Débarquée fin 2024, la plateforme Intel Arrow Lake a connu des débuts difficiles. Assez injustement d’ailleurs. Car s’il est vrai que le socket LGA1851 n’aura été qu’éphémère (comme d’habitude chez Intel pourrait-on dire) et que les performances en jeu sont un peu en deçà de ce dont étaient capables les précédents Core de 14e gen (mais bons quand même), ces CPU offrent des performances en applicatif top niveau et une efficacité énergétique largement améliorée. S’il n’y avait peut-être pas de quoi faire trembler AMD, surtout avec les prix de lancement, il n’y avait pas non plus de raison de bouder la dernière génération Intel. Après notre test initial, paru dans UH #2, les choses se sont peu à peu améliorées. La plateforme s’est largement démocratisée quand sont arrivées les cartes mères B860 et H810 (nous en avons testé quelques-unes, telle la Gigabyte B860 GamingX Wifi 6E). Quelques mois plus tard, Intel a sorti Intel 200S Boost. Une sorte d’overclocking automatique officiel qui améliore un peu les choses. Ont aussi débarqué, il y a un an environ, les Core Ultra 5 225 et 235 moins chers, et testés dans UH #7. Tandis que beaucoup pensaient la plateforme morte et (presque) enterrée, Intel a sorti fin mars de nouvelles références : les Core Ultra 5 250K Plus et Core Ultra 7 270K Plus.
Arrow Lake-S « Plus”

On s’en doute : pas de révolution, juste quelques ajustements ciblés. Pour cette déclinaison « Plus », Intel conserve l’architecture multi-die Foveros 3D initiée avec Arrow Lake, s’appuyant toujours sur le procédé de gravure N3B de TSMC pour la brique de calcul (Compute Tile). Mais si le fondeur de Santa Clara fait ici amende honorable en évitant de nous faire croire à une nouvelle génération (en les appelant, par exemple, Core Ultra 300S) façon Gen 13/Gen 14, qu’apporte concrètement ce suffixe ? D’abord, une maturité de fabrication qui se traduit par des fréquences par défaut revues à la hausse (l’Intel Boost s’activant désormais de base à 3,2 GHz sur les circuits internes, soit 900 MHz de plus que les anciens modèles quand on n’active pas Intel Boost), mais surtout une refonte des fonctionnalités logicielles exclusives. L’inventeur du microprocesseur en a aussi profité pour officialiser le support de la DDR5-7200, une vitesse que les anciens modèles gèrent déjà sans mal bien que leur support officiel s’arrête à la DDR5-6400.
IBOT, c’est compliqué mais ça marche

Outre l’unification au sein de l’Intel Platform Performance Package, la vraie nouveauté réside dans l’intégration de l’IBOT (Intel Binary Optimization Technology), un outil d’optimisation post-compilation agissant directement sur les exécutables pour tenter de lisser le comportement des applications et des jeux. Une innovation intéressante sur le papier même si, comme pour APO en son temps, on regrettera l’exclusivité artificielle réservée à ces seuls modèles Plus au détriment des premiers acheteurs d’Arrow Lake qui partagent pourtant le même silicium. Pour le reste, rien de nouveau. Le NPU est toujours de la partie, toujours aussi faible (13 TOPS). Pour autant, sur desktop, aucun autre CPU n’a de NPU à ce jour (il faut dire qu’avec nos gros GPU, c’est potentiellement moins utile que dans un ultraportable). On précise aussi que s’il a existé un prototype de Core Ultra 9 290K Plus, Intel a abandonné l’idée. Et pour cause, avec le même nombre de core et la même quantité de cache, il n’avait quasiment rien à apporter si ce n’est quelques MHz qui ne changent pas grand-chose.
Core Ultra 7 270K Plus : exit l’Ultra 9 !


Sous le heatspreader, le Core Ultra 7 270K Plus crée la surprise en calquant sa structure sur le vaisseau amiral de la gamme, le Core Ultra 9 285K. On retrouve ainsi une configuration complète à 24 cœurs physiques et 24 threads (l’Hyper-Threading étant absent), répartis entre 8 P-Cores et 16 E-Cores. Côté mémoire cache, le CPU met le paquet avec 36 Mo de cache L3 et un total de 40 Mo de cache L2. La seule véritable concession face au 285K se situe au niveau de la fréquence en pointe, qui lâche 200 MHz pour plafonner à 5,5 GHz. Une fréquence de boost qui n’est de toute façon atteinte que lorsqu’un seul core est actif et, dès 3 cores actifs, les fréquences sont identiques. Pire, à partir de 20 cores actifs (sur 24), le Core Ultra 7 270K Plus se révèle plus véloce car il maintient 5,4 GHz contrairement aux anciens modèles. Et là où c’est magique, Intel applique une décote tarifaire agressive : affiché à un prix officiel de 299 $, 320 € en vrai deux mois après la sortie, il s’impose instantanément comme un sérieux client face au reste du catalogue des rouges comme des bleus.
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