aussi vu apparaître un accessoire d’un nouveau genre qui permet d’améliorer l’efficacité du système de refroidissement : le contact frame. En deux mots, un contact frame (cadre de contact en français) remplace le cadre métallique autour du socket, celui-là même qui vient appuyer sur votre processeur pour le maintenir en place. Le premier contact frame grand public a été popularisé par Thermal Grizzly, une marque reconnue pour ses solutions de refroidissement comme les pâtes thermiques hautes performances (Kryonaut, Conductonaut). Ils l’ont lancé spécifiquement pour le socket LGA 1700 peu après le lancement des processeurs Alder Lake. En quoi cet accessoire vendu entre 15 et 20 € permet d’améliorer le refroidissement ? De combien ? C’est ce que nous allons voir en testant le contact frame le plus populaire, celui de Thermal Grizzly, sur un Core i7-14700KF, ainsi que celui du Thermalright sur un Ryzen 7 7800X3D.
Comment ça marche

Un socket de type LGA (Land Grid Array), c’est-à-dire avec les pins du côté socket et non du côté CPU, est équipé d’un cadre en métal qui vient encapsuler et maintenir le processeur à l’aide d’un levier. Ce cadre est aussi baptisé ILM (Integrated Lever Mechanism). Les supports standards ont la fâcheuse habitude de tordre nos processeurs, même si ça ne se voit pas nécessairement à l’œil. Concrètement, ça peut (rarement) causer des dégâts mais surtout ça réduit systématiquement l’efficacité du refroidissement car la surface de contact du CPU n’est pas parfaitement plane et la pâte thermique seule ne suffit pas à y remédier. Le contacte frame remplace totalement le système de fixation d’origine par une plaque en métal vissée (et non plus manipulée par un levier). Accessoirement parlant, le contact frame englobant totalement le processeur, vous ne risquez plus d’avoir de pâte thermique qui tombe dans le socket.
Simplicité de montage


Ce qu’il y a de bien avec les contact frames, c’est la facilité d’installation. Tout est fourni dans la boite, un tournevis Torx (les vis en étoile qui maintiennent l’ILM au socket), le contact frame et les vis de fixation. Il suffit de dévisser les vis d’origine du socket (l’ordre n’a pas d’importance) et de poser votre contact frame sur le processeur déjà posé dans son socket de le visser et c’est déjà terminé ! Attention, il est important de réaliser cette opération à l’horizontal pour éviter que le CPU ne tombe et que vous endommagiez les pins de votre socket, car tout dommage de ce type n’est pas pris en garantie. Il n’y a vraiment aucune complication, la procédure est la même peu importe la marque de contact frame.
De réelles différences de température
Pour mesurer l’intérêt des contacts frames, nous avons réalisé des tests avec un processeur AMD Ryzen 7 7800X3D et un Intel Core i7-14700KF, deux puces particulièrement populaires. Vous allez voir qu’il y a déjà des gains sensibles sur ces derniers, on ne peut qu’imaginer qu’ils seront supérieurs avec un Ryzen 9 ou un Core i9 chauffant encore plus. Précisons qu’on a testé le Core i7 à la fois avec un ancien BIOS (les performances optimisées par le fabricant de carte mère) et avec un BIOS récemment mis à jour qui respecte les spécifications d’Intel. Notre Ryzen 7 est refroidi par un watercooling AiO 360 mm Corsair H150i tandis que Core i7 est refroidi par un autre watercooling AiO 360 mm, un Corsair H150i LCD. Dans les deux cas, les pompes étaient réglées en extrême (le plus rapide) et les ventilateurs en équilibre dans le logiciel Corsair iCUE. Et nous avons utilisé de la pâte thermique Thermalright TF7. Pour les tests en jeu, nous avons exécuté Cyberpunk 2077 avec une Radeon RX 7800 XT.



Le moins qu’on puisse dire c’est que les résultats sont édifiants. Même au repos, les écarts sont très importants ! À 100 % de charge, les CPU bénéficiant d’un contact frame sont vraiment plus frais (12,5 % de moins, tant sur le CPU AMD que sur l’Intel). Et même en jeu, où le CPU est généralement moins sollicité, on constate aussi un gain intéressant (carrément 14 % de moins sur les deux puces). Wow !
Alors, on achète ?
Comme vous l’avez vu, les contact frames améliorent réellement le refroidissement de nos processeurs. On ne parle pas d’optimisation à la marge (gagner 1 ou 2 °C) mais de véritables gains dépassant régulièrement les 10 °C en charge. Alors faut-il investir ? Si c’est avant tout la sécurité de votre processeur qui vous anime, c’est rarement nécessaire. En effet, même si les températures en charge des processeurs modernes sont élevées, ils sont conçus pour résister à plus de 100 °C. Néanmoins comme vous le savez, un composant électronique maintenu plus frais voit son espérance de vie augmentée. Ça a déjà plus de sens si c’est dans l’optique de diminuer le bruit de votre système de refroidissement. Mais c’est avant tout une question d’usage. Autant on peut s’en passer pour jouer, autant c’est un véritable atout pour un CPU qui va tourner des heures à 100 % (dans un PC de créateur par exemple) ou même dans le cadre de l’overclocking. D’autant que le rapport qualité/prix des contacts frames est excellent ! Upgrader son système de refroidissement coûte entre 50 et plus de 150 € pour espérer gagner 5 à 10 °C alors que ce simple accessoire vendu dans les 15 € vous permet d’en gagner davantage ! En bref, pour faire du bien à votre processeur (et vos oreilles), plutôt que de remplacer votre ventirad ou votre AiO, achetez un contact frame et profitez-en pour remplacer la pâte thermique.



