05/03/2026

Numéro 13

Fibre 8 Gb/s, 10 Gb Ethernet et Wi-Fi 7

Les meilleurs débits sans se ruiner

Avec des offres fibres 8 Gb/s accessibles dès 25,99 €, la tentation d’exploser les scores sur Steam et Speedtest est grande.  Éligibilité, analyse du Wi-Fi 7 des différentes box et astuces pour migrer son réseau en 10 GbE à moindres frais : la rédaction fait le tour de la question.

Par : Thomas Olivaux

On ne va pas se mentir, si vous lisez ces lignes, c’est que le petit frisson du Speedtest à quatre chiffres vous titille. Et la bonne nouvelle, c’est que la barrière à l’entrée du « très très haut débit » a fini par exploser. Longtemps cantonné à des offres premium flirtant avec les 60 € mensuels, le 8 Gb/s s’est démocratisé sous l’impulsion d’une guerre des prix féroce lancée par Bouygues en fin 2024. La vitesse n’est plus un luxe, c’est devenu le nouveau standard pour quiconque possède un PC moderne, un NAS et tout un tas d’appareils qui profitent d’une bande passante accrue. On étudie dans cet article les offres des FAI, les capacités réseau de leurs box, le matériel réseau nécessaire pour en profiter chez soi… sans oublier de répondre à la question ultime : à quoi et à qui ça sert ?

Free a inauguré le 8 Gb/s en France, Bouygues a accéléré sa démocratisation.

Si les 8 Gb/s semblent être le nouveau champ de bataille des opérateurs, l’histoire ne date pas d’hier. Il faut rendre à César ce qui lui appartient : c’est Free qui a dégainé le premier dès la fin 2018 avec sa Freebox Delta. Pendant des années, l’opérateur de Xavier Niel a fait cavalier seul sur le terrain du 10 G (10 Gb/s théoriques, 8 Gb/s réels), transformant ce débit stratosphérique en une vitrine technologique presque inaccessible pour la concurrence. Le véritable tournant pour le grand public a eu lieu plus récemment, entre 2023 et 2024. Grâce à la généralisation de la technologie XGS-PON (on va y revenir), Orange, SFR et Bouygues ont enfin pu s’aligner techniquement. Mais le séisme commercial s’est produit fin 2024, lorsque Bouygues Telecom a brisé le plafond de verre des tarifs avec sa B&YOU Pure Fibre. En proposant une ligne nue (sans TV) capable d’atteindre 8 Gb/s pour 23,99 €/mois (prix qui a légèrement augmenté début 2026), l’opérateur a transformé ce qui était un luxe réservé aux technophiles en un produit de consommation courante.

Aujourd’hui, le marché se segmente en deux clans. D’un côté, les offres « performance brute » (Freebox Pop S, B&YOU Pure Fibre). On y va pour le débit pur, souvent sans engagement, idéal pour ceux qui ont déjà leur propre écosystème (Apple TV, NAS, Smart TV et abonnements SVOD). De l’autre, les offres « premium tout-en-un » (Freebox Ultra, Livebox Max, SFR Fibre Premium) qui packagent ce débit avec des services de streaming, des répéteurs et une assistance technique un peu meilleure. Et quelques entre deux, comme la Freebox Ultra Essentiel. Cette démocratisation a créé une situation inédite : le prix du très haut débit s’est aligné sur celui des offres standard. Mais attention au calcul à long terme : entre les prix fixes (B&YOU, SFR) et les tarifs promotionnels qui s’envolent après 12 mois (Orange, Free), la facture finale sur deux ans peut varier du simple au double. Notons que nous avons intégré dans nos tableaux toutes les offres qui dépassent les 2 Gb/s, ce qui inclut la Freebox Pop qui est une sorte d’ovni, avec son débit descendant de 5 Gb/s.

Les offres fibres à plus de 2 Gb/s

Les tarifs mentionnés dans ce tableau ne prennent pas en compte les éventuelles réductions proposées par les FAI en groupant la fibre avec un ou plusieurs abonnements mobiles.

OffreTypeDébit (Down/Up)Tarif mensuel (1ère année)Tarif mensuel (dès la 2ème année)
Freebox Pop SFibre + Tél5 Gb/s / 900 Mb/s24,99 €*24,99 €
B&YOU Pure Fibre PlusFibre seule8 Gb/s / 1 Gb/s25,99 €25,99 €
Freebox PopFibre + TV + Tél5 Gb/s / 900 Mb/s29,99 €39,99 €
SFR Fibre PremiumFibre + TV + Tél8 Gb/s / 8 Gb/s44,99 €44,99 €
Freebox Ultra EssentielFibre + TV + Tél8 Gb/s / 8 Gb/s39,99 €49,99 €
Livebox UpFibre + TV + Tél8 Gb/s / 8 Gb/s39,99 €51,99 €
Bbox UltymFibre + TV + Tél8 Gb/s / 8 Gb/s42,99 €51,99 €
Livebox MaxFibre + TV + Tél8 Gb/s / 8 Gb/s47,99 €57,99 €
Freebox UltraFibre + TV + Tél + SVOD8 Gb/s / 8 Gb/s49,99 €59,99 €

* ce tarif, exclusivement disponible sur le Web, est réservé aux nouveaux abonnés ; les clients Free peuvent opter pour cette offre à 29,99 €/mois.

Conditions contractuelles et frais annexes

Si on est libre de changer d’offre quand on le souhaite, et encore plus librement avec celles qui sont sans engagement, il ne faut pas oublier que chaque nouvelle souscription s’accompagne de frais de mise en service… et de frais de résiliation ! Heureusement, ces derniers sont généralement couverts par l’ODR proposée par tous les FAI qui souhaitent capter de nouveaux clients, mais encore faut-il faire les démarches après s’être abonné pour en bénéficier. Ça n’est jamais automatique. Précisons qu’il y a également des promos régulières où les frais de mise en service sont offerts, c’était valable récemment chez Bouygues, ça l’est toujours chez Free au moment d’écrire ces lignes, à condition de demander à conserver son numéro de téléphone fixe (portabilité). D’autres promotions peuvent exister, comme chez Bouygues qui offre actuellement 4 mois aux anciens abonnés ADSL qui migrent vers la fibre.


Offre

Engagement

Mise en service

Résiliation

Remboursement des frais de résiliation et d’engagement du FAI précédent
B&YOU Pure Fibre PlusSans48 €69 €Jusqu’à 100 €
Bbox Ultym12 mois48 €69 €Jusqu’à 100 €
Freebox Pop S / PopSans49 €69 €Jusqu’à 100 €
Freebox Ultra Essentiel / UltraSans49 €69 €Jusqu’à 100 €
Livebox Max12 mois49 €60 €Jusqu’à 150 €
Livebox Up12 mois49 €60 €Jusqu’à 150 €
SFR Fibre PremiumSans49 €59 €Jusqu’à 100 €

Comment se faire rembourser les frais de résiliation de votre ancien opérateur Internet :

Bouygues : https://www.sfr.fr/offre-internet/frais-resiliation (renvoi vers l’espace client)

Free : https://assistance.free.fr/articles/1027

Orange : https://boutique.orange.fr/bon-plan-promo/odr-remboursement/coupon-internet/

SFR : https://www.sfr.fr/offre-internet/frais-resiliation

Du NRO à votre salon, comprendre le déploiement de la fibre

Exemple d’un PM bien rangé. À gauche, les spitters des 4 grands FAI français, à droite, les liens vers chaque logement relié à ce PC.

Prenons un peu de recul. Vu depuis Internet, le signal optique transite par les interconnexions mondiales (IXP) pour rejoindre de véritables autoroutes nationales formant le squelette (backbone) de chaque FAI majeur ; littéralement, ce sont des fibres à très gros débits qui sont enfouies le long des autoroutes, des chemins de fer et des grandes lignes électriques, en accord avec leurs exploitants (comme SNCF Réseau ou RTE). Sont reliés, en de multiples points du backbone, les NRO (Nœud de Raccordement Optique), véritable cœur du réseau de l’opérateur du point de vue de l’utilisateur. Il y en a plusieurs dans les grandes métropoles, mais un seul NRO dessert plusieurs communes dans les zones à faible densité de population.

Un PTO vissé sur une façade de petit immeuble ; s’il est techniquement capable d’offrir 12 sorties, il est ici branché au PA avec seulement 6 fibres pour autant de clients potentiels.

De là, le signal optique transite par des câbles de forte capacité jusqu’au PM (Point de Mutualisation), ces fameuses armoires de rue que l’on croise sur nos trottoirs. C’est ici que se joue la « distribution » vers les abonnés, c’est-à-dire que la fibre, du PM jusqu’à votre prise murale, est mutualisée entre tous les opérateurs. Plus précisément, du PM partent des câbles avec plusieurs fibres vers un PA (Point d’Aboutement), généralement invisible car sous la rue (il n’y a pas toujours de PA, tout dépend de la densité) et de ce dernier partent enfin des fibres, un peu plus fines, qui arrivent à l’étape finale, le PBO (Point de Branchement Optique) :

  • en immeuble : le PBO se situe généralement dans les parties communes, souvent dans un petit boîtier blanc fixé à chaque étage ou dans une armoire technique au sous-sol/parking. C’est de là que le technicien « tire » la fibre finale qui passera dans vos gaines jusqu’à votre étage puis votre appartement.
  • en maison individuelle : le PBO est déporté à l’extérieur. Il peut être fixé sur un poteau (en aérien) ou dissimulé dans une chambre souterraine sur la voirie (en souterrain). Le technicien doit alors amener la fibre depuis ce point extérieur, parfois à plusieurs dizaines de mètres, jusqu’à l’intérieur de votre domicile.

Le parcours s’achève enfin sur votre PTO (Prise Terminale Optique), la petite prise murale où vous branchez votre box et qui est identifiée par un numéro unique, précédé de deux lettres (généralement le nom de l’opérateur d’infrastructure qui a déployé la fibre). C’est ce numéro que vous devez communiquer à votre futur FAI lors d’un raccordement.

10G-EPON vs XGS-PON : la bataille des normes

Tandis qu’Orange, Bouygues et SFR partagent généralement un lien fibre depuis le NRO en 64 clients, Free réserve cette même bande passante à 32 clients seulement.

Pour comprendre pourquoi votre voisin peut afficher 8 Gb/s alors que vous plafonnez peut-être à 2 Gb/s, il faut regarder ce qui se cache dans les infrastructures proches de chez vous, celles que nous venons de lister. La fibre optique que nous utilisons en France repose majoritairement sur le PON (Passive Optical Network) : une seule fibre part du central et est divisée via des coupleurs passifs pour desservir plusieurs foyers. L’avantage de ce choix technique réside principalement dans des coûts de déploiement et d’exploitation réduits, mais aussi dans une fiabilité accrue car un splitter optique, qui n’est rien d’autre qu’un prisme sophistiqué, ne risque pas de tomber subitement en panne comme un switch, ni même d’être impacté par une coupure de courant. Historiquement, la France s’est construite (et continue de se construire) sur le GPON (Gigabit PON). C’est la norme la plus courante qui sature à 2,5 Gb/s en descente et 1,2 Gb/s en montée, partagés entre tous les abonnés d’un même arbre. Et en l’occurrence, un arbre à 64 branches.

Petite précision : un module SFP+ optique compatible 10/10 est nécessaire pour atteindre les débits symétriques proposés, notamment, par Free.

Oui, vous avez bien lu, les opérateurs peuvent raccorder jusqu’à 64 clients sur le même lien qui relie votre PM et votre NRO un peu plus loin, avec ces 2,4 Gb/s. Quand les offres étaient limitées à 300 ou 500 Mb/s, c’était déjà un facteur potentiellement limitant, mais que dire à présent que tout le monde souscrit à des offres d’au moins 1 ou 2 Gb/s ? Si 64 clients cherchaient à télécharger en simultané, ils n’auraient droit chacun qu’à 2500/64 = 40 Mb/s ! Heureusement, dans la pratique, ce problème n’existe pas, ou en tout cas pas dans ce genre de proportions. Tout d’abord car il n’y a pas souvent 64 clients sur un même coupleur, c’est prévu large pour permettre l’évolution au cours des années à venir, mais aussi parce que dans la pratique, on ne passe pas sa vie à blinder la bande passante de sa ligne, si bien que c’est indolore. Pour atteindre les 8 Gb/s, deux écoles s’affrontent :

  • Le 10G-EPON (ou XG-EPON) : c’est le choix historique de Free. Cette norme permet d’envoyer 10 Gb/s en descente comme en montée. C’est grâce à elle que Free a pu ringardiser la concurrence dès 2018. Contrairement au GPON, cette bande passante est partagée dans le PM par un maximum de 32 clients au lieu de 64 ; mine de rien, ça veut dire que dans le scénario le plus extrême, chaque client conserve à minima une capacité de 250 Mb/s, ce qui reste performant.
  • Le XGS-PON : c’est le standard adopté par Orange, SFR et Bouygues. Plus moderne, il est un peu différent techniquement mais il offre lui aussi 10 Gb/s de bande passante dans les deux sens. Sauf que, comme le GPON, il est partagé entre 64 clients au maximum.

Précisons que les taux de couplage que nous venons d’indiquer, 1:32 (Free 10G-EPON) ou 1:64 (tous les autres FAI, ainsi que Free en GPON) sont donnés à titre indicatif, car les plus courants. Il arrive que dans certaines zones ultras denses le taux grimpe à 1:128 ou, à l’inverse, que certains hameaux bénéficient de GPON en 1:32, vu qu’il n’y a pas assez de maisons pour nécessiter un coupleur plus important.

Qui décide de la technologie de votre fibre ?

On pourrait croire que votre FAI (Orange, Free, etc.) est seul maître à bord, mais c’est faux. Le réseau est construit par un Opérateur d’Infrastructure (OI). Dans les grandes villes, ce sont des divisions spéciales des FAI, en particulier chez Orange et SFR, qui déploient généralement la fibre et gèrent leurs propres équipements. Ils se sont lancés à leurs frais, avec en contrepartie une exclusivité de quelques mois ou années sur la prise d’abonnement de la zone, tout en étant obligé de louer des emplacements de switchs (côté NRO) et de coupleurs (côté PM) aux concurrents par la suite. Mais dans les campagnes et les zones moins denses, c’est un gestionnaire de réseau comme Axione, Altitude, Mégalis ou TDF (ce qu’on appelle des RIP, Réseaux d’Initiative Publique) qui installe la fibre pour le compte des collectivités. Et comme pourront s’en rendre compte certains d’entre vous, raccordés depuis peu, le GPON n’est pas de l’histoire ancienne. Des PM tout neufs sortis de terre en 2025, même en 2026, sont encore conçus en GPON ! Tout est une question de coût. Les cartes électroniques XGS-PON coûtent nettement plus cher que le GPON classique. Pour couvrir des zones rurales, la priorité est souvent la couverture au prix le plus bas. Le GPON suffit largement pour du 1 Gb/s, ce qui satisfait 95 % des usagers. Résultat, on installe encore aujourd’hui des lignes qui, techniquement, sont bridées pour le 8 Gb/s, en attendant une future modernisation du matériel actif. En réalité, il existe une cohabitation plus ou moins forcée entre les RIP et les FAI, et selon les accords de chacun, certaines villes et villages ont droit à 2 Gb/s chez certains FAI, 8 Gb/s chez d’autres.

Connaître son éligibilité

Vous remarquez le code couleur de chaque fibre, ici par groupe de six ? C’est celui qu’on retrouve au niveau du PBO proche de votre logement pour faciliter le repérage de la bonne fibre.

À quoi est-on éligible ? Y a-t-il des différences entre les grandes villes et les campagnes ? Beaucoup pensent trouver l’info sur les cartes de l’Arcep, mais ces dernières sont des outils statistiques : elles indiquent si la fibre est là, mais ne précisent jamais quelle norme (GPON, XGS-PON, etc.) est réellement déployée au bout de votre fil.  Aujourd’hui, il n’existe qu’un seul moyen fiable de savoir si vous pouvez réellement prétendre au 8 Gb/s : passer par les tests d’éligibilité officiels des quatre grands opérateurs. En entrant votre adresse ou votre numéro de ligne, l’opérateur interroge en temps réel la capacité de l’équipement actif sur lequel vous êtes branché. Par exemple chez Orange, quand vous affichez la liste des offres sur le site, vous constaterez que les Livebox Up et Livebox Max annoncent 8 Gb/s. Si après avoir entré votre adresse il est toujours indiqué 8 Gb/s, c’est tout bon. En revanche, si la bande passante a réduit à 2 Gb/s, c’est que votre NRO n’est pas encore équipé de cartes XGS-PON, du moins pour ce FAI. Il faut tester Bouygues, Free, Orange et SFR un à un pour savoir. À titre d’exemple, chez votre serviteur dont le village n’est relié à la fibre que depuis fin 2022, Bouygues et Orange restent limités aux offres 2 Gb/s, mais Free et SFR proposent tous deux des abonnements à 8 Gb/s. Mais il est amusant de constater que, tant l’ami Max (dans la petite couronne autour de Paris) que chez Marco (qui habite dans le 8e à Lyon), qui bénéficient tous deux de la fibre depuis plus de 10 ans, SFR ne propose toujours pas le 8 Gb/s, contrairement aux trois autres FAI.

Ça y est, vous avez souscrit et votre nouvelle box est arrivée ! C’est le moment de vérité, combien allez-vous obtenir en pratique ? Atteindre 8 Gb/s sur Internet est sacrément complexe car un tas de paramètres, que nous allons détailler un à un, entrent en compte. Sans oublier le plus important : à quoi peut bien servir une telle vitesse de connexion à Internet !?

Speedtest à 8 Gb/s, c’est possible

Tout d’abord, sachez que les FAI ne mentent pas sur les débits annoncés. Ils vous ouvrent bien le robinet tel qu’annoncé, même s’il peut semble parfois impossible d’atteindre de telles valeurs. À l’époque de l’ADSL, on vivait d’importants écarts entre le débit commercial et le débit réellement disponible en raison des performances de la ligne, c’est-à-dire de l’atténuation du signal en fonction de la distance entre le DSLAM et l’abonné et des perturbations électromagnétiques en chemin. Par exemple, alors qu’on avait souscrit à une offre ADSL2 de soi-disant 24 Mb/s, on avait droit à 20 Mb/s en habitant à 500 m du DSLAM mais seulement 2 Mb/s à 3 ou 4 km. C’est un phénomène qui a pour ainsi dire disparu avec la fibre : le signal lumineux peut parcourir des dizaines de kilomètres sans perte de puissance significative, peu importante la distance qu’il y a entre chez vous et le PM ou même le NRO dont vous dépendez. La preuve avec nos essais chez Free où nous avons atteint jusqu’à 8 045,03 Mb/s en téléchargement sur Speedtest et 7 397,35 Mb/s en envoi, testé depuis un petit village de campagne pourtant éloigné des grandes interconnexions urbaines ! Et en fait, cet isolement géographique est un avantage quand on est fibré, car rappelez-vous nos explications en première partie : l’interconnexion entre le PM et le NRO est partagée entre plusieurs abonnés (l’arbre GPON), généralement 32 chez Free et 64 chez les autres opérateurs. Autrement dit, il suffit que deux de vos voisins de quartier téléchargent un jeu à 1 ou 2 Gb/s chacun au moment où vous lancez votre Speedtest pour réduire d’autant la bande passante qu’il vous reste. Et bien sûr, encore faut-il que le serveur que vous choisissiez sur Speedtest soit lui-même capable d’émettre et recevoir à 8 Gb/s, ce qui n’est pas une mince affaire. Par exemple, si nous avons obtenu 80 45,03 Mb/s sur le serveur SFR de Rennes, au même moment nous étions entre 6 et 7,8 Gb/s sur de multiples autres serveurs (Orange à Paris, Illyad à Marseille).

Steam bridé par le CPU et le SSD !

C’est bien beau Speedtest, mais à part confirmer que le tuyau est réellement capable de débiter 8 Gb/s (partagés avec un nombre plus ou moins important de voisins), ça ne sert à rien. Dans la vie de tous les jours, que ce soit pour surfer ou visionner des contenus vidéo, même en 8K, une connexion fibre à 1 Gb/s est largement suffisante. Mais on gagne du temps à avoir une connexion plus rapide quand on transfère de grandes quantités de données. Un des meilleurs exemples, pour le grand public, c’est le téléchargement des jeux sur les diverses plateformes telles que Steam, Epic ou Xbox vu que de nombreux jeux pèsent 50 à 100 Go de nos jours. Premier constat, si la quasi-totalité de ces services sont capables de saturer une fibre à 1 Gb/s, ils sont presque tous limités à moins de 2 Gb/s. Par exemple sur Epic, il est rare de dépasser les 150 à 200 Mo/s (1,2 à 1,6 Gb/s), sur Battle.net 180 à 250 Mo/s (1,44 à 2 Gb/s), les serveurs n’envoient pas plus vite. Sur Xbox (PC), on a déjà du mal à atteindre 150 Mo/s (1,2 Gb/s). En fait, il n’y a que Steam qui fait mieux, mais là aussi vous n’arriverez pas à atteindre 8 Gb/s tant s’en faut ! En pratique, on remarque qu’en dehors des heures de pointe, on stagne entre 300 et 450 Mo/s (2,4 et 3,6 Gb/s) selon les PC. Oui, vous avez bien lu, cette fois ce n’est plus Internet le problème, mais la capacité de nos ordinateurs à traiter un tel flux de données ! Non seulement il faut que le CPU et le SSD (même en NVMe, un SSD d’entrée de gamme montre ses limites) soient capables de décompresser tout ça, mais ne négligez pas l’impact de l’antivirus ! Traiter plus de 400 Mo/s n’est pas une partie de plaisir ! Même télécharger sur un site Web, un fichier hébergé chez MEGA par exemple, sature généralement vers 300 Mo/s (2,4 Gb/s), tantôt limités par les serveurs, tantôt par le protocole HTTPS. Pour tout ce qui est stockage distant de type cloud, vous serez bridé à moins de 1 Gb/s par Google, Microsoft et consorts. Depuis votre NAS, vous pouvez espérer faire mieux, mais le facteur limitant sera alors la performance de sa grappe RAID, c’est-à-dire rarement plus de 500 Mo/s, et quand bien même vous avez un NAS 8 baies qui peut débiter davantage, vous serez généralement confronté à une limitation de peering (lien point à point) des FAI. En revanche, on peut atteindre bien davantage en envoi de données non compressées ou non traitées par l’antivirus. Par exemple en téléchargeant depuis un FTP, saturer 8 Gb/s est possible si jamais le serveur et votre PC possèdent tous deux un stockage NVMe. Et encore, à condition d’utiliser plusieurs transferts simultanés et sans activer le chiffrement (SFTP).

Le seul usage valable, c’est la mutualisation

Vous l’aurez compris, même si votre connexion à Internet est à 8 Gb/s, vous n’en verrez pas la couleur au quotidien. En tout cas seul. Le véritable intérêt de ces connexions ultras rapides réside dans le partage de la bande passante. À l’échelle d’une famille de geeks, histoire que vous puissiez installer le dernier jeu à trois en même temps sans ralentissement et sans provoquer la moindre interruption sur le streaming du 4e membre de la bande. Et encore, c’est simplement du confort, car ça se passe déjà extrêmement bien avec une connexion à 2 Gb/s voire 1 Gb/s. Et ce même dans un monde où il y a de plus en plus de périphériques connectés au réseau. Le tableau ci-contre vous montre l’exemple d’une famille de 5 personnes dont 3 membres souhaitent télécharger simultanément le tout nouveau jeu pesant 70 Go sur leur PC :

Offre FibreDébit Total Réel (estimé)Débit par personne (simultané)Temps de téléchargementExpérience pour les 2 autres membres
1 Gb/s~115 Mo/s38 Mo/s~31 minutesSaturé. Risque de lags en jeu ou buffering sur Netflix.
2 Gb/s~230 Mo/s76 Mo/s~15 minutesFluide. Navigation web OK, mais streaming 4K parfois limite.
8 Gb/s~900 Mo/s300 Mo/s*~4 minutesInvisible. Ils peuvent streamer en 8K sans même s’en apercevoir.

* débit réaliste sur Steam, à condition d’avoir un PC moderne et équipé d’une connexion au réseau capable d’atteindre 300 Mo/s.

Comme on peut le constater, même si le temps de téléchargement est drastiquement réduit entre une fibre 8 Gb/s et une fibre 2 Gb/s, l’intérêt est quand même minime. Certes il faudra attendre 3x moins longtemps pour lancer le nouveau jeu, mais relativisons. On ne parle pas, comme à l’époque de l’ADSL, de passer de 15 heures à 4 heures, mais seulement de 15 minutes à 4 minutes. Et surtout, ce genre de cas de figure est très exceptionnel ! Au quotidien, une famille s’en sort très bien avec une connexion fibrée à 1 Gb/s. En revanche, certains professionnels qui ont d’importants besoins en bande passante tireront davantage profit de ce type de connexion ultra rapide. Par exemple un studio de montage vidéo dans lequel une dizaine de collaborateurs échangent des fichiers de dizaines de gigas du matin au soir avec leurs clients verra un véritable gain de confort et de productivité.

L’avantage principal de la fibre 8 Gb/s, nous l’avons vu, c’est la mutualisation, c’est-à-dire permettre à plusieurs utilisateurs de bénéficier d’une bande passante très élevée en même temps. À l’échelle d’une famille, pouvoir télécharger un jeu en même temps que son ado de fils sans compromettre le streaming 4K de ces dames. Mais pour les geeks que nous sommes, exploser les compteurs, ça fait toujours son petit effet. Or pour profiter d’une fibre aussi rapide, encore faut-il que votre matériel suive ! Tant la connexion réseau de vos différents PC et appareils (NAS notamment), que l’infrastructure (switchs et câbles).

Des box compatibles 10 Gb/s en filaire

On débute notre analyse par la box qui est votre porte vers Internet :

  • Bouygues, Orange et SFR : sur leurs box compatibles avec les offres 8 Gb/s, les trois FAI ont fait le choix d’offrir un port 10 GbE. C’est-à-dire une prise RJ-45 classique. Et c’est d’autant plus pratique que, bien que ce ne soit pas explicitement précisé, ces prises sont en réalité Multi-Gigiabit (IEEE 802.3bz), c’est-à-dire aussi compatible avec les réseaux 5 Gb/s et 2,5 Gb/s. Sans oublier le bon vieux gigabit (1 Gb/s). En revanche, il n’y a qu’une seule prise de ce type. Les autres ports RJ-45 des box sont limités à 1 Gb/s, ce qui veut dire que pour profiter de la fibre à son débit maximal sur plusieurs ordinateurs, il faudra ajouter un switch.
  • Free, le pionnier de la fibre 8 Gb/s, équipe sa Freebox Ultra (ainsi que l’ancienne Delta) d’un port SFP+. Késako ? Un port SFP+ (Small Form-factor Pluggable) est un emplacement « vide » sur une box ou un switch qui ne ressemble pas à une prise Ethernet classique. Contrairement au port RJ45 (cuivre), il ne définit pas le type de câble : il attend que vous y insériez un module (un adaptateur). Selon le module choisi, vous pouvez y brancher soit une fibre optique directe, soit un câble en cuivre haute performance (DAC), soit un adaptateur pour un câble Ethernet standard. Son grand intérêt est sa capacité à supporter du 10 Gb/s avec une latence quasi nulle et sans chauffer. La Freebox étant livrée sans adaptateur SFP+/RJ45, vous devrez en acheter un, en étant attentif aux caractéristiques ; on en reparle un peu plus loin. Il vous en coûtera entre 25 et 40 € selon que vous achetiez sur AliExpress ou sur Amazon en espérant l’avoir un peu plus vite ; notons qu’il est aussi possible d’en commander un depuis son espace client Free moyennant un tarif avantageux de 10 €. Si vous branchez votre PC sur une des quatre prises RJ-45 de la Freebox Ultra, il sera bridé à 2,5 Gb/s (Free est le seul à proposer plusieurs ports Ethernet à plus de 1 Gb/s). Dans le cas particulier de la Pop, qui n’est pas une offre 8 Gb/s mais une offre intermédiaire à 5 Gb/s (et « seulement » 900 Mb/s en envoi), il y a un port RJ-45 2,5 Gb/s et deux ports 1 Gb/s ; ça signifie qu’il est impossible d’atteindre 5 Gb/s sur un seul et même appareil, vous aurez au mieux 2,5 Gb/s.

D’importantes disparités en Wi-Fi 7

En ce qui concerne le réseau sans-fil, toutes les box compatibles avec ces offres affichent fièrement leur compatibilité Wi-Fi 7. Sauf qu’à y regarder de plus près, leurs caractéristiques sont loin d’êtres toutes au même niveau. Entre Orange qui a certifié la dernière version de sa Livebox 7 en Wi-Fi 7 tout en abandonnant la bande des 6 GHz alors que la première Livebox 7 Wi-Fi 6E en bénéficiait et la Freebox Pop dont on comprend à peine qu’elle ait le droit d’être qualifiée de Wi-Fi 7, vous avez intérêt à bien étudier notre tableau ! Du moins si vous désirez exploiter des débits super élevés, sans-fil. Entendons-nous : même la moins bonne de ces box n’aura aucun mal à vous permettre de télécharger à 600 ou même 800 Mb/s, ce qui reste rapide. Mais pour exploiter une fibre 8 Gb/s, c’est autre chose. Vous devez, à minima, viser une box compatible tribande, c’est-à-dire 2,4, 5 et 6 GHz, car ce n’est que grâce aux canaux larges de 320 MHz disponibles sur la bande des 6 GHz que le Wi-Fi 7 peut atteindre un débit théorique de 5,8 Gb/s.

Dans le cas d’une box sans 6 GHz, comme la dernière Livebox 7, vous aurez au mieux 2,9 Gb/s. Vous allez nous dire que, dans un cas comme dans l’autre, on est loin de pouvoir exploiter une bande passante Internet de 8 Gb/s sur un seul appareil. C’est vrai, mais n’oublions pas le MLO ! C’est l’une des principales nouveautés du Wi-Fi 7. Multi-Link Operation permet, à condition que le point d’accès et que le client soient tous deux compatibles, d’exploiter simultanément plusieurs bandes de fréquences. On peut même envisager le cumul de bande passante, mais ce n’est qu’un mode de fonctionnement du MLO parmi d’autres. Toutes les box Wi-Fi 7 supportent à présent le MLO, même si ça reste encore expérimental dans le cas de la Bbox Wi-Fi 7 XT (les premiers firmwares bêta ont été déployés fin 2025). Sauf qu’en pratique, aucune ne propose le cumul de bande passante (le mode STR, Simultaneous Transmit and Receive). Et c’est bien dommage, car grâce à ça on pourrait additionner les 2,9 Gb/s théoriques en 5 GHz avec les 5,8 Gb/s théoriques en 6 GHz pour atteindre une bande passante globale de 8,7 Gb/s ! Donc, dans la pratique, même si le MLO est actif sur votre box Wifi 7, il n’est là que pour améliorer la latence et offrir plus de robustesse à la connexion sans fil, mais on reste limité en débit à la bande passante de la meilleure bande de fréquence. Free conserve son statut à part et apprécié des bidouilleurs, en offrant des réglages un peu plus poussés dans son interface, Bouygues, Orange et SFR restent très frileux sur ce genre d’optimisations qu’ils préfèrent déployer quand ils sont certains que ça ne posera problème pour personne. Une précision importante, et ce quel que soit le FAI : le MLO n’est utilisable qu’en mode « smart wifi », c’est-à-dire avec un SSID unique pour l’ensemble des bandes de fréquences. Et, pour tous les opérateurs, le MLO n’est pas à activer manuellement : il est actif tant que le smart Wi-Fi l’est. Notons enfin que, si vous réclamez un répéteur Wi-Fi à votre opérateur pour améliorer la portée dans votre logement, que ceux fournis par Free et Orange ne sont qu’en bibande, ils ne prennent pas en charge de 6 GHz. Pour l’anecdote, les Bbox Wi-Fi 7 XT, Livebox 7 (v2) et Box 10+ sont officiellement certifiées Wi-Fi 7 par la Wi-Fi Alliance, mais ça n’empêche pas la Freebox Ultra d’être globalement la plus performante grâce, notamment, à ses quatre radios (il y a deux radios 5 GHz distinctes, une pour le bas du spectre et une pour le haut du spectre, qu’il faut activer manuellement pour profiter du MLO avec la radio 6 GHz). Et la Freebox Pop la moins performante par la même occasion.

Analyse technique du réseau des box

OffreBox fournieRéseau filaireWi-Fi 7Répéteurs Wi-Fi 7 (sur demande)
B&YOU Pure Fibre PlusBbox Wi-Fi 7 XT1x 10 GbE + 2x 1 GbE5,8 Gb/s (tribande)*1 (4 € /mois), tribande
Bbox UltymBbox Wi-Fi 7 XT1x 10 GbE + 2x 1 GbE5,8 Gb/s (tribande)*2 (inclus), tribande
Freebox Pop S / PopFreebox Pop (v3)1x 2,5 GbE + 2x 1 GbE2,2 Gb/s (bibande)*4 (1 gratuit, puis 20 €/répéteur), bibande
Freebox Ultra Essentiel / UltraFreebox Ultra1x SFP+ 10G + 4x 2,5 GbE5,8 Gb/s (quadri-bande)*4 (1 gratuit, puis 20 €/répéteur), bibande
Livebox MaxLivebox 7 (v2)1x 10 GbE + 4x 1 GbE2,9 Gb/s (bibande)*3 (10 €/répéteur), bibande
Livebox UpLivebox 7 (v2)1x 10 GbE + 4x 1 GbE2,9 Gb/s (bibande)*1 (10 €), bibande
SFR Fibre PremiumSFR Box 10+1x 10 GbE + 3x 1 GbE5,8 Gb/s (tribande)*2 (10 €/répéteur), tribande

Savoir si MLO est supporté et actif

Vous pouvez aisément vérifier si votre point d’accès Wi-Fi (probablement votre box) prend en charge MLO ou non en utilisant Wi-Fi sur votre PC Windows ou WiFiMan sur votre smartphone Android. Ces même logiciels permettent aussi de savoir si MLO est actuellement activé sur le client sur lequel vous vous trouvez. Pour autant, comme nous l’avons vu, MLO n’est pas forcément synonyme de bande passante agrégée entre plusieurs bandes de fréquences. Quand c’est le cas, sous Windows, vous verrez simplement le débit de connexion indiqué par Windows dans les propriétés de la connexion.

Les switchs 10 GbE restent chers

Bien que le 10 GbE existe depuis des années et des années, il ne s’est jamais vraiment démocratisé. À la place, c’est finalement le 2,5 GbE qui s’est imposé à la place du gigabit classique. Et à vrai dire, un réseau filaire à 2,5 Gb/s offre un bon compromis performances/prix. Il y a des chances que votre carte mère, si elle a moins de 3 ou 4 ans, soit déjà équipée d’un contrôleur 2,5 GbE. Si vous avez une box avec des prises compatibles, vous pourrez déjà télécharger à cette vitesse, sachant qu’en plus, nous avons vu qu’il est assez rare que les serveurs envoient plus vite que ça. Et même si vous avez besoin de brancher plusieurs appareils, on trouve désormais des switchs 2,5 GbE à prix très raisonnable, comme le 5 ports d’Ugreen à 36 € seulement sur Amazon. Mais si vous êtes en train de lire cet article, c’est que vous en voulez davantage ! Vous avez envie de vous faire plaisir à exploser les scores, et pas que sur Internet.

Vendus respectivement 230 et 280 €, les switchs Trendnet TEG-S750 et TEG-S708 sont les switchs multigig 100 % Ethernet les plus abordables.

Pour envisager d’atteindre les débits Internet maximums sur votre PC, il vous faut donc un switch avec des ports 10 Gb/s. Il y en a plein qui ont une ou deux prises 10 GbE et le reste en 1 Gb/s ou 2,5 Gb/s, mais c’est minimum 100 €. Tel le GigaPlus GP-S25-0402T (2* 10 GbE + 4* 2,5 GbE) à 100/105 € ou le Trendnet TEG-S762 (2* 10 GbE + 4* 2,5 GbE) à 135 €. À moins que vous ayez un réel besoin d’un switch managé (par exemple pour créer des VLAN et ainsi isoler certaines machines des autres), n’ayez pas peur d’opter pour ces switchs premier prix. Ils ne sont pas moins rapides que ceux des marques plus connues. Par exemple, le Qnap QSW-2104-2T (2* 10 GbE + 4* 2,5 GbE) et qu’on utilise à la rédac, qui coûte 190 €, n’est pas plus rapide que les deux modèles cités précédemment. Sachant que l’une des deux prises 10 Gb/s sera reliée à la box, ça signifie que vous ne pourrez brancher qu’un seul PC en 10 Gb/s sur ce genre de switch, vos autres appareils seront limités à 2,5 Gb/s. Or les switchs avec plus de deux prises RJ-45 à 10 Gb/s coûtent toujours une petite fortune ! Le plus abordable, c’est le Trendnet TEG-S750 et ses 5 prises 10 GbE à 230 €. Et c’est encore chez Trendnet, avec le TEG-S708 à 360 € qu’on trouve le switch 8 ports 10 GbE le moins cher. Sachant que le XS508M de Netgear n’a plus l’air d’être commercialisé (bien qu’il soit toujours sur le site Web du constructeur), il faut compter carrément 600 € pour un Ubiquiti UniFi Pro XG ou un ZyXEL XS1930-12HP, ces deux beaux bébés offrant aussi le support du PoE (Power over Ethernet) pour ceux qui en ont besoin.

SFP+, un bon plan avec des contraintes

Il existe un moyen de passer son infrastructure réseau en 10 Gb/s à moindres frais, grâce au SFP+. On trouve ces prises sur pas mal de switchs et sur les Freebox Delta/Ultra. Pour rappel, SFP (Small Form-factor Pluggable) est un format de connecteur réseau « universel ». Contrairement à une prise Ethernet fixe, c’est un emplacement vide dans lequel on insère un petit module (appelé transceiver) pour choisir son type de connexion (fibre ou cuivre). Si le SFP (Standard) est limité à 1 Gb/s, le SFP+ (Enhanced) supporte jusqu’à 10 Gb/s et permet donc de saturer les offres internet les plus rapides du marché. On trouve aisément sur le marché des switchs avec des ports SFP+ à des prix plus abordables que ceux en RJ-45. Par exemple, en complément du switch Ugreen cité dans le paragraphe précédent à 36 € sur Amazon, on trouve sur ce même site un Ugreen à 47,99 € qui combine 5 ports 2,5 GbE (comme l’autre) mais aussi une prise SFP+.

Ainsi, vous pourrez relier directement votre Freebox Ultra à l’aide d’un câble DAC (SFP+ des deux côtés), qu’on trouve autour de 10/15 € en courte distance (50 cm ou 1 m) à 30/40 € (10 m voire 25 m). Avec une telle installation, vos PC seront individuellement limités à 2,5 Gb/s, mais ils pourront au cumulé exploiter pleinement les 8 Gb/s de votre connexion. D’ailleurs, on trouve mieux et moins cher que Ugreen en restant parmi les maques chinoises ! Par exemple, le switch YuanLey YS25-0402 qui combine 4 ports 2,5 GbE et deux ports SFP+ est trouvable à moins de 40 € (on le trouve d’ailleurs sous différentes marques et références) ! La présence d’un second port SFP+ vous autorise à brancher votre PC principal pour que ce dernier bénéficie du plein potentiel de votre connexion Internet 8 Gb/s ! Sachez qu’on trouve des clones de cartes Intel X520, armées de la vraie puce Intel et un port SFP+ entre 40 et 50 €. Mais le SFP+ n’est pas une fatalité ! Au lieu de brancher un câble DAC, vous pouvez acheter un adaptateur SFP+ vers RJ-45 ! Ainsi, vous pourrez exploiter la carte réseau 10 GbE de votre PC à son plein potentiel. Un adaptateur SFP+/RJ-45 coûte entre 20 et 50 € selon ses caractéristiques et là où vous l’achetez (sauf chez Free qui propose un adaptateur à 10 € seulement pour ses clients Freebox Ultra, limité à un seul achat). À vrai dire, nous évoquons le SFP+ car pas mal de switchs anciens (de 10 ans voir plus) sont déjà munis d’une ou deux prises de ce type et l’achat d’un ou deux adaptateurs SFP+/RJ45 est une option abordable pour en tirer profit sans tout changer. Mais nous avons vu il y a peu qu’on trouve des switchs 4* 2,5 GbE + 2* 10 GbE dès 100 € désormais, alors pour brancher un seul PC à cette vitesse, c’est sans doute le meilleur choix. Le SFP+ est en revanche une alternative à considérer quand on veut brancher 3, 4 ou 5 ordinateurs/NAS/box en 10 Gb/s, sans lâcher 230 € d’un coup dans un Trendnet TEG-S750 voire davantage. En effet, on trouve désormais de nombreux switchs 8 ports SFP+ qui sont vendus autour de 75 € seulement, et vous pouvez ensuite acheter les adaptateurs en quantité nécessaire. Par exemple, pour les besoins de cet article, on a commandé sur AliExpress un switch Horaco ZX-SWTG1C8F pour 72,85 € livré, ainsi qu’un pack de 3 adaptateurs SFP+/RJ45 Xicom pour 66,13 € livrés (soit 22,04 € par adaptateur).

Résultat des courses, on se retrouve avec un switch 3 ports 10 GbE, évolutif vers 8 ports à l’avenir, pour seulement 138,98 €. Ou 205,11 € avec six adaptateurs d’emblée. La plupart de ces switchs bon marché, comme le nôtre, reposent sur un contrôleur Realtek 9303. Certains privilégient la puce Marvell Prestera 98DX8208. Les deux sont tout à fait capables de gérer leurs 8 ports sans bridage grâce à une bande passante globale de 160 Gb/s. Mais la solution Marvell offre des prestations supplémentaires (VLANs, L3 Hardware Offlading).  Précisons, au sujet des adaptateurs SFP+, qu’ils communiquent avec le contrôleur du switch soit à 1,25 Gb/s, soit à 2,5 Gb/s, soit à 10 Gb/s. Il est alors impossible d’exploiter une carte réseau 5 Gb/s comme celle qui équipe la carte mère Asus Maximus Z890 Hero d’un de nos PC. Plus précisément, celle-ci fonctionne, Windows indique bel et bien un lien à 5 Gb/s car l’adaptateur s’interface avec elle à ce débit, mais nous ne dépassons pas les 2,5 Gb/s réels car la communication entre l’adaptateur et le contrôleur Realtek du switch est limitée à 2,5 Gb/s. De plus, quand vous achetez un adaptateur, intéressez-vous à la longueur de câbles utilisables. En effet, tous ne disposent pas de la même puissance d’émission, si bien que certains sont limités à 30 m quand d’autres peuvent atteindre 80 m. Pour finir, précisons que cette solution est un peu plus énergivore puisqu’un swich 10 GbE moderne réclame environ 1,5 à 2,5 W par port tandis qu’en SFP+ il faut plutôt compter 2,5 à 3 W par port.

Des fois, ça marche !

Une preuve que tout peut se passer comme il faut ? Notre screenshot de Speedtest à 8 045 Mb/s a été obtenu depuis un PC de test muni d’une carte mère Gigabyte Z890 AI Top équipée de deux contrôleurs réseau 10 GbE Aquantia, branchée sur un routeur Netgear Nighthawk RS600, lui-même branché sur le switch Horaco et ses adaptateurs SFP+, celui-ci relié via une liaison d’environ 40 m à un switch Qnap QSW-2104-2T, lui-même branché à la Freebox Ultra située environ 10 m plus loin encore. Comme quoi, il ne faut pas avoir peur de multiplier les étapes, après tout c’est aussi ce qui se passe sur le net quand vous rebondissez d’un routeur à un autre. Nous n’avons pas activé les jumbos frames ni aucun réglage particulier pour obtenir ces résultats. Et chez vous, ça donne quoi ?

Quels câbles pour 10 Gb/s ?

Si un switch et des cartes compatibles sont nécessaires à atteindre 10 Gb/s en réseau, ne négligez pas le câblage ! Si un câble Cat 5e peut potentiellement offrir ce débit sur de très courtes distances, il faut au moins du Cat 6 si vous décidez de câbler votre logement. Et encore, avec une limite à 55 m, autant partir d’emblée sur sur Cat 6a voire du Cat 7 qui offrent le support de 10 Gb/s sur 100 m de longueur. De toute façon, de nos jours, le câble cat 7 acheté en grandes longueurs est limite moins cher. On trouve sans difficulté des bobines de 100 m avec un blindage S/FTP entre 65 et 85 €. Si votre domicile est déjà câblé en Cat 5e, voire en Cat 5, par exemple s’il a été construit dans les années 2000, n’hésitez pas à essayer avant de vous lancer dans de gros travaux. De nombreux témoignages montrent des réseaux fonctionnant bien à 10 Gb/s sur ces vieux câbles, surtout ceux très épais et bien blindés qu’on installe généralement dans les murs. Et si 10 Gb/s ne passe pas, il y a de bonnes chances pour que ça tienne 5 Gb/s quand même.

Jarretière fibre : APC vs UPC

Free est le seul FAI à avoir adopté les connecteurs UPC (bleues) sur ses box.

La jarretière fibre, c’est le câble qui relie la prise murale à votre box (ou son boîtier déporté ONT). De part et d’autre, elle utilise une prise de type SC. La plupart du temps, ces prises sont vertes mais les clients de Free auront remarqué des jarretières avec une prise verte à une extrémité et bleue à l’autre, le fournisseur précisant de brancher le côté bleu dans la box, même si l’interversion semble possible. Ça change quelque chose ? Ce n’est pas une simple coquetterie, les prises vertes dites APC sont différentes des prises bleues dites UPC. Ça qui change, c’est la façon dont est coupée la fibre à l’extrémité. En biais (8°) dans le cas de l’APC, droit pour l’UPC. Dans l’absolu ça ne change pas grand-chose, mais si vous passez d’un FAI à l’autre, on vous suggère d’y prêter attention. En effet, vous pourriez être tenté de conserver votre jarretière actuelle en passant de Free à un autre opérateur (ou inversement), mais s’il y a de bonnes chances pour que la connexion s’établisse, les performances pourraient être impactées. En effet, si le signal ne se propage pas proprement, les débits peuvent être impactés. Pour des performances stables et optimales, faites donc bien coïncider les couleurs entre la prise et la jarretière.

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