Test

03/05/2025

Numéro 6

Routeur

Netgear Nighthawk RS600

Pour un réseau ultra performant avec et sans fil

Entre son nombre de flux et d’antennes doublées et ses prises Ethernet à 10 Gb/s, le Nighthawk RS600 n’a pas de mal à se distinguer du RS300 testé il y a deux mois. En fait il offre quasiment toutes les qualités du superbe RS700S pour 200 € de moins.

Par : Thomas Olivaux
Prix constaté
500 €

Fiche technique

Type : routeur Wi-Fi tribande

WAN : Ethernet 10 Gb/s

LAN filaire : 1* Ethernet 10 Gb/s + 3* Ethernet 1 Gb/s

LAN sans-fil : Wi-Fi 7 2,4 GHz (2x2, 0,7 Gb/s) + 5 GHz (4x4, 5,8 Gb/s) + 6 GHz (4x4, 11,5 Gb/s)

Antennes : 8

USB : *1 (Type-A, 5 Gb/s)

SoC : ?? (4 cores 2 GHz)

RAM : 2 Go

Stockage : eMMC 512 Mo

Divers : essais de 30j pour Netgear Armor et Netgear Smart parental Controls

Dimensions : 15 * 10,2 * 25,8 cm

Réservé aux abonnés

3 bandes qui débitent à 18 Gb/s

Netgear a été l’un des premiers à dégainer un routeur Wi-Fi 7 avec son très performant RS700S sorti fin 2023. Ce dernier a été suivi au printemps 2024 par un Nighthawk RS300, testé dans UH #4, un modèle bien plus raisonnable mais qui fait l’impasse sur certaines caractéristiques clés dont le 10 GbE qui est nécessaire pour profiter à fond du Wi-Fi 7, que ce soit sur le net avec une fibre 8 Gb/s ou en local vers un serveur NAS 10 équipé d’une carte réseau 10 Gb/s. Bonne nouvelle, la marque a récemment complété sa gamme de trois nouvelles références dont le très séduisant RS600 qui reprend quasiment toutes les capacités du RS700S… sauf le prix. En effet, il est à 500 € au lieu de 700 €.
Quand on observe les fiches techniques de Netgear, on constate que le RS600 est un routeur Wi-Fi 7 (802.11be) 18 Gb/s. C’est presque autant que les 19 Gb/s du RS700S et bien plus que les 9,3 Gb/s du RS300. Mais qu’est-ce que ça signifie ? Les trois sont des routeurs tri bandes, c’est-à-dire avec chacun trois radios. Une à 2,4 GHz, la fréquence historique qui est encore utilisée par de nombreux objets connectés, une à 5 GHz, la fréquence la plus courante des Wi-Fi 4, 5 et 6 et une à 6 GHz, la nouvelle fréquence propre aux Wi-Fi 6E et 7. Pour rappel, la bande des 6 GHz présente deux avantages majeurs, le premier étant sa faible utilisation (moins de congestion = moins de problèmes et plus de performances), le second étant sa capacité en Wi-Fi 7 d’exploiter des canaux ultra-larges de 320 MHz ce qui permet d’atteindre une bande passante théorique de 5,8 Gb/s au lieu de 2,9 Gb/s ; n’hésitez à relire notre article spécialement consacré au Wi-Fi 7 pour mieux comprendre. Mais alors, comment le fabricant fait ses calculs pour annoncer 18 Gb/s ? C’est le cumul de 700 Mb/s (précisément 688 Mb/s) en 2,4 GHz, 5,8 Gb/s en 5 GHz et 11,6 Gb/s en 6 GHz. Mais comment ? On vient juste de dire qu’on pouvait atteindre 5,8 Gb/s en 6 GHz !

De l’intérêt de passer en 4×4

5,8 Gb/s avec des canaux de 320 MHz sur 6 GHz correspondent au cumul de deux flux spatiaux simultanés. C’est le MIMO, acronyme de Multiple In Multiple Out (plusieurs entrées, plusieurs sorties), une fonction native du Wi-Fi qui consiste à augmenter les débits en cumulant ceux de plusieurs flux. C’est ce qu’on trouve indiqué sur pas mal de fiches techniques avec deux chiffres entourant la lettre X en minuscule. Comme 3×3, pour trois flux en émission et trois flux en réception. La norme Wi-Fi 7 prévoit jusqu’à 16×16, un cadre prévu très large qui n’est jamais utilisé en pratique. Dans nos appareils, les PC (de bureau et portables), les smartphones, les clés USB Wi-Fi ou même les objets connectés de type Wi-Fi, on est en 2×2. S’il serait techniquement possible de faire des clients en 3×3 ou en 4×4 (ça existait d’ailleurs du temps des Wi-Fi 4 et 5), ça n’est pas très intéressant car ça rend la conception plus complexe (plus d’antennes à loger) et ça consomme plus d’énergie (moins d’autonomie). Et à l’inverse, se contenter de 1×1 n’a pas grand sens car on perd quasiment tous les bénéfices du Wi-Fi 7, autant rester en Wi-Fi 4 ou 5. Mais ça n’est pas parce que les clients Wi-Fi sont quasiment tous en 2×2 que les routeurs et points d’accès doivent s’en contenter ! Et c’est là que s’obtient la différence de bande passante entre le R300 et le RS600. En effet, si le RS300 est en 2×2 sur l’ensemble de ses trois radios, le RS600 passe en 4×4 sur les bandes de 5 GHz et 6 GHz. Quel intérêt s’il n’y a pas de client pour en tirer profit ? Ce n’est pas dans les débits maximums qu’il faut chercher mais dans le nombre de clients servis. La norme Wi-Fi 5 wave 2 de 2016 a introduit MU-MIMO qui autorise la connexion simultanée de plusieurs appareils (MU est le sigle de Multiple Users). C’est-à-dire qu’il est capable de partager ses flux (streams en anglais) à plusieurs clients plutôt que de les servir séquentiellement. Prenons un exemple concret. Vous avez deux PC Wi-Fi 7 et connectés en 6 GHz qui souhaitent sauvegarder simultanément de grandes quantités de données sur un NAS en 10 Gb/s. Sur le papier, on parle de 2* 5,8 Gb/s, soit 11,5 Gb/s, mais la bande passante pratique étant inférieure, le NAS est capable d’encaisser les débits (à condition d’avoir un cache SSD en écriture ou une bonne grappe RAID pour suivre au niveau du stockage). Avec un RS300, chaque PC se contentera d’un seul des deux flux de réception disponible sur le NAS, ce qui le limitera de fait à 2,9 Gb/s. Mais avec un RS600, chaque PC pourra exploiter deux flux des quatre gérés par le RS600 sur sa radio 6 GHz. Et il en va de même pour la radio de 5 GHz d’ailleurs. En bref, vous pouvez mieux tirer profit de plusieurs périphériques Wi-Fi modernes et rapides. Si vous êtes seuls chez vous, ça n’a aucun intérêt a priori. Mais dans une famille de geeks ou en entreprise, c’est intéressant.

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